EUCLIDE (IVe-IIIe s. av. J.-C.)

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L'œuvre euclidienne

Il reste de l'œuvre euclidienne les treize livres des Éléments, les Données, les Phénomènes, la Division du canon, et l'Optique. Sont encore accessibles une Catoptrique, une Introduction harmonique et un fragment Du léger et du lourd, mais ces trois derniers ouvrages sont considérés comme apocryphes.

On connaît une version arabe de la Division des figures et Pappus signale trois livres sur les Porismes, deux livres sur les Lieux à la surface et quatre livres sur les Coniques. C'est à propos de ce dernier travail qu'Euclide est cité par Appollonios.

Euclide traite de la géométrie plane dans les quatre premiers livres des Éléments ainsi qu'au livre VI et dans les Données. Appartient au même domaine la Division des figures, traité élémentaire dont le thème est la division d'une aire polygonale ou circulaire, dans un rapport donné, par une droite de direction donnée ou passant par un point donné. Le traité des Porismes, consacré aussi à la géométrie plane, se situe à un niveau très supérieur. Il se rattache à la géométrie projective et, en particulier, à la division harmonique.

Le livre Ier des Éléments est précédé de définitions, de « notions communes » ou axiomes, et de cinq demandes ou postulats, dont le plus célèbre est le dernier : « Si une droite, tombant sur deux droites, fait les angles intérieurs du même côté plus petits que deux droits, ces droites, prolongées à l'infini, se rencontreront du côté où les angles sont plus petits que deux droits. » C'est le célèbre « postulat d'Euclide ». Il était nécessaire pour appliquer le raisonnement mathématique à la géométrie. On sait aujourd'hui que plusieurs géométries élémentaires sont possibles ; mais, pour que les géométries non euclidiennes soient utilisables, il faut pouvoir employer les fonctions circulaires et hyperboliques. Les Grecs, qui ne disposaient que de l'algèbre babylonienne adaptée à leur géométrie, devaient ou admettre le postulat, ou abandonner toute recherche scientifique dans ce domaine. Ne pas tenter [...]

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  • : agrégé de l'Université, membre correspondant de l'Académie internationale d'histoire des sciences

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Pour citer l’article

Jean ITARD, « EUCLIDE (IVe-IIIe s. av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/euclide/