ÉCHEC

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La notion d'échec s'entoure d'un halo douloureux. Chacun y investit le cerne de ses propres ecchymoses intérieures, chacun s'y sent subtilement concerné. C'est dire que, d'emblée, l'échec diffère de l'insuccès qui, comme le notait Pierre Janet, ne désigne que le fait extérieur réduit à ses lignes objectives. L'insuccès peut être mince et l'échec douloureusement ressenti. C'est que l'échec s'inscrit dans la perspective vitale d'un sujet ou d'un groupe ; il est l'échec de quelque chose ou de quelqu'un, l'avortement d'un projet, une petite mort quotidienne qui s'insinue dans le vécu. Pour Janet, l'insuccès ne nous serait même pas connu si nous n'objectivions pas là les conditions plus ou moins organisées de l'échec. On pourrait objecter que l'insuccès révèle l'échec du sujet : on ne saurait s'élever au-dessus de cette zone d'implications réciproques où le sujet, face au monde, lit dans l'événement le signe de ses intentionnalités profondes, conscientes ou non. La manie du succès à tout prix, comme le suggère Jean Lacroix, ne fait que masquer le sentiment de l'échec. Bien souvent, pourrait-on ajouter, l'édification laborieuse du personnage masque l'échec de la personne. Tout notre projet est vidé à la base par la prétention au succès de surface, qui méconnaît à la fois le sens véritable de l'intention vitale et sa fragilité essentielle.

Il ne suffit pas de dire que nous avons des intentions, car toutes nos intentions impliquent et signifient que nous sommes « intention », et par là même impliqués dans le projet d'un monde dont nous savons les retombées. Les « conduites d'échec », que cerne la psychopathologie, réduiraient les choses à une analyse dérisoire, si la phénoménologie même de l'échec n'ancrait son intention profonde – et double, et déchirée – dans l'être même du monde qui la porte et tente de l'acculer à son propre dépassement.

Les conduites d'échec

Dans sa Psychopathologie de l'échec, René Laforg [...]


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ANGOISSE

  • Écrit par 
  • Jean BRUN
  •  • 2 547 mots
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Dans le chapitre « L'angoisse de l'être »  : […] Ce qui nous angoisse, c'est donc l'environnement du monde dans son ensemble et, en même temps, l'absolue inconsistance de celui-ci. Telle est l'idée essentielle sur laquelle a insisté Heidegger en précisant que « ce qui angoisse l'angoisse est l'être-au-monde comme tel ». Il est bien remarquable, note-t-il, que, lorsque l'angoisse est passée, nous disons volontiers : Ce n'était rien du tout, car […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/angoisse/#i_38703

ASPIRATION NIVEAU D', psychologie

  • Écrit par 
  • Jean-François RICHARD
  •  • 157 mots

Notion utilisée par Kurt Lewin pour l'analyse de l'influence du succès et de l'échec sur les conduites. On ne peut parler de succès et d'échec pour un individu que par rapport à un but qu'il s'est fixé, par rapport à un niveau de performance qu'il s'est donné comme objectif à atteindre : on appelle « niveau d'aspiration » ce but momentané par rapport auquel l'individu apprécie sa performance. On […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/niveau-d-aspiration-psychologie/#i_38703

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Pour citer l’article

Eliane AMADO LEVY-VALENSI, « ÉCHEC », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/echec/