ÉCHEC

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Pièges des succès sécurisants

On peut comprendre alors toutes les dimensions individuelles et sociales de l'échec, et de la peur de l'échec, et toutes les caricatures du succès qui tentent d'en masquer les profondeurs. La vocation de l'homme se réalise dans le changement, dans la créativité sans cesse mise en péril, dans l'effort qui fragilise à tout moment le sujet lui-même. Et l'homme cherche la stabilité, la sécurité. Il cherche à croire en lui-même et à devenir pour l'autre une « idole », alors qu'il ne peut être que le relais d'un sens. Les plus subtils de ses échecs s'inscrivent dans ses succès. L'idée même de progrès s'embourgeoise, et les grandes théories qui éclairent les sciences humaines deviennent des idoles dès qu'elles cessent d'être effort et mouvement.

Le marxisme, la psychanalyse portent la marque de ces tentatives et des tentations qui leur sont inhérentes. Le révolutionnaire lui-même est naïvement en quête d'une panacée. Comme l'homme moyen qui se marie, il cherche un remède « définitif » à ses maux, se sclérose, redevient, sous une autre étiquette, le vieil homme de toujours. L'amour est histoire comme l'histoire devrait être amour. Les échecs de l'un et de l'autre proviennent de ce qu'ils trahissent leur vocation de devenir et d'élan, de quête insécurisante du sens, plus sûre toutefois que le renoncement au sens. La « société de consommation », si fortement dénoncée en France dans les années 1968, est un renoncement au sens, mais ni plus ni moins que les idéologies révolutionnaires qui, sous les étiquettes néo-, anti- ou para-marxistes, s'aliènent à ce qu'il y a de fermé dans les concepts d'une philosophie ouverte, vieille d'environ un siècle, et qui aurait dû nous mettre en garde une fois pour toutes contre les choses qui ont fait leur temps. La « révolution psychanalytique » a cessé aussi d'être révolutionnaire dans l'aliénation aux chapelles, aux vases clos de relations faussées. Ces remises en cause fondamental [...]


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ANGOISSE

  • Écrit par 
  • Jean BRUN
  •  • 2 547 mots
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Dans le chapitre « L'angoisse de l'être »  : […] Ce qui nous angoisse, c'est donc l'environnement du monde dans son ensemble et, en même temps, l'absolue inconsistance de celui-ci. Telle est l'idée essentielle sur laquelle a insisté Heidegger en précisant que « ce qui angoisse l'angoisse est l'être-au-monde comme tel ». Il est bien remarquable, note-t-il, que, lorsque l'angoisse est passée, nous disons volontiers : Ce n'était rien du tout, car […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/angoisse/#i_38703

ASPIRATION NIVEAU D', psychologie

  • Écrit par 
  • Jean-François RICHARD
  •  • 157 mots

Notion utilisée par Kurt Lewin pour l'analyse de l'influence du succès et de l'échec sur les conduites. On ne peut parler de succès et d'échec pour un individu que par rapport à un but qu'il s'est fixé, par rapport à un niveau de performance qu'il s'est donné comme objectif à atteindre : on appelle « niveau d'aspiration » ce but momentané par rapport auquel l'individu apprécie sa performance. On […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/niveau-d-aspiration-psychologie/#i_38703

Pour citer l’article

Eliane AMADO LEVY-VALENSI, « ÉCHEC », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/echec/