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CONTES DE FÉES

Obéron, Titania et Puck dansant avec des fées, W. Blake

Obéron, Titania et Puck dansant avec des fées, W. Blake

Récits de voie orale, souvent antérieurs à la civilisation latine ou grecque et se retrouvant sous forme d'adaptations dans la littérature écrite. L'expression contes de fées est plus spécialement réservée aux récits qui comportent l'intervention d'êtres surnaturels du sexe féminin, doués de pouvoirs merveilleux, bons ou mauvais. Les fées tiendraient leur nom des Parques, divinités de second ordre des religions antiques, qui étaient censées filer l'écheveau de notre vie (fata, de fatum, le destin). Les contes de fées, qui renvoient à un polythéisme et même à un animisme de forme souvent archaïque, se sont souvent christianisés par l'intermédiaire des exempla (c'est-à-dire des récits que les prédicateurs intégraient à leurs prêches) ; ils ont essaimé dans la littérature savante, par le canal des généalogies, des épopées et des œuvres d'imagination. Parmi les fées les plus célèbres citons : Psyché, qui enfreint le tabou nuptial, Viviane, qui élève Lancelot du Lac et enferme Merlin l'Enchanteur dans un cercle magique, Mélusine, mi-femme mi-serpent, qui protège la famille des Lusignan, Titania, dont Shakespeare raconte les aventures amoureuses dans Le Songe d'une nuit d'été.

Dans les contes spécifiquement populaires, la féerie est réduite à sa plus simple expression. Si tout finit bien, c'est en fait à cause des qualités d'esprit et de cœur du héros. Cette caractéristique se retrouve dans l'adaptation de Perrault. Les contes « mondains », dont la mode se situe plus particulièrement à la fin du xviie siècle, se signalent au contraire par une surenchère de féerie, particulièrement sensible chez Mme de Murat ou chez Fénelon. L'alphabétisation et le progrès des connaissances ont relégué les contes de fées, qui à l'origine s'adressaient aux adultes, dans le répertoire enfantin. Les contes que préfèrent les enfants de notre époque sont ceux qui se moquent légèrement de la féerie, d'où l'audience qu'ont gardée les fameux Contes de ma mère l'Oye de Perrault, et le succès des Contes du chat perché de Marcel Aymé (1934). Cette orientation qui ne fait que s'accentuer pose le problème d'un nouveau merveilleux, qui reste encore à découvrir.

— Marc SORIANO

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Écrit par

  • : docteur ès lettres et sciences humaines, professeur émérite à l'université de Paris-VII-Jussieu

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Obéron, Titania et Puck dansant avec des fées, W. Blake

Obéron, Titania et Puck dansant avec des fées, W. Blake

Autres références

  • CONTES DE FÉES, Madame d'Aulnoy - Fiche de lecture

    • Écrit par Christian BIET
    • 1 222 mots

    La comtesse d'Aulnoy (Marie Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d'Aulnoy, 1650-1705) est surtout connue, au xviie siècle, pour le scandale énorme dont elle a été l'objet. Elle fut en effet convaincue, en 1669, d'avoir dénoncé à tort son mari, le baron d'Aulnoy, pour avoir tenu des...

  • AULNOY MARIE CATHERINE LE JUMEL DE BARNEVILLE baronne d' (1650-1705)

    • Écrit par Marc SORIANO
    • 390 mots

    De bonne famille normande, Marie Catherine Le Jumel de Barneville est l'un des personnages les plus inquiétants et les plus contradictoires du siècle de Louis XIV. Conteuse raffinée, mais aventurière mêlée à deux reprises à une affaire de meurtre, elle épousa à quinze ans François de La Motte, baron...

  • CARABAS MARQUIS DE

    • Écrit par Marc SORIANO
    • 359 mots

    Titre que le Chat botté attribue à son maître, fils cadet d'un meunier, dans le célèbre conte tiré du recueil de Perrault, Contes de ma mère l'Oye (1697). Le narrateur ne fournit aucune précision sur ce marquisat de fantaisie, devenu synonyme de noblesse d'emprunt.

    Première...

  • CENDRILLON

    • Écrit par Marc SORIANO
    • 518 mots

    De la cendre au trône : tel est le parcours de l'héroïne méprisée puis triomphante d'un des contes les plus appréciés du répertoire oral, essentiellement connu à notre époque par trois célèbres versions imprimées : La Gatta Cenerentola, dans le Pentamerone (1634) de Giambattista...

  • CONTES DE MA MÈRE L'OYE

    • Écrit par Marc SORIANO
    • 808 mots

    Au xviie siècle, cette expression, comme celle de contes de Peau d'Âne, est synonyme de contes de fées. Le titre d'un conte particulièrement connu (ici, celui de Berthe au grand pied, autrement dit celui de La Reine Pédauque, pourvue, comme son nom l'indique, de pattes d'oie) sert...

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Voir aussi