CONTES DE FÉES

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Récits de voie orale, souvent antérieurs à la civilisation latine ou grecque et se retrouvant sous forme d'adaptations dans la littérature écrite. L'expression contes de fées est plus spécialement réservée aux récits qui comportent l'intervention d'êtres surnaturels du sexe féminin, doués de pouvoirs merveilleux, bons ou mauvais. Les fées tiendraient leur nom des Parques, divinités de second ordre des religions antiques, qui étaient censées filer l'écheveau de notre vie (fata, de fatum, le destin). Les contes de fées, qui renvoient à un polythéisme et même à un animisme de forme souvent archaïque, se sont souvent christianisés par l'intermédiaire des exempla (c'est-à-dire des récits que les prédicateurs intégraient à leurs prêches) ; ils ont essaimé dans la littérature savante, par le canal des généalogies, des épopées et des œuvres d'imagination. Parmi les fées les plus célèbres citons : Psyché, qui enfreint le tabou nuptial, Viviane, qui élève Lancelot du Lac et enferme Merlin l'Enchanteur dans un cercle magique, Mélusine, mi-femme mi-serpent, qui protège la famille des Lusignan, Titania, dont Shakespeare raconte les aventures amoureuses dans Le Songe d'une nuit d'été.

Dans les contes spécifiquement populaires, la féerie est réduite à sa plus simple expression. Si tout finit bien, c'est en fait à cause des qualités d'esprit et de cœur du héros. Cette caractéristique se retrouve dans l'adaptation de Perrault. Les contes « mondains », dont la mode se situe plus particulièrement à la fin du xviie siècle, se signalent au contraire par une surenchère de féerie, particulièrement sensible chez Mme de Murat ou chez Fénelon. L'alphabétisation et le progrès des connaissances ont relégué les contes de fées, qui à l'origine s'adressaient aux adultes, dans le répertoire enfantin. Les contes que préfèrent les enfants de notre époque sont ceux qui se moquent légèrement de la féerie, d'où l'audience qu'ont gardée les fameux Contes de ma mère l'Oye de Perrault, et le succès des Contes du chat perché de Marcel Aymé (1934). Cette orientation qui ne fait que s'accentuer pose le problème d'un nouveau merveilleux, qui reste encore à découvrir.

—  Marc SORIANO

Écrit par :

  • : docteur ès lettres et sciences humaines, professeur émérite à l'université de Paris-VII-Jussieu

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Pour citer l’article

Marc SORIANO, « CONTES DE FÉES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/contes-de-fees/