BERKELEY BUSBY (1895-1976)

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Né à Los Angeles, William Berkeley Enos, dit Busby, n'a jamais été, sauf une exception déconcertante, un cinéaste au sens strict du terme. Il s'était cantonné dans un rôle de directeur de production numbers, c'est-à-dire d'organisateur de séquences dansées à grand spectacle, et s'il lui est arrivé de signer la réalisation entière d'un film, c'est que, souvent, celui-ci était composé exclusivement de ces séquences. L'exception, c'est Je suis un criminel (1939), un drame noir parfaitement joué par John Garfield.

Impresario, chorégraphe et metteur en scène de musicals à Broadway (profession à laquelle il revint au soir de sa carrière avec la reprise en 1971 à Broadway de No, no, Nanette), Busby Berkeley s'imposa à Hollywood à la fin du cinéma muet comme rénovateur de la chorégraphie. Encore ce mot est-il inexact, car il créa, en opposition à la chorégraphie assez rudimentaire de l'époque, un véritable art au sein de l'art cinématographique. Conscient des possibilités du trucage à un moment où le public n'était pas encore blasé, et disposant de machineries gigantesques, il joua sur le nombre, le pluriel, la multiplication au sein de l'image de cet objet du désir par excellence qu'était la danseuse hollywoodienne.

Paradoxalement, c'est la caméra ultramobile qui devient le sujet de la danse, tandis que les figurantes restent statufiées ou accomplissent quelques brèves évolutions rythmées. Pour chaque numéro, Berkeley propose un thème quelque peu réaliste représenté par la danse du couple vedette ou par une chanson en solo. Ce thème visuel est amplifié à l'infini par dix, vingt, cent girls placées toutes dans un lieu identique et vêtues de la même manière. Il peut s'agir de cent harpes, de cent régimes de bananes, de cent feuilles de nénuphars filmées à la verticale, ou encore des cent touches d'une machine à écrire géante. Chaque thème se résout ensuite par un retour au point de départ qui permet d'enchaîner, si l'intrigue n'est pas trop lourde, sur le numéro suivant. Berkeley apparaît [...]

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Pour citer l’article

Gérard LEGRAND, « BERKELEY BUSBY - (1895-1976) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/busby-berkeley/