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WALTERS CHARLES (1911-1982)

Parmi tous les maîtres de la comédie musicale américaine de l'après-guerre, Charles Walters a longtemps fait figure d'oublié. Alors que Vincente Minnelli, Stanley Donen et Gene Kelly sont entrés de leur vivant au panthéon des auteurs, le réalisateur de réussites du genre comme Parade du printemps (1948), Entrons dans la danse (1949), La Jolie Fermière (1950), La Belle de New York (1952), Lili et Haute Société (1956) s'est vu refuser ce privilège.

Charles – que tout le monde appelle « Chuck » – Walters arrive à la M.G.M. en 1942, auréolé d'une réputation flatteuse. Né à Pasadena (Californie) le 17 novembre 1911, cet autodidacte a appris seul la danse. Extrêmement doué, il fait vite son chemin à Broadway, et sympathise avec d'autres débutants nommés Gene Kelly, Van Johnson, Stanley Donen et Keenan Wynn. Walters paraît dans Jubilee de Cole Porter (1935), où il crée Begin the Begine, The Show Is On (1936), dont le metteur en scène est Vincente Minnelli, I Married an Angel (1938), avec Vera Zorina, et Du Barry Was a Lady (1939), avec Ethel Merman et Betty Grable. Parallèlement, il devient chorégraphe. C'est pour régler les numéros musicaux de Judy Garland dans Presenting Lily Mars (Lily Mars vedette, 1942) qu'il est engagé à la M.G.M. Il guidera à nouveau les pas de la jeune comédienne dans Girl Crazy (1943), Meet Me in Saint Louis (Le Chant du Missouri, 1944) et Ziegfeld Follies (1946).

Il n'en faut pas plus à Walters pour persuader le producteur Arthur Freed de lui laisser réaliser entièrement un film. Ce sera Good News (Vive l'amour, 1947), comédie musicale mettant en scène les élèves d'un collège. Tourné en extérieurs – une innovation – avec un budget modeste et des vedettes de second plan (June Allyson et Peter Lawford), ce petit film très inventif est un succès commercial étourdissant. Walters peut dès lors diriger son acteur préféré, Fred Astaire, auprès de Judy Garland (Parade du printemps) et même de Ginger Rogers (Entrons dans la danse), orchestrant ainsi les retrouvailles du couple dansant le plus célèbre de l'histoire du cinéma. Dès ses premiers films, Walters se montre l'homme des sujets simples, et fait preuve d'un talent très personnel qui lui permet de transfigurer l'action la plus prosaïque en lui conférant une dimension poétique. Sous sa direction, June Allyson et Peter Lawford chantent et miment une savoureuse leçon de français (Vive l'amour), Fred Astaire danse un ballet hoffmanien avec des paires de chaussures (Entrons dans la danse) ou une batterie (Parade du printemps), Judy Garland chante sous la douche ou juchée sur un tracteur, tandis que Gene Kelly exploite les possibilités chorégraphiques d'un parquet qui grince (La Jolie Fermière). Chacune de ces séquences deviendra un morceau d'anthologie. Chorégraphe avant tout, Walters pense les séquences non musicales de ses films en termes de danse. D'où une fluidité, une légèreté et un charme qui sont sa marque incontestable. Très apprécié par les pontes de la M.G.M. qui voient en lui le seul réalisateur capable de mener à bien les entreprises hasardeuses, Walters accumule volontiers les handicaps, qu'il transforme à son propre avantage : d'une opérette 1900 démodée, La Belle de New York, il tire une comédie musicale fantastique où Fred Astaire bondit dans les airs aux bras de Vera-Ellen ; dans La Madone gitane (1953), il transforme Joan Crawford en danseuse professionnelle ; devenu le réalisateur attitré de la championne de natation Esther Williams, il parvient à faire d'elle une comédienne sympathique dans Carnaval au Texas (1951), Traversons la Manche (1953) et Désir d'amour (1954), dont Busby Berkeley règle les séquences aquatiques. Walters est le seul à accepter de porter à l'écran un scénario de Paul Gallico jugé mièvre et mélodramatique[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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