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ASTHME

Enregistrements au cours de l'épreuve de spirographie

Enregistrements au cours de l'épreuve de spirographie

L'asthme bronchique est une affection inflammatoire des bronches, en réalité un syndrome (ensemble de symptômes), identifié par les caractères particuliers de ses manifestations et confirmé par l'exploration de la fonction respiratoire.

Dans sa forme typique, chez l'enfant, l'adolescent ou l'adulte jeune, l'asthme se manifeste par des crises spontanées d'essoufflement expiratoire, sifflantes et nocturnes, qui évoluent en trois phases : le début (parfois précédé de signes avant-coureurs, notamment de rhinite avec prurit nasal et éternuements), le sommet d'intensité (qui fait le handicap), la décroissance et la fin (au bout de quelques minutes ou quelques heures), indiquée par de la toux devenue grasse et, parfois, l'émission de quelques crachats muqueux ressemblant à des perles.

La répétition de plusieurs crises sur une courte période de temps témoigne d'une exacerbation (autrefois dénommée attaque d'asthme) à ne pas confondre avec l'asthme aigu grave (autrefois dénommé état de mal asthmatique ou status asthmaticus), caractérisée par des crises répétées et superposées (crises subintrantes), de gravité croissante et évoluant vers l'asphyxie si un traitement n'intervient pas. L'asthme typique se caractérise par l'absence de symptômes entre les crises, mais des examens approfondis témoignent de la persistance de l'atteinte.

Aux questions souvent posées au médecin : « Est-ce que l'asthme dure toute la vie ? » et « Peut-on guérir ? », les réponses sont claires.

Oui, l'asthme pourrait durer toute la vie dans la mesure où ses atteintes débutent parfois avec la naissance, demeurent constitutives de l'individu et représentent donc un risque potentiel durable de manifestations asthmatiques.

Non, souffrir définitivement de l'asthme n'est pas une fatalité, car les médicaments permettent dans la grande majorité des cas de faire disparaître les symptômes, c'est-à-dire d'avoir une qualité de vie confortable, compatible avec une vie personnelle, sociale, professionnelle et sportive normale.

Définition et description de l'asthme

Tous les paramètres de la définition sont discutables :

L' essoufflement, qui résulte de l'obstruction bronchique expiratoire (difficulté à rejeter l'air), d'abord critique, peut devenir permanent au bout d'un certain temps d'évolution (c'est le classique asthme à dyspnée continue).

« Crises spontanées » signifie que leur apparition semble n'obéir à aucune logique, mais elles sont en réalité souvent déclenchées par un facteur précis, ignoré ou connu (exposition à un allergène – poussière ou pollen –, effort, irritants non spécifiques – inhalation de produits volatils, essence ou peinture).

« Essoufflement sifflant » : les sifflements nocturnes (conflit du flux aérien avec des bronches bouchées) sont tellement caractéristiques de l'asthme que la première question du médecin est : « Sifflez-vous la nuit ? » Ces sifflements sont perçus par le stéthoscope du médecin, par l'asthmatique et par son entourage. Il faut savoir cependant qu'il n'existe aucune relation entre l'intensité du sifflement et la gravité de l'asthme, d'une part, et que, d'autre part, tout ce qui siffle n'est pas asthme : les corps étrangers dans les bronches, les rétrécissements bronchiques après une maladie ou un traumatisme thoracique, les tumeurs des bronches peuvent occasionner des sifflements. Les crises sifflantes peuvent être remplacées par des accès de toux quinteuse (qui sont des équivalents asthmatiques, fréquents chez l'enfant).

« Nocturnes » : les crises d'asthme surviennent volontiers dans la seconde moitié de la nuit (pour de multiples raisons : taux bas de cortisol sanguin à ce moment-là, allergènes de[...]

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Écrit par

  • : professeur des Universités, praticien hospitalier
  • : docteur en médecine, chef du service des maladies respiratoires, CHU Arnaud-de-Villeneuve (Montpellier-I)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Enregistrements au cours de l'épreuve de spirographie

Enregistrements au cours de l'épreuve de spirographie

Anatomie comparée d'une bronche d'un sujet normal et d'un sujet asthmatique

Anatomie comparée d'une bronche d'un sujet normal et d'un sujet asthmatique

Autres références

  • ASTHME ET IMMUNITÉ INNÉE

    • Écrit par Gabriel GACHELIN
    • 2 490 mots
    • 1 média

    L’asthme et d’autres maladies allergiques du système respiratoire, comme les rhinites allergiques, sont en augmentation depuis plusieurs dizaines d’années dans presque tous les pays. On peut même, selon Thomas Platts-Mills, un allergologue de l’université de Virginie, tenir l’asthme pour une sorte...

  • ASTHME POLLINIQUE

    • Écrit par Gabriel GACHELIN
    • 769 mots

    La majorité des syndromes asthmatiques est provoquée par des substances produites dans l'environnement naturel et dont l'effet est, le cas échéant, amplifié par la pollution atmosphérique. Parmi ces substances, les pollens et les spores de moisissures, jouent un rôle dominant. En effet, l'étude de...

  • ASTHMES PROFESSIONNELS

    • Écrit par Gabriel GACHELIN
    • 749 mots

    L'asthme et les syndromes asthmatiques sont largement liés à l'environnement : pollens à certaines périodes de l'année, acariens, poils de chat et poussières dans la sphère domestique, etc. Une catégorie particulière de l'étiologie environnementale des asthmes est celle des asthmes...

  • ALLERGIE & HYPERSENSIBILITÉ

    • Écrit par Bernard HALPERN, Georges HALPERN, Salah MECHERI, Jean-Pierre REVILLARD
    • 12 574 mots
    • 2 médias
    L' asthme se manifeste par des accès de dyspnée paroxystique du type expiratoire, s'accompagnant de toux, de râles sibilants et d'une expectoration visqueuse et perlée.
  • MICROBIOME ET SANTÉ

    • Écrit par Chih-Jung CHANG, Yun-Fei KO, Hsin-Chih LAI, Jan MARTEL, David OJCIUS, John D. YOUNG
    • 6 510 mots
    • 4 médias
    L'augmentation récente de la fréquence de l'asthme et des allergies dans les pays développés a conduit à se demander si l’hygiène corporelle parfois excessive dans les pays industrialisés n’en était pas responsable. Selon cette hypothèse, la réduction des contacts avec les bactéries commensales et...
  • PARTICULES ATMOSPHÉRIQUES

    • Écrit par Karine DESBOEUFS, Jean-François DOUSSIN
    • 6 950 mots
    • 7 médias
    ...PM2,5. Les impacts sanitaires les mieux documentés sont un accroissement des symptômes respiratoires et une augmentation des hospitalisations chez les personnes asthmatiques et celles qui sont atteintes de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Des effets moins formellement démontrés sont...
  • RESPIRATOIRE (APPAREIL) - Pharmacologie

    • Écrit par Henri SCHMITT
    • 1 517 mots
    • 1 média
    Les bronchodilatateurs ont l'asthme et, en général, le syndrome obstructif pour indication majeure. Au cours de la crise d'asthme allergique, la bronchoconstriction est la conséquence de l'interaction entre un allergène et un anticorps, qui libère des substances spasmogènes telles que l' acétylcholine...

Voir aussi