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ASIE (Structure et milieu) Géologie

L'Asie représente l'ensemble continental le plus important à la surface du globe ; l'Europe en constitue l'extrémité occidentale On emploie d'ailleurs communément le terme Eurasie pour nommer géologiquement ce vaste ensemble continental. Sa connaissance apparaît donc fondamentale du point de vue géologique, mais demeure malheureusement fragmentaire, certaines régions restant encore relativement peu connues, tandis que d'autres au contraire ont fait l'objet d'études détaillées. Les problèmes géologiques soulevés par l'Asie sont, d'une part, sa description structurale d'où découle la reconstitution de son passé, et, d'autre part, l'étude de ses relations avec les ensembles voisins, notamment avec l'océan Pacifique et l'Afrique (on notera que, pour le géologue, la péninsule Arabique et l'Inde péninsulaire sont des dépendances africaines de l'époque du Gondwana).

L'histoire géologique de l'Asie, antérieurement au Cambrien (antérieurement à 540 millions d'années [Ma]), reste mal connue. Plusieurs orogenèses s'y sont succédé qui ont probablement abouti à la formation d'un grand continent asiatique constitué de terrains largement métamorphisés et granitisés. À partir du début du Cambrien, une série de grands bassins se sont installés concentriquement, autour d'un centre situé dans la Sibérie centro-septentrionale, les plus récents se trouvant à l'extérieur. Ils se sont plissés successivement en donnant naissance aux chaînes baïkaliennes (vers la limite Protérozoïque-Cambrien et au Cambrien), calédoniennes (Silurien et Ordovicien), hercyniennes (Carbonifère et Permien) mésozoïques (Trias et Jurassique), alpines (Crétacé, Tertiaire et Quaternaire). Du Cambrien à nos jours, l'Asie a continuellement formé un vaste ensemble géologique se prolongeant vers l'ouest par l'Europe, bordé à l'est par l'océan Pacifique et au sud par les terres africano-gondwaniennes. La limite méridionale correspond à la chaîne alpine de la Syrie à l'Insulinde, puis aux chaînes mésozoïques et alpines (avec des amorces calédoniennes et hercyniennes) de l'Insulinde au Kamtchatka.

Grands traits structuraux

L'état des connaissances géologiques permet de définir avec assez de précision les grands ensembles structuraux asiatiques, ceux-ci offrant à leur tour la possibilité de mieux préciser les limites de l'Asie géologique .

Celle-ci résulte d'une longue histoire, dont le début demeure et risque de rester longtemps fort mal connu, et au cours de laquelle des chaînes de montagnes se sont succédé, se superposant souvent aux vestiges plus ou moins arasés des édifices plus anciens. Grâce à une heureuse disposition à peu près concentrique des chaînes successives autour d'un point se situant vers le nord de la Sibérie centrale, il subsiste suffisamment de leurs portions point trop déformées pour qu'on puisse reconstituer leur physionomie.

Les vieilles chaînes précambriennes, les Archéides, n'affleurent plus avec quelque continuité qu'au centre de vieux boucliers arasés, non déformés depuis longtemps, ou au contraire au cœur d'édifices plus récents et dès lors affectés de déformations nouvelles. Parmi les vieux boucliers, il faut citer en Sibérie celui de l' Anabar, centre orogénique de l'Asie, et celui de l' Aldan, ainsi que l'ellipse archéenne des Saïans. Dans ces vieux chaînons, les directions sont est-ouest pour l'Aldan, nord-ouest - sud-est pour les deux autres. Des fragments importants de socle précambrien se rencontrent au cœur des plissements hercyniens de l'Asie centrale, dans l' Himalaya et l'Hindou Kouch, de la Birmanie à l'Indochine et en Chine, avec en général une direction approximative est-ouest. La fréquence de ces affleurements[...]

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Écrit par

  • : directeur honoraire de recherche au C.N.R.S.
  • : professeur titulaire de la faculté des sciences de l'université de Picardie
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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