LINCOLN ABBEY (1930-2010)

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Chanteuse, parolière, actrice, écrivain et poétesse, Abbey Lincoln a manifesté sa vie durant un engagement sans faille en faveur de la culture afro-américaine et des droits civiques.

Née le 6 août 1930, à Chicago, dans l'Illinois, Anna Maria Wooldridge se produit d'abord dans des clubs du Michigan et de la Californie. Elle est remarquée en 1952, alors qu'elle chante à Hawaii, où elle s'était établie, sous le nom glamour de Gaby Lee. Après s'être installée en Californie, elle adopte, sur les conseils du parolier de Duke Ellington, Bob Russell, le nom d'Abbey Lincoln (« Tu vas t'appeler Abbey Lincoln, Abbey pour Westminster, et, puisque Abraham Lincoln n'a pas su libérer les esclaves, toi, tu dois t'en charger. »), enregistre en 1956 son premier album sous son nom, Abbey Lincoln's Affair... A Story Of A Girl In Love, sur des arrangements de Benny Carter, et prend son véritable essor à Hollywood, après être apparue dans le film The Girl Can't Help It, de Frank Tashlin (La Blonde et moi, 1956). Elle enregistre avec les plus grands – Sonny Rollins, Kenny Dorham, Wynton Kelly, Paul Chambers, Max Roach, Benny Golson, Curtis Fuller, Philly Joe Jones, Art Farmer... – trois albums pour la firme Riverside : That's Him (1957), It's Magic (1958), Abbey Is Blue (1959). Sa rencontre avec Max Roach, en 1957, est déterminante : Abbey Lincoln va explorer avec lui l'identité noire à travers ses textes et leurs recherches musicales, mêlées à leurs préoccupations politiques. C'est ainsi que naît le disque manifeste et la véhémente suite antiségrégationniste de Max Roach, sur des textes d'Oscar Brown, Jr., que constitue We Insist ! Freedom Now Suite (1960, avec notamment Booker Little, Babatunde Olatunji et Coleman Hawkins ; parmi les plages de ce disque figurent Driva' Man, Freedom Day, Tears for Johannesburg) ; le même sentiment de révolte s'exprime dans l'album Percussion Bitter Sweet de Roach (1961, où Abbey Lincoln côtoie Booker Little, Eric Dolphy, Clifford Jordan, Mal Waldron, Art Davis...). C'est également en 1961 qu'elle enregistre comme leader un de ses disques les plus aboutis, Straight Ahead (avec notamment Eric Dolphy, Coleman Hawkins, Booker Little, Mal Waldron, Art Davis et Max Roach).

Mariée à Max Roach de 1962 à 1970, Abbey Lincoln est la vedette des films Nothing but a Man, de Michael Roemer, avec Ivan Dixon (1964), et For Love of Ivy, de Daniel Mann, avec Sidney Poitier et Beau Bridges (1968), rôle pour lequel elle est nominée aux oscars. Elle apparaît dans des séries télévisées comme Mission impossible (épisode Cat's Paw, 1971), On Being Black (Wine in the Wilderness, 1971) ou All in the Family (What'll We Do with Stephanie ?, 1978). Au cours d'une tournée africaine en 1972, elle reçoit le nom honorifique d'Aminata en Guinée et celui de Moseka au Zaïre : elle prend occasionnellement le nom d'Aminata Moseka. Elle enregistre avec Archie Shepp à Paris (Painted Lady, 1980), avec le quartette de Cedar Walton (The Maestro, 1980), avec Steve Coleman (Talking to the Sun, 1983). Parallèlement, elle écrit des poèmes, des pièces de théâtre, réalise des mises en scène, peint. Elle rend hommage à Billie Holiday dans Abbey Sings Billie (1987). À partir de l'album The World Is Falling Down (1990, avec notamment Jackie McLean, Clark Terry, Billy Higgins et Ron Carter), Abbey Lincoln signe des textes plus philosophiques. Sa carrière atteint de nouveaux sommets, avec une série d'albums enregistrés pour Verve à partir de 1991 avec des partenaires de la stature de Stan Getz, [...]

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John LITWEILER, « LINCOLN ABBEY - (1930-2010) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/abbey-lincoln/