Le concept de relation apparaît comme l'un des concepts fondamentaux du discours rationnel. Il semble lié à la pratique de l'analyse, qui constitue elle-même l'un des aspects essentiels de la démarche discursive. L'analyse décompose les unités données dans l'expérience en éléments aussi simples que possible, mais elle n'est réellement éclairante que si elle s'accompagne, comme d'une contrepartie, de l'opération par laquelle la pensée reconstitue le complexe à partir du simple. Or, pour rendre compte de l'unité d'une entité complexe, il faut décrire son mode de structuration ; et cela revient à faire apparaître les relations qui unissent les constituants. Il y a une solidarité étroite entre structure et relation.
Il n'est pas étonnant, dès lors, que les entreprises fondationnelles – qu'elles soient conçues directement comme reconstitution justifiante de la réalité ou seulement comme mise en évidence des principes qui commandent les discours portant sur la réalité – aient accordé au concept de relation une place fort importante, voire centrale. Mais, si des relations variées sont en fait utilisées dans des contextes divers – qui vont de la métaphysique aux sciences purement descriptives, en passant par les mathématiques –, on n'a affaire, à proprement parler, à une véritable théorie de la relation que là où le concept de relation se trouve thématisé en tant que tel, dans toute sa généralité. Or la difficulté qui se présente, lorsqu'on veut tenter d'élaborer une telle théorie, c'est que la notion de relation semble bien avoir un caractère irréductible. Les efforts qui ont été entrepris pour la clarifier, en tout cas, font apparaître qu'on ne peut en donner une définition explicite, c'est-à-dire en exprimer adéquatement le contenu au moyen d'autres concepts, plus primitifs. On ne peut, dès lors, l'expliquer qu'en montrant comment elle fonctionne dans des contextes appropriés. Il s'agit, bien entendu, de déterminer le contexte convenable et de préciser le mode de fonctionneme […]
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