Issu, comme tous les arts de l'Extrême-Orient, de la Chine qui lui a fourni techniques et modèles, l'art japonais se distingue, cependant, par l'originalité de ses créations.
Son développement est scandé de périodes d'absorption, où se manifeste un intérêt avide pour les formules étrangères, et de périodes d'adaptation au cours desquelles se dégagent les tendances autochtones. Aux époques mêmes où la curiosité de l'exotisme est la plus intense subsiste une fidélité aux traditions locales qui resteront sous-jacentes dans les œuvres inspirées de l'étranger.
Lorsque, aux vie et viie siècles, le Japon s'ouvre aux influences continentales sous le couvert du bouddhisme, il se met avec application à l'école des artisans venus de Corée pour l'initier. Dès la fin du viie siècle, les modèles Tang, apportés directement de Chine, sont si fidèlement copiés qu'il est parfois difficile de distinguer les œuvres importées de celles qui sont exécutées sur place.
Le message religieux exprimé par l'œuvre d'art semble avoir été assez tôt assimilé, mais les principes esthétiques qui ont présidé à sa création échappent aux artisans chargés de la reproduire.
L'élaboration d'un art national s'est effectuée dans le cadre étroit et raffiné d'une cour où hommes et femmes rivalisent d'élégance et de talents divers. Leur sensibilité très vive s'exprime dans leurs poésies comme dans leurs romans et devient pour eux le moteur primordial de la création artistique. Cette sensibilité se traduit dans l'écriture simplifiée, issue de caractères chinois, par la rapidité nerveuse du trait et par sa douceur harmonieuse. Dans l'art de peindre, cette recherche d'une ligne tout à la fois souple et douce reste jusqu'à nos jours un critère fort apprécié.
L'intimité avec une nature amie fait du paysage un cadre évocateur d'images poétiques et d'émotions, et non, comme en Chine, la traduction d'une conception de l'univers.
À la cour, tout était prétexte à divertissements et à joutes : joutes poétiques, musicales, concours de pa […]
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