6. La lutte pour la maîtrise des routes de l'Atlantique
Pour les Portugais, la principale route transatlantique est celle qui longe les côtes d'Afrique et qui, par le cap de Bonne-Espérance, mène aux Indes. La route du Brésil n'est pour eux qu'un embranchement. Les Portugais n'établirent que tardivement la distinction entre vaisseaux de guerre et navires de commerce. Ils armèrent de canons leurs caraques et leurs galions afin que ces bâtiments pussent se défendre. Pour écarter les pirates et les corsaires, quelques galères étaient stationnées aux points de passage obligés, les Açores et les environs du détroit de Gibraltar. Les bateaux chargés de marchandises formaient des convois qui quittaient Lisbonne chaque année en février ou mars. Ils revenaient dix-huit mois plus tard. À partir de 1550, ce système périclita. Les bâtiments portugais furent incapables de s'opposer victorieusement aux attaques des corsaires anglais, hollandais et surtout français. Ce sont les Français, en effet, qui firent le plus gros effort pour disputer le Brésil aux Portugais. Dès 1504, un navire français apparaît sur les côtes du Brésil, plusieurs factoreries françaises sont établies, mais, faute d'un établissement officiel et permanent, elles végètent.
Cet établissement, ce sont les huguenots français qui vont tenter de le créer. En 1555, l'amiral de Coligny envoie Villegaignon avec six cents hommes fonder un fort au Brésil. Villegaignon pénètre dans la baie de Rio et y construit Fort-Coligny, capitale de la « France antarctique ». Attaqué par les Portugais, il doit abandonner la baie en 1559. En 1566, une tentative de Montluc sur Madère échouait. Mais en 1580, Philippe II, roi d'Espagne, recueillait par héritage le royaume de Portugal, et, dès lors, les routes maritimes portugaises allaient subir le sort de celles de l'Espagne.
Les routes maritimes espagnoles avaient été organisées minutieusement à partir de 1520. Avant cette date les navires qui circulaient isolément avaient souvent été attaqués par les pirates. Aussi la […]
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