4. Thèmes, symboles et mythes zoliens
En dépit de l'austérité des thèses sur le naturalisme, le roman zolien révèle des images intérieures et des obsessions qui l'apparentent à tous les grands courants d'inspiration surgis du romantisme, et qui conduiront jusqu'au surréalisme. On est très éloigné d'avoir exploré la totalité de cette thématique.
Thèmes de la nature : le paysage est souvent plus expressionniste qu'impressionniste chez Zola, qui prête à la matière les pulsions du vivant, et même d'un vivant névrotique, anxiogène, en tout cas ambivalent, toujours travaillé par des inversions de signes, la terre nourricière se transformant en terre meurtrière, le feu en incendie, éros en thanatos.
Thèmes du corps : il en va de même pour le corps et ses affects. Zola est le premier grand romancier de la bouche, du ventre et du sexe, dans une vision qui reste puritaine, mais qui s'est donné la force – rare pour l'époque – de briser les censures du cant victorien, et de représenter sur la scène textuelle, selon ses propres mots, tous les « appétits » et aussi bien toutes les frustrations et tous les interdits. Encore les figurations inconscientes, ou peu conscientes, en disent-elles plus long que les scènes explicites. On a pu noter, en particulier, la récurrence des situations œdipiennes et des symboles qui découvrent le sexe féminin dans un double mouvement d'attirance et de répulsion, et le parcours qui conduit le héros zolien, d'un bout à l'autre de l'œuvre, à sublimer sa « nausée » en cherchant le « salut » dans une possession idéalisée de la femme, devenue à la fois épouse, sœur et servante des grands desseins de l'homme, comme dans l'« Évangile » laïc de Travail.
Thèmes et images du peuple : à une vision morale et esthétique neuve du corps se combine une vision également nouvelle du peuple. Zola réunit les images burlesques et carnavalesques de l'héritage rabelaisien et moliéresque (qu'on pense aux agapes de la fête de Gervaise ou à la ducasse de Germinal), et la prise au sérieux de la conditi […]
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