Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

VENTS

La nature du vent

Circulation des vents autour des dépressions et des anticyclones dans l'hémisphère Nord - crédits : Encyclopædia Universalis France

Circulation des vents autour des dépressions et des anticyclones dans l'hémisphère Nord

L'atmosphère terrestre étant inégalement chauffée par le rayonnement solaire, il en résulte des zones de basses pressions (ou dépressions), où l'air, plus chaud, est moins dense, et des zones de hautes pressions (ou anticyclones), où l'air, plus froid, est plus dense. Pour revenir à une situation d'équilibre, il doit s'opérer un déplacement d'air : le vent qui souffle des zones de hautes pressions vers les zones de basses pressions.

Du fait de la rotation de la Terre sur elle-même, tout mouvement dans l'hémisphère Nord a tendance à être dévié vers la droite. L'existence de cette « force déviante » a été mise en évidence par le mathématicien français Gaspard Gustave Coriolis (1792-1843). Cette force, dite de Coriolis, joue un rôle important dans notre atmosphère : les vents ne se déplacent pas en ligne droite, ils sont déviés vers la droite dans l'hémisphère Nord et vers la gauche dans l'hémisphère Sud. C'est un météorologiste néerlandais, Christophorus H. D. Buys-Ballot (1817-1890), qui a défini plus précisément la règle qui relie la pression à la direction du vent. Dans l'hémisphère Nord, le vent tourne autour des dépressions dans le sens contraire à celui des aiguilles d'une montre et, inversement, le vent tourne dans le sens des aiguilles d'une montre autour des anticyclones. Dans l'hémisphère Sud, la force de Coriolis dévie les mouvements vers la gauche et on peut constater des phénomènes inverses. Cette loi de la physique peut trouver une application pratique immédiate : dans l'hémisphère Nord, si on se place le dos au vent, les basses pressions seront à gauche, les hautes pressions seront à droite (c'est le contraire dans l'hémisphère Sud).

Ces mouvements circulaires autour des dépressions et des anticyclones ne sont réellement observés qu'en altitude. Au niveau du sol, les forces de frottement et le relief perturbent les trajectoires du vent. Les mouvements ne sont pas véritablement concentriques. Ils se transforment en spirales qui ont tendance à faire « sortir » l'air des anticyclones et, au contraire, à le faire « entrer » dans les dépressions. À proximité du sol, le vent qui tourne autour des anticyclones est donc dévié vers l'extérieur et celui qui tourne autour des dépressions vers l'intérieur (fig. 1).

Si l'on fait abstraction des forces de frottements, on peut dire que la direction du vecteur vent est approximativement parallèle aux lignes d'égale pression, appelées isobares. Cette découverte, très importante, a permis de déterminer la direction du vent par le simple examen d'une carte isobarique, c'est-à-dire d'une carte où les lignes isobares sont seules représentées. Quant à la vitesse de ce vent, elle est fonction croissante du gradient de pression, c'est-à-dire du resserrement des isobares sur une carte du champ de pression. Tout se passe comme si l'on augmentait la pente d'une rivière : le courant s'accélère. L'air s'écoule d'autant plus vite des hautes pressions vers les basses pressions que les différences sont importantes. Ainsi, pendant près d'un siècle, la loi de Buys-Ballot a été à la base de la prévision météorologique. La méthode de prévision dite du « petit chemin de fer » consistait à évaluer le déplacement des perturbations après avoir déterminé la direction et la vitesse du vent à partir des lignes isobares.

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : ancien directeur de la Météorologie nationale
  • : ingénieur à Météo France
  • : ingénieur en chef de la météorologie en service à la division prévision de la direction de la météorologie, ancien élève de l'École polytechnique

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Girouette - crédits : Cornfield/ Shutterstock

Girouette

Échelle anémométrique de Beaufort - crédits : Encyclopædia Universalis France

Échelle anémométrique de Beaufort

Brises de pente - crédits : Encyclopædia Universalis France

Brises de pente

Autres références

  • ACCUMULATIONS (géologie) - Accumulations continentales

    • Écrit par Roger COQUE
    • 5 056 mots
    • 12 médias
    Comme les eaux courantes, le vent a une activité de transport et d'accumulation. Cette activité se situe dans le prolongement de la déflation qu'il exerce aux dépens des formations superficielles meubles. Les observations de terrain ainsi que l'expérimentation en soufflerie montrent que cette...
  • AÉRONOMIE

    • Écrit par Gaston KOCKARTS
    • 4 157 mots
    • 11 médias
    ...mouvements. Tout d'abord, les mouvements d'ensemble qui affectent à la fois les constituants majoritaires et minoritaires. Ce sont essentiellement les vents horizontaux dont la structure et l'effet peuvent être très variables en fonction de l'altitude. Ensuite, les mouvements spécifiques à chaque constituant...
  • AGROMÉTÉOROLOGIE

    • Écrit par Emmanuel CHOISNEL, Emmanuel CLOPPET
    • 6 627 mots
    • 7 médias
    Lesvents forts peuvent causer des dégâts mécaniques aux plantes et aux arbres – comme la verse des céréales, qui pénalise considérablement la possibilité ultérieure de récolte mécanique. L'amélioration génétique a permis de réduire le risque en produisant des blés ou des orges aux tiges plus...
  • ANÉMOCHORIE

    • Écrit par Jacques DAUTA
    • 899 mots
    • 1 média

    Dissémination, par l'intermédiaire du vent, des fruits et des graines de plantes à fleurs, et, plus généralement, des spores et d'autres formes de dispersion des espèces vivantes. Parmi les caractères morphologiques favorables à l'anémochorie, la petitesse et la légèreté des semences...

  • Afficher les 57 références

Voir aussi