PUENTE TITO (1923-2000)

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Né le 20 avril 1923 dans le Spanish Harlem de New York d'une mère portoricaine et d'un père d'origine espagnole, Ernest Anthony Puente Jr., dit „Tito“ Puente, est la figure emblématique du latin jazz, courant issu de la rencontre des musiques afro-cubaines avec le jazz.

Tito Puente a traversé les époques grâce à sa faculté d'adaptation et à son constant désir d'explorer. D'abord danseur, il joue de la batterie dès l'âge de treize ans au sein du grand orchestre de Ramon Olivero. Puis il entreprend de sérieuses études musicales, fréquentant les classes de composition, d'orchestration et de piano de la Juilliard School of Music de New York. De 1940 à 1942, il évolue au sein du groupe de Machito, qui poursuit l'idée d'associer aux rythmes latins les arrangements et les harmonies pratiqués par Duke Ellington.

En 1948, fort de ces conceptions, Tito Puente fonde son propre groupe, The Piccadilly Boys, après être passé dans l'orchestre de Pupi Campo, un des premiers défricheurs du mambo. Manteca, une des compositions de Tito, donnera d'ailleurs à Campo son unique succès. Dans les années 1950, à l'occasion des nuits du Palladium Ballroom de New York, Tito Puente devient un des propagateurs du cha-cha-cha, et aussi un des créateurs du latin jazz, ou jazz afro-cubain. À la même époque, il fréquente les jam sessions et se frotte à de grands noms, comme Miles Davis ou Dexter Gordon. Il fait venir dans ses orchestres des percussionnistes qui feront ensuite leur chemin : Willie Bobo, Mongo Santamaria – qui aide Tito Puente à découvrir toute la variété des rythmes afro-cubains –, Ray Barretto...

Surnommé El Rey („le roi“), ce poly-instrumentiste prolifique pratique le vibraphone en virtuose, le piano, les percussions latines comme les congas, la clarinette et même le saxophone alto, qu'il a appris à l'armée. Il se révèle également un improvisateur hors pair aux timbales, tambour métallique double sur pieds qui encadre une cloche et dont on joue avec de fines baguettes. Cet homme de scène accompli, arrangeur et chef d'orchestre à la main de fer, également fin coloriste – il a introduit la flûte traversière dans le grand orchestre afro-cubain –, a enregistré plus de cent albums. Parfois, les percussions y sont reines (Top Percussion, 1957), mais, bien souvent, son goût pour la danse reprend le dessus (Night Ritual, 1957, et, surtout, Dance Mania, 1958, un hit discographique). Souvent aussi, ce musicien éclectique flirte avec le jazz (Puente Goes Jazz, 1956). À partir du début des années 1960, il écrit des compositions à succès comme Oye Como Va (qui sera repris par Carlos Santana et Celia Cruz) et Pa'los rumberos. Porté par la vague salsa qui a pour mérite de redynamiser les musiques latines, il parcourt le monde à la tête de différents orchestres, comme le Tito Puente's Golden Latin Jazz All Stars formé en 1980. Tito Puente meurt le 1er juin 2000 à New York.

Il restera comme un instrumentiste marquant et l'un des créateurs les plus inspirés de la musique improvisée. Son jeu de vibraphone, alimenté par ses recherches polyrythmiques aux timbales (qu'il avait imposées comme instrument soliste), a été influencé par sa passion pour la musique de Duke Ellington et une certaine approche pianistique dans les lignes mélodiques, sans doute en partie inspirée par Horace Silver. Il imposait à ses musiciens sa conception rythmique : une mise en place parfaite avec, comme colonne vertébrale, une pulsation pourtant souple où la clave est manipulée avec bonheur. Ce procédé sera repris par la plupart des musiciens de salsa. Même lorsque le thème interprété vient du jazz, la gestion du temps – une subtile oscillation entre tensions et détentes – reste, avec Tito Puente, orientée vers la danse, comme en témoigne sa version en public du Straight no Chaser de Thelonious Monk.

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Eugène LLEDO, « PUENTE TITO - (1923-2000) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tito-puente/