TERTULLIEN (155 env.-env. 225)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Tertullien est né et a vécu à Carthage, dans une période déterminante pour l'histoire de la civilisation occidentale, à l'articulation exacte de deux mentalités qui s'affrontent encore, mais dont il devait être le premier à tenter la synthèse. Né païen, d'éducation et de formation païennes, cultivé, curieux, inquiet de tempérament, il occupe une place particulièrement importante dans l'histoire du christianisme, mais aussi dans celle des lettres latines. Il est sans conteste le premier en date des grands moralistes et des grands théologiens d'Occident. Du fait des circonstances plus que par goût personnel, il fut amené à écrire une œuvre qui est presque entièrement polémique, caractère qui lui confère une certaine raideur, n'en facilite pas l'accès et, surtout, tend à donner de l'homme une image déformée. D'autre part, à une époque où, pour diverses raisons, la littérature latine paraît sur son déclin, il assure brillamment le relais, en lui communiquant une inspiration nouvelle. Ce converti, attiré sur le plan de l'éthique par l'ascétisme de l'hérésie montaniste, n'a jamais négligé l'esthétique, par souci d'efficacité autant que par attachement réfléchi aux valeurs anciennes.

Le premier Père de l'Église d'Occident

La vie de Quintus Septimius Florens Tertullianus est mal connue et donne lieu encore à des hypothèses divergentes. À cela il y a deux raisons principales : d'abord – et ceci est un trait de son caractère que l'on a insuffisamment souligné – l'extrême discrétion dont Tertullien fait preuve le plus souvent dans les domaines qui le touchent personnellement ; ensuite, la défiance qu'inspira son passage à l'hérésie montaniste, et qui fit tendre un voile pudique d'anonymat sur sa vie, voire sur son œuvre. Dans ces conditions, les certitudes sont rares et il faut se contenter, dans bien des cas, de vraisemblances ou de suppositions. Si l'on a quelques raisons de croire que l'essentiel de son activité littéraire et théologique se situe entre 196 ou 197 et 222 environ, on ignore la d [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages



Écrit par :

Classification


Autres références

«  TERTULLIEN (155 env.-env. 225)  » est également traité dans :

TERRE ÂGE DE LA

  • Écrit par 
  • Pascal RICHET
  •  • 5 139 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La chronologie : une préoccupation chrétienne »  : […] Accepté au Moyen Âge aussi bien à Byzance que dans le monde musulman et en Occident, le petit univers d’Aristote centré sur la Terre ne fut pas remis en cause pendant près de deux millénaires. L’éternité du monde fut en revanche vite contestée par les chrétiens parce qu’elle contredisait clairement le tableau biblique de la Création minutieusement brossé par la Genèse. Pour les tout premiers chrét […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/age-de-la-terre/#i_989

ART & THÉOLOGIE

  • Écrit par 
  • Georges DIDI-HUBERMAN
  •  • 6 769 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'imitation et l'incarnation »  : […] Il est fascinant de constater combien le christianisme, qui se donne depuis longtemps comme la religion la plus visuelle qui soit, et parmi toutes la plus productrice d'images, a pu éclore et se développer à partir d'une véritable haine du visible , qu'expriment bon nombre de textes fondateurs, tant chez les Pères grecs que chez les latins. Ainsi Clément d'Alexandrie prononc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-et-theologie/#i_989

EXEMPLUM

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre BORDIER
  •  • 818 mots

Outre le sens habituel d'« exemple », le mot latin exemplum désigne une ressource de la rhétorique utile à qui veut susciter la persuasion. Aristote rapproche l'exemple, qui repose sur une inférence implicite, (raisonnement inductif) du syllogisme incomplet (déductif) ; après lui, la rhétorique latine (Cicéron, Quintilien, Valère Maxime) distingue le signe (preuve matérielle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/exemplum/#i_989

LATINES (LANGUE ET LITTÉRATURE) - La littérature chrétienne

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 6 338 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le genre apologétique »  : […] Tertullien inaugura en Occident le genre apologétique. Les modèles grecs étaient déjà nombreux : Justin, Tatien, Athénagore avaient déjà adressé des apologies aux empereurs pour essayer de les convaincre que les chrétiens n'étaient pas coupables des crimes dont on les accusait et, d'une manière générale, que le christianisme représentait non seulement une « philosophie » parmi d'autres, mais la p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/latines-langue-et-litterature-la-litterature-chretienne/#i_989

MONTANISME

  • Écrit par 
  • Pierre Thomas CAMELOT
  •  • 430 mots

Mouvement spirituel, prophétique et eschatologique, qui apparaît en Phrygie au milieu du ii e siècle (dès 156-157 selon Épiphane ; en 172 seulement d'après Eusèbe). Un certain Montanus, néophyte, qui aurait été prêtre de Cybèle, se prétend l'organe du Paraclet, sinon le Paraclet lui-même. Il annonce un nouvel âge de l'Église, l'âge de l'Esprit, e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/montanisme/#i_989

TRADITION

  • Écrit par 
  • René ALLEAU, 
  • Jean PÉPIN
  •  • 6 370 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'élaboration de l'argument de tradition »  : […] Ainsi s'explique-t-on le prix que l' Église primitive attacha à ceux de ses membres qui étaient assez vieux pour avoir connu les apôtres (et que l'on appelait pour cette raison « anciens » ou « presbytres »). Parmi eux, saint Irénée mentionne, par exemple, « Clément de Rome, qui succéda en troisième lieu, après Lin et Anaclet, à Pierre et à Paul, qui a vu les apôtres et a conversé avec eux. Leur p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tradition/#i_989

TRINITÉ

  • Écrit par 
  • Hervé SAVON
  •  • 3 116 mots

Dans le chapitre « La victoire de la christologie du Logos »  : […] La difficulté de concilier le modalisme avec les nombreux passages des Évangiles où Jésus dialogue avec le Père allait finalement donner la victoire à la christologie du Logos. À la « monarchie » des modalistes, qui confond le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Tertullien (vers 160-vers 225) oppose la « règle de foi » traditionnelle, selon laquelle le Fils procède du Père et envoie à son tour l'Esp […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/trinite/#i_989

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Claude FREDOUILLE, « TERTULLIEN (155 env.-env. 225) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tertullien/