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ARNOBE (260?-? 327)

Vivant à l'époque de l'empereur Dioclétien, Arnobe se range parmi les apologistes chrétiens. Après avoir longtemps enseigné la rhétorique à Sicca Veneria, en Afrique proconsulaire, il se convertit tardivement au christianisme, vers soixante ans. L'évêque dont il dépendait conçut quelques doutes sur la foi de ce nouveau-venu ; pour prouver sa sincérité, Arnobe composa un ouvrage, en sept livres Contre les païens (Adversus nationes), paru probablement entre les années 304 et 312. Cet ouvrage est le répertoire le plus complet des critiques chrétiennes contre la mythologie. La démonstration se déroule en deux temps. Les livres I et II réfutent l'accusation, fréquemment adressée aux chrétiens, d'avoir attiré sur l'Empire romain toutes sortes de fléaux. Les autres livres mettent en évidence le ridicule du polythéisme et des cultes païens. Fait remarquable, l'argumentation se déroule dans l'abstrait et ne s'appuie pas sur les Écritures saintes. De plus, dans ses conceptions métaphysiques, en particulier en ce qui concerne l'âme, Arnobe se rattache en grande partie à la philosophie de Platon. Le christianisme de l'auteur le conduit cependant à mettre en évidence la grandeur de Dieu et la nécessité de la foi. Le style laisse apparaître le rhéteur : accumulation de synonymes, amplification et tous ses artifices. Mais l'ironie, l'imagination réaliste, la verve intarissable sont loin d'être absentes. L'ensemble de l'ouvrage offre une précieuse information sur les cultes païens ; c'est aussi un document sur les contradictions que rencontraient les premiers chrétiens venus au christianisme après avoir été nourris, dans un premier temps, des religions païennes.

— Élizabeth BINE

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • LATINES (LANGUE ET LITTÉRATURE) - La littérature chrétienne

    • Écrit par Pierre HADOT
    • 6 307 mots
    • 2 médias
    ...qui correspond au recul du grec en Occident au cours du iiie et surtout du ive siècle. Dès son aurore, elle resplendit déjà grâce à Tertullien, le premier d'une lignée de rhéteurs africains, Cyprien, Minucius Felix, Arnobe, Lactance, Marius Victorinus, dont le plus grand sera Augustin.

Voir aussi