Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

TÉLESCOPES

Les lunettes astronomiques - crédits : Encyclopædia Universalis France

Les lunettes astronomiques

L'observation astronomique menée depuis la Terre dans le domaine du visible et du proche infrarouge repose désormais sur les télescopes. Mais, sous l'appellation un peu désuète de « lunettes astronomiques » se rangent une série d'instruments d'importance historique considérable : c'est grâce, en effet, à la lunette de Galilée (fig. 1) que la conception du monde a évolué du géocentrisme ancien vers l'universalisme actuel ; les télescopes modernes ont ouvert des voies essentielles à la compréhension du monde physique, l'étude des réactions nucléaires postulées à l'intérieur des étoiles étant un stimulant considérable pour la physique des particules élémentaires ; l'observation astronomique a réussi à atteindre des régions de l'Univers si lointaines que leur description ne s'accommode plus des approximations admissibles dans notre voisinage ; enfin, en liaison avec les deux aspects précédents, l'homme a pu non seulement retracer l'histoire de l'Univers, mais même en dater les étapes jusqu'à s'interroger sur ce qui pouvait être avant le big bang initial (cf. big bang et cosmologie).

Lunettes de Galilée - crédits : Leemage/ Universal Images Group/ Getty Images

Lunettes de Galilée

Lunette de Galilée - crédits : Encyclopædia Universalis France

Lunette de Galilée

Décrypter l'Univers lointain (1), P. Léna - crédits : Encyclopædia Universalis France

Décrypter l'Univers lointain (1), P. Léna

On a pu épiloguer pour savoir si c'était l'invention d'un instrument qui amenait une découverte ou l'inverse. Dans le présent domaine, il est certain que la lunette n'a pas été inventée pour explorer l'Univers et que la gloire de Galilée a été d'avoir la curiosité décisive de l'employer à cela ; cependant, de nos jours, c'est le désir de découverte qui l'emporte et l'on souhaite construire des instruments – grands, on verra pourquoi – capables d'apporter des solutions à certains problèmes que l'on sait être cruciaux dans la compréhension de l'Univers (encore que plusieurs découvertes faites depuis les années 1960 grâce à des instruments nouveaux aient été totalement inattendues). Mais les limites technologiques sont là. La lignée des lunettes à lentilles, qui a débuté avec les 2 centimètres de diamètre de celle de Galilée, a culminé avec les 102 centimètres de celle de Yerkes à la fin du xixe siècle. Ce sont les grands télescopes à miroirs qui ont alors pris la relève ; mais le plus grand des télescopes de conception « classique » – celui de Zelentchouk, en Russie, de 6 mètres d'ouverture – n'aura pas de successeur. Pour gagner en efficacité, il a fallu exploiter des méthodes nouvelles et mettre en œuvre des technologies inédites.

Principes optiques

On appelle habituellement lunette, abréviation de « lunette d'approche », un instrument dont l'emploi a pour effet de réduire la distance apparente des objets éloignés, ce que traduit aussi le mot télescope, adopté dans la plupart des autres langues, ou encore, jusqu'à un certain point, le mot allemand Fernrohr. D'ailleurs, lorsqu'on a construit, avec des technologies différentes mais sur les mêmes principes de base, des appareils destinés à l'exploration de l'Univers dans des domaines spectraux autres que celui de l'optique, on les a tout naturellement appelés « radiotélescopes », « télescopes à rayons X », « télescopes à rayons gamma », etc.

Un second usage s'est établi en français, consistant à réserver le nom de « lunette » à un instrument formé uniquement de lentilles, au travers desquelles la lumière se réfracte, et à appeler « télescopes » ceux dont l'organe essentiel est un miroir sur lequel la lumière se réfléchit. Cette distinction, dans d'autres langues, se fait par l'emploi des mots réfracteur ou réflecteur ajoutés au terme générique de « télescope », ou même utilisés seuls. C'est la solution la plus logique, et il est heureux que, à défaut de la disparition du mot « lunette », elle soit d'usage professionnel[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : astronome au laboratoire d'astrophysique de Marseille
  • : astronome
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Les lunettes astronomiques - crédits : Encyclopædia Universalis France

Les lunettes astronomiques

Lunettes de Galilée - crédits : Leemage/ Universal Images Group/ Getty Images

Lunettes de Galilée

Lunette de Galilée - crédits : Encyclopædia Universalis France

Lunette de Galilée

Autres références

  • ASTROMÉTRIE

    • Écrit par Jean KOVALEVSKY
    • 6 512 mots
    • 9 médias
    Deux types de télescopes sont actuellement utilisés pour l'astrométrie photographique. Ce sont d'abord les télescopes de Schmidt ayant un champ de 50 par 50 et dont la précision interne est de l'ordre de 0,15″ à 0,25″. Par ailleurs, des lunettes ou des télescopes à long foyer (de 12 à 18...
  • ASTRONOMIE

    • Écrit par James LEQUEUX
    • 11 339 mots
    • 20 médias
    Il est quelque peu arbitraire de faire commencer avec le xxe siècle l'astronomie contemporaine et ses grands instruments. Les premiers grands télescopes sont bien antérieurs, puisque ceux de William Herschel datent de la fin du xviiie siècle et que William Parsons (lord Rosse, 1800-1867) achève...
  • BICEP (Background Imaging of Cosmic Extragalactic Polarization)

    • Écrit par Bernard PIRE
    • 716 mots
    • 1 média

    Le télescope B.I.C.E.P. (pour Background Imaging of CosmicExtragalacticPolarization, soit Imagerie de polarisation du fond cosmique extragalactique) est un instrument dédié à l’étude du rayonnement primordial. Il est installé sur le continent Antarctique et utilisé par des équipes de...

  • CASSEGRAIN NICOLAS (mort en 1712)

    • Écrit par Bernard PIRE
    • 209 mots

    Physicien français, inventeur en 1672 du télescope qui porte son nom.

    On connaît très peu de chose sur Nicolas Cassegrain, qui a été vraisemblablement professeur au collège de Chartres. La combinaison optique qu'il a mise au point est très souvent employée dans les télescopes modernes...

  • Afficher les 34 références

Voir aussi