GUILLEM SYLVIE (1965- )

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L'envol d'une étoile

En 1981, c'est l'engagement dans le corps de ballet de l'Opéra de Paris, l'apprentissage, les places à tenir dans les ensembles. Sylvie Guillem prend pour une simple formalité les concours annuels qui lui permettent de gravir les échelons de la hiérarchie et de se faire reconnaître des spécialistes. Elle n'est d'ailleurs jamais en peine de succès. En témoigne la médaille d'or décrochée en 1983 au concours de Varna (Bulgarie), qui rassemble régulièrement sur les bords de la mer Noire les meilleurs espoirs du monde entier. Cette irrésistible ascension la propulse au rang de première danseuse en 1984 ; elle n'aura guère le temps de s'habituer à ce titre puisque, cinq jours plus tard, elle est nommée étoile, sur proposition de Rudolf Noureev, alors directeur de la danse. Et cela au soir d'une prise de rôle prestigieuse, celle d'Odette-Odile, l'héroïne au double visage du Lac des cygnes. Sylvie Guillem n'a que dix-neuf ans ; elle a brûlé les étapes. Désormais, elle interprète les rôles principaux du répertoire classique. Des créations notoires marquent cette période. Maurice Béjart, déjà profondément séduit par sa personnalité et par la qualité de sa danse, lui confie Mouvement, rythme, étude en 1985 et l'année suivante, Arepo – anagramme d'Opéra –, un ballet plein de caractère, d'humour et de vivacité. William Forsythe, qui n'est pas encore considéré comme le réformateur du ballet classique, distribue Sylvie Guillem dans France/Dance, à l'Opéra-Comique, dès 1984 – l'année même où le Cercle Carpeaux décerne à la danseuse un prix qui distingue une valeur montante. Le chorégraphe américain, implanté à Francfort, lui offre surtout en 1987 l'occasion de briller par une technique pleine d'audace dans In the Middle Somewhat Elevated. Rudolf Noureev fait de Sylvie Guillem une Cendrillon très touchante. Elle exalte aussi tout le lyrisme du Magnificat de John Neumeier. En 1988, Robert Wilson l'initie au minimalisme dans une version du Martyre de saint Sébastien, de Claude Debussy, que le Ballet de l'Opéra va créer à la maison de la culture de Bobigny. Cette année-là, Sylvie Guillem reçoit le grand prix national de la danse, la distinction officielle accordée par le ministre de la Culture. La réputation de l'étoile n'a cessé de croître. Mais, elle s'habitue toujours difficilement aux us et coutumes de l'Opéra, fustige les lenteurs administratives et respire avec peine dans une atmosphère lourde et confinée. Perfectionniste, sollicitée dans le monde entier, elle souhaiterait que l'administration de l'Opéra de Paris lui communique un an à l'avance les dates de ses représentations afin d'honorer des contrats extérieurs. Devant l'impossibilité d'obtenir gain de cause, elle claque la porte en 1988.

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LE RICHE NICOLAS (1972- )

  • Écrit par 
  • Jean-Claude DIÉNIS, 
  • Agnès IZRINE
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Dans le chapitre « Un danseur classique très contemporain »  : […] À compter de ce moment, Nicolas Le Riche enrichit son répertoire, à la fois à travers les prises de rôle et les créations. Parmi celles-ci, on retiendra Camera obscura de Roland Petit (1994), Sylvia de John Neumeier (1997) où le chorégraphe américain met à mal l'imagerie mythologique, Casanova d'Angelin Preljocaj (1998), le subtil Doux Mensonges (1999) de Jiri Kylian, Appartement de Mats Ek où […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bernadette BONIS, Jean-Claude DIÉNIS, Agnès IZRINE, « GUILLEM SYLVIE (1965- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sylvie-guillem/