WONDER STEVIE (1950- )

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Chanteur, auteur-compositeur et multi-instrumentiste américain, Stevie Wonder (de son vrai nom Steveland Judkins Morris) est né le 13 mai 1950, à Saginaw, dans le Michigan. Aveugle de naissance, il est élevé dans les quartiers déshérités de Detroit. Son talent pour la musique s'affirme dès l'âge de huit ans. Rebaptisé Little Stevie Wonder par Berry Gordy, Jr., président de Motown Records – auquel le présente Ronnie White, membre des Miracles –, Wonder réalise son premier disque à l'âge de douze ans. Le style mélancolique de son chant aigu et son jeu d'harmonica frénétique qui caractérisent ses premiers enregistrements ressortent clairement dans son premier single à succès, Fingertips (Part 2), enregistré au cours d'un spectacle au Regal Theatre de Chicago en 1963. Mais Wonder est bien plus qu'une imitation prépubère exceptionnelle de Ray Charles, ce que le public découvre à travers ses prouesses au piano, à l'orgue, à l'harmonica et à la batterie. Dès 1964, Stevie perd le diminutif « Little » et, deux ans plus tard, son interprétation fervente de la chanson soul Uptight (Everything's Alright), qu'il a aussi écrite, laisse entrevoir l'émergence d'un interprète et d'un compositeur fascinant capable de rivaliser avec les auteurs-compositeurs talentueux de l'écurie de Motown. (Il a déjà coécrit, avec Smokey Robinson, The Tears of a Clown.)

Au cours des cinq années suivantes, Stevie Wonder remporte des succès avec I Was Made to Love her, My Cherie Amour (toutes deux coécrites avec le producteur Henry Cosby) et For Once in my Life, chansons qui plaisent aux danseurs comme aux amoureux. Where I'm Coming from, album sorti en 1971, montre non seulement un éventail musical plus large mais une nouvelle introspection dans ses paroles et son atmosphère. Music of my Mind (1972) révèle encore plus clairement ses préoccupations. Entre-temps, il a été fortement influencé par What's Going on de Marvin Gaye, album dans lequel ce membre de la même maison de disques s'est écarté de l'approche « usine à succès » de Motown pour affronter les problèmes sociaux de l'époque. L'amertume que Gordy a pu ressentir à la déclaration d'indépendance de ses protégés est amplement compensée par la série d'enregistrements avec lesquels Wonder efface la concurrence au milieu des années 1970. Ces albums produisent un flux régulier de chansons classiques à succès, notamment Superstition, You Are the Sunshine of my Life, Higher Ground, Living for the City, Don't you Worry 'Bout a Thing, Boogie on Reggae Woman, I Wish et Sir Duke.

Âgé de vingt-cinq ans seulement, Wonder semble avoir maîtrisé presque tous les langages de la musique populaire afro-américaine et les avoir synthétisés en un style qui lui est propre. Sa maîtrise de la nouvelle génération d'instruments à clavier électroniques fait de lui un pionnier et une source d'inspiration pour les musiciens rock ; la créativité de son phrasé vocal rappelle les plus grands chanteurs de jazz, et la profondeur et l'honnêteté de sa projection émotionnelle viennent tout droit de la musique d'Église noire de son enfance. Il était inévitable qu'une période aussi fertile dure toujours ; elle prend fin en 1979 avec une œuvre loufoque et trop ambitieuse intitulée Stevie Wonder's Journey Through the Secret Life of Plants. Par la suite, Wonder enregistre de manière sporadique et rate souvent sa cible, mais ses concerts sont toujours aussi exaltants. Ses meilleures œuvres jettent un pont entre les interprètes classiques de rhythm and blues et de soul des années 1950 et 1960 et leurs successeurs moins gênés par des considérations commerciales. Pourtant, bien que sa musique soit devenue sophistiquée, sa fierté ne l'a pas empêché d'écrire quelque chose d'apparemment aussi léger que le joyau romantique I Just Called to Say I Love you (1984).

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Richard WILLIAMS, « WONDER STEVIE (1950- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/stevie-wonder/