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STATISTIQUE

Le mot « statistique » désigne à la fois un ensemble de données d'observation et l'activité qui consiste dans leur recueil, leur traitement et leur interprétation.

Au cours de l'histoire, la collecte d'observations et la méthodologie de leur emploi se sont développées de façons largement indépendantes. Aujourd'hui, le recueil de statistiques est une activité importante, indispensable à la gestion des sociétés modernes. Leur traitement bénéficie des moyens offerts par l'alliance des calculateurs électroniques et de l'algèbre linéaire ; et l'on voit apparaître, dans l'analyse des données, des méthodes extrêmement puissantes pour « faire parler les chiffres ». Les raisonnements par lesquels on peut tirer, à partir des observations, des conclusions concernant les lois de probabilité des phénomènes (inférence ou induction statistique) sont codifiés par la statistique mathématique.

Dans la diversité des significations attachées au mot, il convient de souligner au moins la distinction entre les deux définitions suivantes :

– statistique : activité qui consiste à réunir des données, concernant en particulier la connaissance de la situation des États ou des sociétés humaines (c'est le « budget des choses » de Napoléon) ;

– statistique : méthode de traitement et d'interprétation des observations, de passage de celles-ci aux lois des phénomènes et aux modèles théoriques susceptibles de les représenter (c'est l'« inférence statistique » des statisticiens classiques, qu'on a eu quelque raison d'assimiler à l'induction formalisée).

En réalité, ces deux sens du mot statistique ont naturellement entre eux des liens étroits. Il serait vain de recueillir des données, si ce n'était pour les traiter et les interpréter en vue d'éclairer les actions humaines ou de faire progresser la connaissance des phénomènes. Inversement, la manière de recueillir des données peut et doit être influencée d'abord par les méthodes de traitement ultérieures et ensuite par l'utilisation pratique de ces données ou des produits qui en sont dérivés.

De plus, la statistique, en tant qu'activité consistant à recueillir des données, ne concerne pas seulement la connaissance des États et des sociétés, mais aussi tous les phénomènes particuliers pouvant faire l'objet d'études en laboratoire ou dans la nature. La méthodologie statistique, quant à elle, s'applique indifféremment dans ces diverses circonstances.

Dans le présent article, les deux sens du mot statistique – recueil de données ou méthodologie de traitement et d'induction – sont présents tour à tour ou simultanément.

Historique

On attribue souvent la création du terme « statistique » à un professeur de Göttingen, G. Achenwall, qui aurait en 1746 créé le mot Statistik, dérivé de la notion Staatskunde. En fait, l'activité correspondante de recueil de données permettant de connaître la situation des États remonte à une fort lointaine antiquité. On cite, d'une part, l'empereur chinois Yao, organisant le recensement des productions agricoles en 2238 avant J.-C., et, d'autre part, l'institution du cadastre et du cens chez les Égyptiens, en 1700 avant J.-C. L'importance sociale de la statistique était reconnue, puisqu'il advint que le pharaon Amasis édicta la peine de mort contre ceux qui refusaient de déclarer leurs nom, profession et moyens de subsistance. Un tableau d'ensemble de l'activité statistique dans ce sens particulier, au cours des différentes périodes de l'histoire, mériterait d'être dressé ; mais on ne pourra donner ici que quelques points de repère. On notera que le recueil de statistiques n'implique pas la connaissance de l'écriture : des planchettes à encoches (encore en usage dans certaines professions) ou des cordes à nœuds peuvent[...]

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