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APPROCHES TRANSVERSALE ET LONGITUDINALE EN PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT

S’informer sur le développement des enfants et des adolescents impose de pouvoir comparer leurs comportements aux différents âges. Pour cela, diverses approches méthodologiques sont possibles.

Selon une première approche « transversale », les groupes d’âge à comparer sont constitués par des échantillons d’enfants différents : autant d’échantillons que de groupes d’âge. À chaque âge, on note les comportements manifestés par les enfants dans tel ou tel domaine (motricité, langage, etc.) et l’évolution de ces comportements peut être suivie d’âge en âge. Cela permet de baliser grossièrement le développement à l’échelle d’une population pour un domaine d’étude.

Mais cette approche ne permet pas de déterminer si les développements individuels sont semblables à ceux observés au niveau des groupes. Par exemple, dans le cas de l’acquisition de la locomotion, les comparaisons transversales peuvent indiquer quelle est l’évolution de la fréquence des différents procédés utilisés par les jeunes enfants pour se déplacer, mais elles ne permettent pas de savoir si un procédé particulier, comme la marche à quatre pattes, est utilisé à un moment donné par tous les enfants et constituerait par conséquent une étape nécessaire dans l’acquisition de la marche bipède.

C’est pourquoi les psychologues du développement privilégient l’approche « longitudinale » qui consiste à suivre individuellement les enfants tout au long de la période de développement considérée. De ce fait, les comparaisons selon l’âge se font à partir de comportements recueillis auprès des mêmes enfants. Dans l’exemple de la locomotion, un développement typique est très fréquent, avec la marche à quatre pattes comme un moment de cette évolution. Mais on observe également une variabilité interindividuelle importante : certains enfants n’utilisent jamais la marche à quatre pattes, et parmi ceux-là certains adoptent des comportements originaux comme glisser sur les fesses à partir de la position assise… Un autre exemple très différent nous est fourni par les études sur le harcèlement entre pairs. Une chose est d’observer, transversalement, la fréquence des comportements agressifs aux différents âges ; c’en est une autre de pouvoir apprécier si ce sont les mêmes enfants qui manifestent ces comportements d’âge en âge. En réalité, selon une étude récente, seulement 14 p. 100 des harceleurs de cinq ou six ans le sont encore à douze ans.

Quels sont les avantages et les inconvénients de ces deux approches, et peut-on dans certains cas leur substituer d’autres procédures ?

La méthode transversale permet d’obtenir rapidement des résultats qui révèlent les aspects généraux du développement. Mais les processus individuels de changement et leur variabilité ne sont pas mis en évidence. Il peut aussi se produire des « effets de cohorte » car les comportements de certains groupes d’âge peuvent résulter d’une particularité historique vécue seulement par ces groupes d’âge. Ces effets sont difficiles à contrôler et peuvent fausser les comparaisons.

La méthode longitudinale a l’avantage de focaliser directement sur les processus individuels. Son inconvénient principal est d’être longue à mener puisqu’elle impose de suivre les enfants pendant un temps qui peut se compter en années. Un autre inconvénient est que des participants peuvent « disparaître » d’une évaluation à la suivante ; toutefois, cette « fonte » éventuelle de l’échantillon peut en partie être contrôlée en vérifiant si, à l’évaluation précédente, les participants maintenant disparus se comportaient auparavant comme le reste de l’échantillon. Il peut aussi y avoir un effet « retest » car une amélioration de performances peut être due à une plus grande familiarité avec les épreuves et non pas à un développement de compétences. Enfin, si le suivi longitudinal est particulièrement[...]

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Écrit par

  • : professeur émérite, université de Montpellier-III-Paul-Valéry

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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