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STATIONS ORBITALES

Engagées dans la guerre froide, les deux superpuissances – États-Unis et U.R.S.S. – avaient choisi l'espace comme lieu d'affrontement. Vaincus de la course à la Lune, les Soviétiques s'engageront les premiers, en 1971, dans l'occupation quasi permanente de l'orbite terrestre, en démontrant que l'homme pouvait vivre pendant de longues périodes dans cet univers hostile, à bord de stations – Saliout et Mir – tournant autour de notre planète. Mais, vingt ans plus tard, alors que les États-Unis se sont engagés dans la réalisation de leur propre station, l'effondrement de l'Union soviétique transformera le projet américain : d'abord conçu comme un défi à l'adversaire, il deviendra un projet mondial, la Station spatiale internationale.

De l'expérimentation à l'occupation permanente

Si l'on excepte les Soyouz-4 et Soyouz-5 qui, en 1969, se sont amarrés pour former la première station orbitale expérimentale, c'est en avril 1971 que les Soviétiques, les perdants de la conquête de la Lune, mettent sur orbite la première station spatiale, Saliout-1. Lui succéderont Saliout-2, en 1973, Saliout-3 et Saliout-4, en 1974, Saliout-5, en 1976. Saliout-2, Saliout-3 et Saliout-5 ont une finalité militaire : l'observation des territoires adverses. La deuxième génération de stations sera composée de Saliout-6 et de Saliout-7, opérationnelles en 1977 et en 1982, respectivement. C'est véritablement avec ces deux dernières que commence l'ère des vols de longue durée : Saliout-6 sera occupée au total pendant 617 jours et Saliout-7 pendant 1 075 jours, alors que les stations de la première génération ne l'avaient guère été plus de cent jours. Le temps maximal passé par un même homme dans l'espace s'accroîtra également, passant de 23 jours sur Saliout-1 à 237 sur Saliout-7.

De leur côté, les Américains avaient décidé, en décembre 1963, de s'engager dans la réalisation du M.O.L. (Manned Orbiting Laboratory), station spatiale pour l'observation militaire, qui sera abandonnée en juin 1969. En fait, la N.A.S.A. ne placera sur orbite qu'une seule station, Skylab, qu'elle ne maintiendra en activité que neuf mois, du 25 mai 1973 au 8 février 1974.

Par ailleurs, les Soviétiques réaliseront, en juillet 1975, avec les États-Unis, l'assemblage d'un vaisseau Soyouz et d'un véhicule Apollo, cette « mini-station » préfigurant fort modestement la Station spatiale internationale, dont la construction commencera en 1998. Mais, ici, la finalité était plus politique que scientifique : il faut d'abord y voir une étape dans la politique de détente qui s'instaurait alors entre les deux superpuissances plutôt qu'une véritable volonté d'exploiter en commun l'espace.

En fait, c'est avec Mir, dont le premier élément est lancé en 1986, que l'occupation permanente d'une station sur une longue durée commence.

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Écrit par

  • : membre de l'Académie de l'air et de l'espace et de l'International Academy of Astronautics, ancien président de l'Institut français d'histoire de l'espace

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Navette spatiale Discovery

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La Station spatiale internationale en août 2005

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Station spatiale internationale

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Autres références

  • CNES (Centre national d'études spatiales)

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    Le volet le plus spectaculaire de la coopération spatiale internationale du C.N.E.S. demeure toutefois l'envoi de spationautes français à bord des stations soviétiques (puis russes) Saliout et Mir. Le premier d'entre eux sera Jean-Loup Chrétien, qui, le 24 juin 1982, décolle de Baïkonour...
  • ESPACE (CONQUÊTE DE L') - Des pionniers à la fin de la guerre froide

    • Écrit par Jacques VILLAIN
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    ...retrouver un prestige perdu. Les Soviétiques se concentrent alors sur les vols habités circumterrestres en mettant sur orbite plusieurs générations de stations orbitales, les Saliout-1 à Saliout-7, à vocation tant civile que militaire, qui vont permettre d'accueillir des cosmonautes sur de plus longues...
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