SCEPTICISME

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Le terme de scepticisme a fini par désigner aujourd'hui, dans la langue commune, une attitude négative de la pensée. Le sceptique passe volontiers non pas seulement pour un esprit hésitant ou timoré, ne se prononçant sur rien, mais pour celui qui, quoi qu'il arrive ou quoi que l'on puisse dire, se réfugie dans le dénigrement. Aussi croit-on encore que le scepticisme est l'école du refus et de la dénégation agressive. En réalité, et par son étymologie même (skepsis signifiant en grec « examen »), le scepticisme s'interdirait plutôt toute position tranchée, à commencer même par celle qui consisterait à affirmer, bien avant Pyrrhon et comme l'abdéritain Métrodore, que nous ne savons qu'une seule chose : que nous ne savons rien. Les sceptiques se qualifient eux-mêmes de zététiques, c'est-à-dire de chercheurs ; d'éphectiques, qui pratiquent la suspension du jugement ; d'aporétiques, philosophes de l'embarras, de la perplexité et de l'issue non trouvée. De plus, les historiens latins et grecs de la philosophie sceptique, comme Aulu-Gelle, Sextus Empiricus et Diogène Laërce, maintiennent une distinction très stricte entre les académiciens, qui soutiennent l'impossibilité de rien connaître, et les sceptiques, qui prennent la vie et l'expérience pour critères de leur conduite. Pour comprendre le scepticisme, il faut donc répondre successivement à ces deux questions : En quoi le scepticisme ancien a-t-il consisté ? Pourquoi le scepticisme a-t-il, dans l'histoire de la philosophie, été méconnu et trahi dans son intention et sa portée ?

Signification du scepticisme ancien

Données historiques

Le fondateur du scepticisme grec est Pyrrhon (fin du ive s. av. J.-C.). Il n'a laissé aucun écrit philosophique. Né à Élis, petit bourg du Péloponnèse, il y vécut d'abord comme peintre, puis se convertit à la philos [...]

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Pour citer l’article

Jean-Paul DUMONT, « SCEPTICISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/scepticisme/