BING RUDOLF (1902-1997)

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Directeur d'opéra légendaire, Rudolf Bing est resté plus de vingt ans à la tête du Metropolitan Opera de New York, créant pour les représentations lyriques de nouvelles normes qualitatives qui se généraliseront dans le monde entier et feront de cette scène un des passages obligés pour tous les grands chanteurs.

Rudolf Franz Joseph Bing naît à Vienne le 9 janvier 1902 dans une famille d'industriels ; il fait ses études à l'université de Vienne tout en travaillant le chant. Rapidement, il se consacre à la représentation d'artistes lyriques et travaille dans des bureaux de concerts viennois entre 1923 et 1927. Il acquiert une parfaite connaissance de ce « marché » très spécifique, qui réclame à la fois des qualités musicales, un sens poussé de l'initiative pour placer les artistes et de l'intuition pour découvrir de nouvelles voix. En 1928, il devient l'assistant de Carl Ebert, intendant de l'Opéra de Darmstadt, qui est alors un des théâtres lyriques les plus novateurs en Allemagne, tant par son répertoire que par sa conception des productions. Entre 1930 et 1933, Bing assiste Ebert à la Städtische Oper de Berlin.

En 1934, devant la montée du nazisme, il se fixe en Angleterre, où Ebert et Fritz Busch l'entraînent dans l'aventure du festival de Glyndebourne. Il en est le directeur général entre 1935 et 1949. Il acquiert la nationalité britannique en 1946. En 1947, il participe à la fondation du festival d'Édimbourg, dont il sera le directeur artistique entre 1947 et 1950. C'est lui qui fait revenir en Europe Bruno Walter, pour les fameux concerts avec Kathleen Ferrier. En 1950, il succède à Edward Johnson au poste d'administrateur général du Metropolitan Opera de New York ; il va imprimer à ce théâtre alors somnolent une direction autoritaire devant laquelle s'inclineront syndicats et chanteurs. Il fait venir à New York les meilleurs chanteurs, chefs d'orchestre, metteurs en scène et décorateurs, qui vont appliquer au spectacle lyrique le renouvellement déjà amorcé en Europe. Renata Tebaldi (1955), Maria Callas (1956), Birgit Nilsson (1959), Joan Sutherland (1961) et Mirella Freni (1965) font partie de ces divas qui se produisent au « Met », mais aussi Marian Anderson (1955) et Leontyne Price (1961), les premières cantatrices noires invitées à chanter sur la grande scène lyrique américaine. Bing conduit la mutation importante – et controversée – qui implique la destruction de l'ancienne salle du Met et la construction de l'actuel théâtre, dans le cadre du Lincoln Center for the Performing Arts, inauguré le 16 septembre 1966. C'est à Marc Chagall qu'il confie la décoration du nouveau Met et qu'il commande, peu après, des décors pour La Flûte enchantée (1967).

Le caractère tyrannique de Bing en fait un des directeurs d'opéra les plus redoutés, et ses relations avec les chanteurs sont truffées d'incidents orageux. Intraitable, il se sépare de tous ceux qui refusent de se plier aux conditions de travail qu'il a fixées : c'est le cas de Maria Callas en 1958. En 1971, il est anobli par la reine d'Angleterre. Un an plus tard, il démissionne du Met. Il collabore, à partir de 1973, à la Columbia Artists Management comme conseiller aux projets spéciaux, et se consacre à la rédaction de ses souvenirs, qui feront l'objet de deux livres : 5 000 Nights at the Opera (1972 ; 5 000 Nuits à l'Opéra, 1975) et A Knight at the Opera (1981). Atteint de la maladie d'Alzheimer dès la fin des années 1980, il meurt à Yonkers, près de New York, le 2 septembre 1997.

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  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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Pour citer l’article

Alain PÂRIS, « BING RUDOLF - (1902-1997) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rudolf-bing/