ROSSELLINI ROBERTO

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« Il y a, d'une part, le cinéma italien, de l'autre Roberto Rossellini », écrivait naguère Jacques Rivette, pour bien marquer à quel point l'auteur de Voyage en Italie doit être distingué des autres cinéastes de son pays, situé en marge de l'école néoréaliste dont il fut pourtant l'un des pionniers. L'important, dit en substance Rossellini dans ses films, n'est pas d'être prêtre, soldat, homme du monde ou mendiant, ni certes d'avoir bonne ou mauvaise conscience de l'être, mais d'assumer sa condition, et son comportement envers autrui, avec le maximum de générosité et de dignité ; là est la liberté, et là seulement. L'important, ce n'est peut-être pas la force de l'homme, mais plutôt sa faiblesse, les risques d'échec qu'il encourt et parvient à surmonter par ce qu'il faut bien appeler un sursaut d'héroïsme. Toute l'attention du cinéaste doit aller à capter ce moment-là, le moment où l'homme doute et se relève.

Vittorio de Sica, Roberto Rossellini et Federico Fellini

Photographie : Vittorio de Sica, Roberto Rossellini et Federico Fellini

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Vittorio de Sica (1901-1974), Roberto Rossellini (1906-1977) et Federico Fellini (1920-1993) sur le tournage du Général de la Rovere (Generale della Rovere, 1959) de Rossellini, d'après Indro Montanelli. 

Crédits : Hulton Getty

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Au-delà du néoréalisme

Rome, ville ouverte (Roma, città aperta, 1945) et Païsa (1946) sont unanimement considérés, aujourd'hui, comme des « films clés », dont le retentissement au lendemain de la Libération fut énorme : on possède peu de témoignages aussi poignants sur la souffrance d'un peuple, et où celle-ci soit plus sobrement représentée, tout en laissant apparaître, au cœur même de l'événement, une authentique dimension spirituelle. Mais, très vite, Rossellini abandonna les sujets à contenu exclusivement social pour se tourner vers des genres moins populaires tels que la comédie satirique : La Macchina ammazacattivi (1948, La Machine à tuer les méchants) et Où est la liberté ? (Dov'è la libertà ? 1952), le fabliau médiéval : Onze Fioretti de François d'Assise (Francesco, giullare di Dio, 1950), voire l'opéra à grand spectacle : Jeanne au bûcher (Giovanna d'Arco al rogo, 1954) d'après l'oratorio de Claudel et Honegger. Sa rencontre avec Ingrid Bergman lui inspire des scénarios dans lesquels l'autobiographie, intelligemment tran [...]

Paisà, R. Rossellini

Photographie : Paisà, R. Rossellini

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De la Sicile au delta du Po, Roberto Rossellini raconte dans Paisà, en six épisodes, la libération de l'Italie par les armées alliées. Des rencontres ont lieu, souvent bouleversantes. Pour ce film qui, avec Rome ville ouverte, marque l'adhésion du metteur en scène au néo-réalisme,... 

Crédits : OFI-FPP/ Everett Collection/ Bridgeman Images

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Vittorio de Sica, Roberto Rossellini et Federico Fellini

Vittorio de Sica, Roberto Rossellini et Federico Fellini
Crédits : Hulton Getty

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Paisà, R. Rossellini

Paisà, R. Rossellini
Crédits : OFI-FPP/ Everett Collection/ Bridgeman Images

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Allemagne année zéro, R. Rossellini

Allemagne année zéro, R. Rossellini
Crédits : Hulton Getty

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Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur émérite à l'université de Paris-I, historien du cinéma

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Pour citer l’article

Claude BEYLIE, « ROSSELLINI ROBERTO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/roberto-rossellini/