RÉSEAUX, philosophie de l'organisation

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Du filet au réseau sanguin

Pourquoi et comment le terme « réseau » qui pendant près de vingt siècles a désigné un filet, un ouvrage formé d'un entrelacement régulier de fils ou de ficelles a-t-il échappé à son acception textile pour pénétrer les rubriques des dictionnaires telles l'anatomie, la physique, l'électricité, la thermodynamique, l'informatique, la géographie, la sociologie ? Telle est la question à laquelle on va tenter de répondre à partir d'éléments bibliographiques malheureusement trop rares et disparates.

Réseau provient étymologiquement du latin retis (filet). En témoigne encore aujourd'hui l'adjectif réticulaire. À travers une longue filiation composée de rets, de résel (xiie s.), de réseuil (xve s.) et de réseul (xvie s.), on parvient à réseau (xviie siècle, dictionnaire de Furetière) sans que le sens ait été altéré. Si le filet de l'Antiquité, composé de fils régulièrement entrelacés, servait à capturer certains animaux, le résel, le réseuil et le réseul (celui-ci désignant... un soutien-gorge) restent des tissus à mailles larges, et le réseau du xviie siècle est toujours un maillage textile.

À partir du xviiie siècle, progressivement, la médecine s'empare métaphoriquement du réseau, d'abord pour décrire puis pour rendre compte du fonctionnement de l'organisme humain. Diderot nous rappelle que le corps se compose de multiples fils jetés de l'intérieur vers des points de sa surface constituant un « réseau qui se forme, s'accroît, s'étend ». Bichat qui perçoit les organes constitués de tissus et Magendie qui découvre l'existence du système nerveux confortent, au début du xixe siècle, le concept de réseau en médecine. Parallèlement, depuis le début du xviie siècle, on a pu mettre en évidence la circulation sanguine. Harvey a compris que dans le corps humain le sang circule, c'est-à-dire a un mouvement circulaire. La connaissance de cette circulation dans les artères, les veines, les vaisseaux, les tissus s'affine à la fois dans les progrès de l'anatomie et dans ceux de la mécanique des fluides. Descartes dans [...]


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Électricité : complémentarité des besoins

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Desserte d'un territoire par un réseau : variantes

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Organisation de l'espace par un réseau en fonction du temps

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Écrit par :

  • : ingénieur des Arts et manufactures, docteur d'état ès lettres et sciences humaines, professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris, université de Paris-XII, chef de département à l'École nationale des ponts et chaussées

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Pour citer l’article

Gabriel DUPUY, « RÉSEAUX, philosophie de l'organisation », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/reseaux-philosophie-de-l-organisation/