PIANO RENZO (1937- )

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Né à Gênes en 1937 dans une famille d'entrepreneurs en bâtiments, diplômé en 1964 de l'école polytechnique de Milan, l'architecte Renzo Piano a ensuite travaillé avec Louis Kahn à Philadelphie et à Londres avec l'ingénieur Z.-S. Makowsky, inspirateur de ses premières recherches. Sa rencontre avec Jean Prouvé marque également son travail. Elle va le conduire, dans un premier temps, à concentrer son attention sur le problème de la réhabilitation des périphéries urbaines, des centres historiques, des églises, des usines.

La réhabilitation

Pour la réalisation de plusieurs usines, de son bureau et de pavillons à la Triennale de Milan et à l'exposition d'Ōsaka (1969), il met au point des solutions techniques légères, d'une grande élégance. Il bâtit à Gênes un quartier de logements formé d'éléments cellulaires en béton armé. Puis à Novedrate, en Lombardie, les bureaux des fabricants de meubles B&B (1973) : portiques tridimensionnels en acier, couverture indépendante, gaines de climatisation apparentes en sont les principales caractéristiques.

En 1971, il s'associe avec Richard Rogers, partenaire des ingénieurs du cabinet Ove Arup, puis particulièrement avec Peter Rice jusqu'à la mort de celui-ci en 1992. Piano conçoit avec eux le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris (1971-1977), « provocation de garçons mal élevés ». Généralement soucieux d'une « compréhension douce et scrupuleuse du contexte », tant historique, urbain et paysager qu'écologique et social, il assume la fière brutalité de cette « machine culturelle » – plateaux libres et flexibles, ossature sophistiquée, coursives à jour, Escalators – avec cette exacerbation des réseaux techniques. Cette esthétique fonctionnaliste vaudra à l'édifice sa réputation de « raffinerie ». Selon ses propres termes, Beaubourg est « une parodie de l'imagerie technologique de notre temps ».

Centre Georges-Pompidou, terrasse

Photographie : Centre Georges-Pompidou, terrasse

Renzo Piano et Richard Rogers, vue partielle de la terrasse du Centre Georges-Pompidou à Paris, construit par Renzo Piano et Richard Rogers (1977). 

Crédits : Electa/ AKG

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Renzo Piano développe des « laboratoires de quartier » pour la réhabilitation de secteurs de plusieurs villes italiennes, mène celle d'ensembles industriels des années 1920, des bâtiments Schlumberger à Montrouge (1984), puis de l'usine automobile du Lingotto à Turin, transformée en centre d'activité plurifonctionnel (1983-1995). Avec ce projet, il s'est réellement engagé dans une planification de l'espace urbain. L'architecte conduit également diverses interventions sur l'emplacement de l'ancien port de Gênes à l'occasion, en 1992, de la commémoration de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Pour ce projet, il restaure des entrepôts de coton, dont certains dataient du xviie siècle, et réalise notamment un aquarium ainsi que la Bolla, une sphère en verre de 20 mètres de diamètre qui abrite une collection de fougères.

Avec Rice, il conçoit pour la Fiat un prototype de voiture expérimentale (1980). Le pavillon d'exposition itinérante I.B.M. (1984) reprend les expériences structurelles de ses débuts, en les portant à un haut niveau de raffinement esthétique. Il est constitué d'une succession d'arcs associant des pyramidions de polycarbonate transparent à une ossature composite de bois et aluminium.

Au musée De Menil à Houston (1982-1986), Renzo Piano se montre attentif au contrôle de la lumière et de la ventilation à travers un dispositif de verrières et de brise-soleil qui confère à la construction une rythmique sereine. Ce système trouve des prolongements à la Fondation Beyeler, près de Bâle (1994-1997). Constituée de plans de porphyre rouge sombre de Patagonie glissant sous l'horizontale d'un toit de verre, cette réalisation manifeste un souci de la topographie et de l'assise au sol que l'on retrouve, sur un registre urbain, dans la reconstruction de l'atelier Brancusi, au modernisme assez académique (1996).

La Cité internationale de Lyon (1985-2006), le long des quais du Rhône, est déployée de part et d'autre d'une sorte de rue intérieure, qui dessert notamment un musée d'art contemporain, un amphithéâtre, des bureaux, un hôtel. Les architectes y ont mis en œuvre une technique de « double peau » et d'éléments préfabriqués de terre cuite, matériau qu'ils ont également appliqué à un ensemble de logements rue de Meaux, à Paris (1991), à l'extension de l'I.R.C.A.M. (1990) et comme élément unificateur du projet de la Potsdamer Platz à Berlin (1992-2000). Ce dernier concerne une vaste zone à réurbaniser à la charnière de l'ancien Berlin-Est. Son plan, inspiré de la trame urbaine d'avant-guerre, comporte galeries couvertes, logements, immeubles de bureaux et de loisirs confiés à divers architectes de renom. Plusieurs édifices ont été confiés à Piano, dont la tour Debis, inaugurée à la fin de 1997.

Le Pritzker Prize d'architecture a été décerné à Renzo Piano en 1998.

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Centre Georges-Pompidou, terrasse

Centre Georges-Pompidou, terrasse
Crédits : Electa/ AKG

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Magasin Peek & Cloppenburg, Cologne, R. Piano

Magasin Peek & Cloppenburg, Cologne, R. Piano
Crédits : R. Hackenberg/ AKG

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Centre Paul-Klee, Berne, R. Piano

Centre Paul-Klee, Berne, R. Piano
Crédits : Rodemann/ Schütze/ AKG

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Pour citer l’article

François CHASLIN, « PIANO RENZO (1937- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/renzo-piano/