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L'exploration des fonctions rénales

Détection d'une protéinurie

La protéinurie, autrefois désignée sous le nom d'albuminurie, est la présence dans l'urine de protéines en quantités supérieures aux traces normales (0,05 g/24 h). On décèle ce symptôme par l'apparition d'un précipité après chauffage des urines préalablement acidifiées et, s'il s'agit d'urines très peu concentrées, additionnées de chlorure de sodium.

Le débit de la protéinurie est estimé par diverses techniques de dosage (technique dite de la pesée, réaction du biuret, néphélémétrie). Il est exprimé soit en grammes par 24 heures, soit en milligrammes par minute. Une protéinurie est modérée lorsqu'elle ne dépasse pas 1 g/24 h ; elle est abondante lorsqu'elle excède 4 à 5 g/24 h, soit 3 mg/mn.

Le débit de la protéinurie n'a pas de corrélation obligatoire avec la sévérité de l'affection rénale. En revanche, le type de la protéinurie peut avoir une signification diagnostique : l'étude par électrophorèse des fractions protéiques contenues dans l'urine permet, en effet, de distinguer des protéinuries « sélectives », où l'urine ne contient guère que de l'albumine proprement dite, et des protéinuries « non sélectives », où l'urine renferme un échantillonnage beaucoup plus varié et plus complet des protéines du plasma sanguin, albumine et globulines diverses.

Une variété de protéinurie est parfaitement bénigne : il s'agit de la protéinurie orthostatique observée chez l'adolescent. Elle est caractérisée par le fait qu'elle n'apparaît qu'en position debout et disparaît totalement en position allongée, les reins demeurant strictement normaux ; elle survient au cours de la deuxième enfance ou de l'adolescence ; elle disparaît habituellement à l'âge adulte.

Examen cytobactériologique des urines

L'examen microscopique du sédiment urinaire comporte la recherche de globules rouges, de globules blancs, de « cylindres » et de germes microbiens. Il est possible de quantifier ces données en exprimant le nombre des éléments figurés décelés dans l'urine en fonction du débit par minute.

Une hématurie microscopique est définie par un taux supérieur à 10 000 hématies par minute ; au-delà de 1 à 2 millions d'hématies par minute, l'hématurie est macroscopique : les urines sont colorées en rouge. Chez le sujet normal, l'urine contient moins de 1 000 hématies et moins de 1 000 leucocytes par volume urinaire formé en 1 minute. L'abondance de l'hématurie, qu'elle soit microscopique ou macroscopique, n'a pas de corrélation avec la gravité de la maladie en cause. Toute hématurie est pathologique, c'est-à-dire qu'elle témoigne d'une lésion des reins ou de l'appareil urinaire. La constatation d'une hématurie doit amener une enquête néphrologique et urologique complète destinée à en trouver la cause. Celle-ci est soit une maladie des reins eux-mêmes (tumeur maligne ou bénigne, tuberculose, lithiase, maladie polykystique, glomérulonéphrite aiguë ou chronique, etc.), soit une atteinte des voies excrétrices : uretère, vessie, région urétro-prostatique (tumeurs bénignes ou malignes de la vessie, adénome ou cancer de la prostate, urétrite, lithiase des voies excrétrices).

Cependant, une hématurie microscopique minime, habituellement inférieure en débit à 30 000 hématies/ml, est fréquemment découverte par des examens systématiques (notamment au cours des visites médicales annuelles du travail) chez des sujets parfaitement sains, chez qui les explorations les plus attentives ne révèlent aucune uropathie ou néphropathie. Dans certains cas, de telles hématuries microscopiques peuvent être la traduction de l'élimination de cristaux ou de microcalculs qui justifient la recherche de facteurs favorisants, tels qu'une concentration excessive des urines en calcium ou en acide urique.

La constatation d'une leucocyturie pathologique, c'est-à-dire le passage de plus de 10 000 leucocytes par minute dans l'urine, est souvent associée à une infection urinaire. Celle-ci peut être le fait de germes très variés, y compris le bacille tuberculeux.

La recherche des germes urinaires se fait par examen microscopique des urines et par culture sur bouillon nutritif. À l'état normal, les urines ne contiennent aucun germe microbien. Lorsque existe une infection urinaire, c'est une faute de se contenter d'un traitement antimicrobien avant d'avoir procédé à une enquête attentive sur les sources et lieux de l'infection.

Examen radiologique des reins

L'urographie intraveineuse, c'est-à-dire l'opacification du parenchyme rénal et des voies excrétrices, par injection intraveineuse d'une substance de contraste, apporte des indications précieuses en néphrologie.

Radiologie : visualisation des voies urinaires

Photographie : Radiologie : visualisation des voies urinaires

L'urologie a été l'une des premières disciplines médicales à utiliser largement l'opacification des organes afin de les rendre visibles sous l'effet des rayons X. On voit ici une pyélographie qui révèle l'état de l'arbre urinaire de gauche (calices, en haut, confluents dans un bassinet,... 

Crédits : Collection Guy Pallardy

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La cystographie rétrograde consiste en l'opacification de la vessie après introduction d'une substance de contraste fluide par l'urètre. Chez l'homme, aujourd'hui, elle est le plus souvent remplacée par la cystographie suspubienne, qui consiste en l'introduction du liquide de contraste par un fin cathéter introduit dans la vessie quelques centimètres au-dessus du pubis, de manière à éviter tout risque d'infection. L'urétéropyélographie rétrograde consiste en l'instillation du produit de contraste par une sonde mise en place à l'orifice des uretères, après introduction d'un cystoscope dans la vessie.

L'artériographie rénale consiste en l'injection d'une substance de contraste à l'entrée des artères rénales par l'intermédiaire d'un cathéter mis en place dans une artère fémorale et introduit dans l'aorte, au-dessus du niveau d'origine des artères rénales.

À l'heure actuelle, une nouvelle technique remplace souvent, en première intention, l'artériographie. Il s'agit de l'angiographie numérisée par voie veineuse, qui consiste en l'injection rapide du produit de contraste par une veine et en l'enregistrement de l'opacification de l'artère rénale et de ses branches, grâce à un système de soustraction de l'image des tissus osseux et musculaires voisins par traitement « numérisé » sur ordinateur.

La phlébographie rénale consiste en l'introduction de produit de contraste par un cathéter introduit dans une veine fémorale, au pli de l'aine, et remonté dans la veine cave inférieure, au niveau de l'abouchement des veines rénales.

Examens échographiques

L'échographie, ou ultrasonographie, est un des progrès les plus importants dans l'exploration morphologique des reins et des voies excrétrices. Grâce à l'utilisation d'un faisceau d'ultrasons, les structures solides et liquidiennes des reins se différencient parfaitement. Il est ainsi possible de préciser la forme et la position des reins et de reconnaître une dilatation du bassinet et des calices, témoignant d'un obstacle des voies excrétrices, sans avoir à injecter de produit de contraste ; cela est particulièrement précieux lorsque l'urographie intraveineuse est contre-indiquée chez un patient du fait d'une allergie sévère ou d'une insuffisance rénale qui ne permettraient [...]

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Rein en coupe

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Organisation d'un néphron

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Système multiplicateur à contre-courant

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Écrit par :

  • : professeur de néphrologie à la faculté de médecine Necker-Enfants malades

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Pour citer l’article

Paul JUNGERS, « REIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/rein/