AZOTÉMIE

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L'élévation dans le sang du taux de l'urée et des autres produits d'excrétion azotée est communément décrite en clinique sous le nom d'azotémie ou d'urémie. Elle représente le stade terminal de l'insuffisance rénale progressive et résulte de l'impossibilité d'excréter les déchets métaboliques au rythme de leur production. Elle s'installe progressivement au fur et à mesure que s'étend la destruction du parenchyme rénal, destruction qui peut être due à une cause de nature inflammatoire, infectieuse, allergique ou vasculaire. Les signes essentiels en sont :

Hyperazotémie : les taux de l'urée et de l'azote non protéique du sang sont très élevés, 200 à 300 mg par litre, alors qu'à l'état normal ils ne dépassent pas 50 mg par litre. La clearance de l'urée est très basse, jusqu'à 5 p. 100 de la normale. L'augmentation de la créatinine et de l'acide urique sanguins est importante.

Troubles de l'équilibre hydrominéral : la déshydratation habituelle peut être aggravée par les vomissements et la diarrhée. Les variations de la natrémie et de la chlorémie sont imprévisibles. L'hyperkaliémie et l'hypermagnésémie entraînent des troubles cardiaques, nerveux (coma, paralysies). L'hypermagnésémie contribuerait à la somnolence, à l'asthénie, à la confusion mentale caractéristiques des états urémiques. L'hypocalcémie rend compte de l'hyperexcitabilité neuromusculaire, des fibrillations, de l'augmentation des réflexes et des crampes tétaniques. L'hypertension vient souvent compliquer l'urémie et en assombrir le pronostic.

Acidose : elle est due avant tout à l'accumulation de phosphates et de sulfates.

Lipémie : elle est normale au début, mais le cholestérol ne tarde pas à s'abaisser (de 250 à 50 mg par litre) témoignant de l'insuffisance hépatique ; le pronostic est défavorable.

Toxémie : le sang de l'azotémique contient des composés phénoliques d'origine bactérienne, intestinale, qui ne sont plus excrétés sous forme de glucuronoconjugués ou de sulfoconjugués par suite d'une insuffisance hépatique.

L'azotémie confirmée est l'aboutissement des néphrites chroniques d'étiologies variées : néphropathies interstitielles et glomérulaires, néphroangioscléroses, néphropathies diverses (rein polykystique, diabète avec syndrome de Kimmelstiel-Wilson, etc.). Le traitement de l'azotémie est celui de l'insuffisance rénale.

—  Geneviève DI COSTANZO

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Pour citer l’article

Geneviève DI COSTANZO, « AZOTÉMIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/azotemie/