SCIENCES SOCIALES PRÉHISTOIRE DES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les sciences sociales sont fréquemment aujourd'hui l'objet d'un double discours. Tantôt, devant le relatif échec de la croissance quantitative, on se préoccupe de revenir de la Lune pour enfin mieux aménager la Terre, et on se tourne avec un espoir naïf et excessif vers cet ensemble des sciences sociales jugées insuffisamment développées. Tantôt, dans ce même effort de reprise par l'homme de sa destinée contre ce qui est vu comme une aliénation techniciste et scientiste, les sciences sociales représentent le nouveau Léviathan : on y voit des savoirs entièrement asservis aux différents pouvoirs et recelant des potentialités machiavéliques d'asservissement et de manipulations. Cet autre discours, composé pour part à peu près égale d'exactitudes, d'exagérations, de contrevérités et de banalités, fait florès dans les pays occidentaux depuis les années 1965 ; il est, en revanche, remarquablement absent dans la plupart des pays communistes. Or ce second discours se nourrit lui-même d'une singulière contradiction : curieusement, la menace représentée par les sciences sociales est jugée d'autant plus dangereuse qu'on les classe plus bas, jusqu'à les exclure sur l'échelle épistémologique implicite de la scientificité. Ce qui équivaudrait à dire que plus un instrument de destruction est rudimentaire, fruste et de faible portée, plus il est dévastateur.

L'actuel discours manichéen sur les sciences sociales repose, en fait, sur deux postulats rarement explicités qui se caractérisent par une négation absolue de l'historicité. Il suppose d'abord (pure vue de l'esprit) un développement en quelque sorte « frontal » des sciences sociales, susceptible d'être légitimement et globalement opposé à celui d'un autre ensemble fictif, et supposé quant à lui cohérent, qui comprendrait dans leur totalité les sciences de la matière, de la Terre et du monde vivant. Les premières seraient au mieux descriptives et classificatoires, toutes le [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 27 pages


Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de l'Université, directeur de recherche au C.N.R.S.

Classification


Autres références

«  SCIENCES SOCIALES PRÉHISTOIRE DES  » est également traité dans :

CONDORCET MARIE JEAN ANTOINE NICOLAS CARITAT marquis de (1743-1794)

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 1 585 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La science sociale mathématique »  : […] Dans la dernière partie de l' Esquisse (neuvième et dixième époques), Condorcet est cependant revenu avec insistance sur ce qui lui paraissait être essentiel : l'application du « calcul des combinaisons et des probabilités » aux sciences politiques et, d'une façon plus générale, l'union des sciences physiques et des sciences morales, qui avait été le thème de son […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-jean-antoine-nicolas-condorcet/#i_81441

MONTESQUIEU CHARLES DE (1689-1755)

  • Écrit par 
  • Georges BENREKASSA
  •  • 7 177 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le monde moral et le monde physique : intelligences de l'histoire »  : […] Au retour des voyages, voici Montesquieu retranché dans sa province pour deux ans, voué au travail intellectuel et à son état de gentilhomme vigneron. C'est de là que date la mise au point de l'inventaire de sa riche bibliothèque largement héritée de parlementaires cultivés. Ses instruments personnels de culture, les Pensées et le Spicilège , ont déjà d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-de-montesquieu/#i_81441

PETTY sir WILLIAM (1623-1687)

  • Écrit par 
  • Bernard DUCROS
  •  • 598 mots

Tour à tour marin, chirurgien, membre du Parlement, homme public et homme d'affaires, sir William Petty est surtout connu pour ses écrits économiques. L'ensemble de son œuvre permet de le situer comme l'un des plus notables auteurs de transition entre les mercantilistes et les libéraux. Sa théorie de la valeur, qu'il fonde à la fois sur le travail et sur la terre, annonce à certains égards les thé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/petty-sir-william/#i_81441

STATISTIQUE

  • Écrit par 
  • Georges MORLAT
  •  • 14 018 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Historique »  : […] On attribue souvent la création du terme « statistique » à un professeur de Göttingen, G. Achenwall, qui aurait en 1746 créé le mot Statistik , dérivé de la notion Staatskunde . En fait, l'activité correspondante de recueil de données permettant de connaître la situation des États remonte à une fort lointaine antiquité. On cite, d'une part, l'empereur ch […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/statistique/#i_81441

SÜSSMILCH JOHANN PETER (1707-1767)

  • Écrit par 
  • Jacqueline HECHT
  •  • 1 071 mots

Considéré comme le père de la démographie allemande, Johann Peter Süssmilch est l'auteur du premier traité théorique et pratique de démographie en toutes langues, publié une première fois en 1741 à Berlin sous le titre : Die göttliche Ordnung in den Veranderungen des menschlichen Geschlechts aus der Geburt, Tod und Fortpflanzung des selben erwiesen ... ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/johann-peter-sussmilch/#i_81441

Voir aussi

Pour citer l’article

Bernard-Pierre LÉCUYER, « SCIENCES SOCIALES PRÉHISTOIRE DES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/prehistoire-des-sciences-sociales/