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PICARDIE

Activités et développement

La Picardie est une grande région de production agricole. L'épaisse couche de limon qui recouvre les vastes surfaces horizontales des plateaux (Santerre, Vermandois, Soissonnais, Laonnois, Vexin) a permis un remarquable essor des cultures céréalières et industrielles, sur de grandes exploitations mécanisées : blé et orge, mais aussi betteraves sucrières et pommes de terre, colza, haricots et petits pois de plein champ (la Picardie est la première région productrice de légumes de conserve). Mais l'agriculture picarde produit aussi du maïs et des fruits dans le Valois, du champagne sur les coteaux de la Marne et de ses affluents ; on trouve du maraîchage dans les fonds humides des vallées, notamment celle de la Somme (hortillonnages d'Amiens), et de l'élevage laitier en Ponthieu et Vimeu et surtout en pays de Bray et de Thelle, à l'ouest, et en Thiérache au nord-est. En 2007, le secteur agricole fournissait 3,8 p. 100 du PIB régional (la moyenne nationale était de 2,2 p. 100).

L'industrie picarde est à la fois concentrée sur quelques grands foyers manufacturiers (Creil, Saint-Quentin, Amiens...) et très dispersée sur les villes petites ou moyennes de l'espace rural du nord et de l'est de la région, dont elle est souvent l'activité motrice. En 2011, on dénombrait en Picardie plus de 7 800 établissements industriels, et 12 000 établissements dans le secteur de la construction et des travaux publics. Les branches les plus caractéristiques sont l'agroalimentaire (tous les grands groupes européens y sont représentés) et les biotechnologies, la chimie et la plasturgie, le travail des métaux et les constructions mécaniques, qui occupent chacune plus de 10 p. 100 des effectifs employés par l'industrie. Le textile et l'habillement, jadis si importants dans les villes comme dans les campagnes, viennent désormais loin derrière. Si les aléas de la mondialisation et la délocalisation des unités de production sont éprouvants pour les principales agglomérations, ils sont souvent dramatiques pour les petites ; une grande partie de la Picardie est rudement touchée par les fermetures d'établissements. Parce qu'elle fait partie de la couronne industrielle externe de l'aire urbaine parisienne et que la création ou l'implantation d'entreprises y compense les disparitions, la basse vallée de l'Oise, avec son industrie lourde mais aussi de nouvelles industries à haute technologie (notamment à Compiègne), paraît mieux préservée que la partie septentrionale de la région.

La Picardie a pris conscience de ses faiblesses en matière de développement tertiaire et de nouvelles technologies industrielles et plus généralement de conditions de vie : le taux de chômage est plus élevé que la moyenne française depuis les années 1980, l'espérance de vie à la naissance des habitants est l'une des plus basse de France (en 2013, 77 ans pour les hommes, 83,5 ans pour les femmes). Malgré la valorisation de ses espaces naturels et de récréation, de son immense patrimoine rural et urbain, et l'amélioration de la qualité de vie, la Picardie souffre d'un déficit d'attractivité, hormis aux abords de la région parisienne. La fécondité des femmes picardes (2,1 enfants par femme) permet néanmoins de compenser le déficit migratoire (– 0,2 p. 100 de 2006 à 2013) et de préserver la croissance (+ 0,2 p. 100 par an) et la jeunesse de la population (26 p. 100 de moins de vingt ans). Le retard scolaire a été comblé, y compris en matière d'enseignement supérieur (universités d'Amiens et de Compiègne, Institut supérieur agricole à Beauvais et Institut supérieur des sciences et techniques à Saint-Quentin). Cependant, bien qu'elle se soit dotée de zones d'activité à vocation technopolitaines à Amiens et Compiègne, la Picardie souffre toujours de la faiblesse du secteur recherche-développement. Elle s'efforce de[...]

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Écrit par

  • : professeur des Universités, université des sciences et technologies de Lille (Lille-I)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Picardie : carte administrative avant réforme

Picardie : carte administrative avant réforme

Autres références

  • HAUTS-de-FRANCE, région administrative

    • Écrit par Universalis
    • 188 mots
    • 1 média

    La région Hauts-de-France, qui s’est nommée à titre provisoire Nord-Pas-de-Calais-Picardie, a été créée par la loi du 16 janvier 2015 – relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral. La fusion est effective depuis le 1...

  • AMIENS

    • Écrit par Pierre-Jean THUMERELLE
    • 803 mots
    • 3 médias

    Amiens, avec 135 800 habitants recensés en 2012, chef-lieu du département de la Somme et de la région Picardie jusqu’au 31 décembre 2015, est la ville-centre d'une agglomération de 174 900 habitants (2012) et d'une aire urbaine de 270 900 habitants (210 communes), développée au cœur de la vallée...

  • BEAUVAIS

    • Écrit par Pierre-Jean THUMERELLE
    • 678 mots
    • 2 médias

    Beauvais, qui comptait 55 739 habitants en 2012, est le chef-lieu du département de l'Oise. La ville assure le fonctionnement administratif d'un département dont le centre de gravité s'est déplacé vers la vallée de l'Oise et ses grands axes de communications (T.G.V., autoroute A 1), dans l'orbite parisienne....

  • CAPÉTIENS (987-1498)

    • Écrit par Jacques LE GOFF
    • 8 060 mots
    ...Philippe VI) et les acquisitions de Louis XI : la Cerdagne et le Roussillon conquis en 1463, rendus par Charles VIII en 1482, le duché de Bourgogne et la Picardie, après la mort de Charles le Téméraire (1477), l' Anjou, le Barrois et la Provence par héritage de Charles du Maine (1481). Charles VIII...
  • LAON

    • Écrit par Pierre-Jean THUMERELLE
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    • 1 média

    Laon, qui comptait 26 318 habitants en 2012 pour la ville proprement dite et 28 682 pour l'agglomération, est le chef-lieu de l'Aisne, département traditionnellement rural et agricole. Hormis pour les fonctions administratives, Laon rayonne sur tout le centre et l'est du département, tandis que les...

Voir aussi