PHILOSOPHIE ANALYTIQUE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Des philosophes se sont dits et se disent encore analystes, à Cambridge, Lwow, Varsovie, Vienne, Prague, Oxford, Pittsburgh, Princeton... Avec l'appellation, ils ont en commun l'idée qu'un certain type d'analyse est philosophique, voire que la philosophie est analyse. Les maîtres mots : « phrase », « proposition », « signification », soulignent aussitôt le caractère linguistique de l'entreprise. On ne la confondra donc pas avec la résolution d'un concept à l'aide de jugements analytiques, ou avec l'analyse transcendantale de Kant, ou encore avec l'analyse philosophique de Lagneau.

Traditionnellement, les philosophes ne s'accordent ni sur la nature de leurs problèmes, ni sur le genre de solutions qui leur convient, ni sur le type de preuve qui caractérise leur argumentation. Le plus clair résultat de la « révolution » analytique, comme on a appelé la réaction anglaise à quelque cinquante années d'hégélianisme, aurait été de réduire un peu et pour un temps l'ampleur du désaccord. On aurait pris une idée plus précise de l'activité philosophique, plus unifiée de son modus operandi et de son domaine. Les questions philosophiques, typologiquement distinctes des questions empiriques comme des questions formelles, appelleraient une clarification logique de la pensée et par là une illumination de la nature ultime des faits. Une nouvelle méthode aurait été découverte, l'analyse, à ne confondre ni avec l'analyse matérielle du savant, ni avec l'analyse formelle du logicien. L'objet de la philosophie serait ce qui a été techniquement appelé un domaine de second degré (a second-order subject). Entendons que son affaire n'est pas de décrire, d'expliquer ou de changer le monde, ou même de produire des énoncés d'un nouveau genre, mais d'apporter une analyse de la signification des énoncés scientifiques et du [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 21 pages

Médias de l’article

Bertrand Russell

Bertrand Russell
Crédits : Hulton Getty

photographie

Ryle

Ryle
Crédits : Hulton Getty

photographie

Wittgenstein

Wittgenstein
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

  • : professeur à l'université de Rennes
  • : docteur en philosophie de l'université Paris-I, chargé de cours à l'université de Paris-I, ancien assistant au Collège de France

Classification

Autres références

«  PHILOSOPHIE ANALYTIQUE  » est également traité dans :

AJDUKIEWICZ KAZIMIERZ (1890-1963)

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 724 mots

Philosophe et logicien polonais, né en Galicie, mort à Varsovie. Ajdukiewicz étudie à l'université de Lwów avec Twardowski et Łukasiewicz. Ses thèses de doctorat ont pour titres L'Apriorité de l'espace chez Kant et Méthodologie des sciences déductives . Il étudie aussi les mathématiques et la physique. De 1925 à 1928, il enseigne à l'université de Varsovie, puis à Lwów jusqu'en 1939. Pendant la g […] Lire la suite

ANALYTIQUE PROPOSITION

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 456 mots

Le mot « analytique » a au moins trois sens. 1. Au sens large, une proposition est dite analytique si elle est vraie en vertu de la signification des termes qu'elle contient. La simple considération des significations suffit à donner l'assurance de sa vérité. À ce sens se rattachent le nominalisme de Hobbes, pour qui la vérité nécessaire est telle qu'une proposition analytique est vraie en vertu d […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 833 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La postérité d'Aristote »  : […] L'école d'Aristote, le Lycée, ne connaîtra pas, après la mort d'Aristote, la fermentation intellectuelle qu'avait connue encore l'Académie après la mort de Platon. Sans doute parce que la pensée d'Aristote avait ouvert à la philosophie des territoires nouveaux, mais en était restée à la phase de l'exploration, les disciples (à l'exception peut-être du premier d'entre eux, Théophraste, mort en 285 […] Lire la suite

ATOMISME

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 1 360 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « L'atomisme à l'époque moderne »  : […] Avec l'émergence du mécanisme dans le premier tiers du xvii e  siècle, la conception corpusculaire de la réalité, héritée de l'atomisme antique, va trouver une nouvelle actualité scientifique. Sous-jacente aux apparences sensibles, la réalité physique se présente comme une série variable de combinaisons entre des éléments matériels. Le scientifique qui maîtrise les lois qui régissent cette combin […] Lire la suite

AUSTIN JOHN LANGSHAW (1911-1960)

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 928 mots

John Langshaw Austin est sans doute le représentant le plus brillant et le plus original de la philosophie analytique dite « philosophie du langage ordinaire », caractéristique de l'école d'Oxford par opposition à celle de Cambridge. Il fit ses études à Oxford, dont il devint fellow en 1933 ; il se distingua particulièrement durant la Seconde Guerre mondiale ; il fut professeur à Oxford de 1952 ju […] Lire la suite

AYER ALFRED JULES (1910-1989)

  • Écrit par 
  • Francis JACQUES
  •  • 1 313 mots

Dans le chapitre « Le principe de vérification »  : […] En fait, l'originalité de Language, Truth and Logic tient pour beaucoup dans un double mérite, qui donne la clé de son évolution jusqu'à « Metaphysics and Common Sense » (1964) : souligner une indiscutable connexion historique, réussir une indispensable traduction. Les savants, disciples antimétaphysiciens de Mach, qui entouraient M. Schlick étaient peu soucieux d'histoire de la philosophie ; Aye […] Lire la suite

CATÉGORIES

  • Écrit par 
  • Fernando GIL
  •  • 6 074 mots

Dans le chapitre « Sens et non-sens »  : […] C'est parce qu'une catégoricité générique se fait jour dans le langage que l'analyse catégoriale constitue un instrument privilégié dans la détection de l'ambiguïté et du non-sens. Déjà, dans les Catégories , « les choses qu'il y a » (1  a 20), à savoir les universels et les particuliers ou les substances et accidents, se donnent dans le contexte des « choses qui sont dites » (1  a 16) et à l'in […] Lire la suite

CROYANCE

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 12 004 mots

Dans le chapitre « Approche pragmatique »  : […] La philosophie analytique, de langue anglaise principalement, a ouvert un nouveau chantier pour l'étude systématique des attitudes subjectives, telles que la croyance, à la faveur de leur inscription dans le discours . Par discours, il faut entendre ici l'ensemble constitué par les énoncés, tels qu'ils s'expriment dans des propositions, et les énonciations, recueillies au niveau du langage dans de […] Lire la suite

DANTO ARTHUR C. (1924-2013)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre COMETTI
  •  • 800 mots

Arthur C. Danto est l’un des philosophes américains dont les travaux sur l’art ont bénéficié d’un très large écho en France et en Europe depuis la publication de son étude sur « Le monde de l’art » (1964). Né à Ann Arbor (Michigan), aux États-Unis, il a d’abord étudié l’art et l’histoire à Wayne University, puis à l’université Columbia de New York. En 1949 et 1950, il passe une année à Paris, à l […] Lire la suite

DAVIDSON DONALD (1917-2003)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre COMETTI
  •  • 777 mots

Donald Davidson est, avec W. V. O. Quine et Nelson Goodman, l'un des philosophes américains les plus influents du xx e  siècle. Né en 1917 à Springfield (Massachusetts), il est l'auteur d'une œuvre qui a contribué à renouveler la réflexion sur le langage, l'action et l'esprit, et qui témoigne de la fécondité du courant analytique en philosophie, autant que de son évolution au-delà de la période i […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Francis JACQUES, Denis ZASLAWSKY, « PHILOSOPHIE ANALYTIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/philosophie-analytique/