PALMYRE

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Prospérité de Palmyre

Si Palmyre jouait déjà un important rôle commercial et militaire, le grand commerce oriental passait surtout par l'intermédiaire des Nabatéens de Pétra. Rome, qui tenait déjà les ports égyptiens de la mer Rouge, donna le coup de grâce à ce trafic en annexant, en 106, le royaume nabatéen. L'éviction de son rival le plus dangereux permit à Palmyre de détourner à son profit une partie du trafic de Pétra, tandis qu'elle drainait, du fait de sa position, les importations en provenance de Mésopotamie. L'époque des Antonins marqua l'apogée de la prospérité de Palmyre.

Plusieurs dizaines d'inscriptions caravanières, gravées le plus souvent sur les consoles supportant les statues en bronze des personnages honorés, rappellent l'aide apportée à des négociants, à des caravanes et aux Palmyréniens établis dans les villes parthes. Ainsi Soados, fils de Bôliadès, membre d'une famille en vue (son oncle avait occupé la plus haute charge de la cité, celle de symposiarque des prêtres de Bêl), est honoré en l'an 132 par quatre statues, pour avoir sauvé une caravane venue de Vologésias (sur le canal royal joignant le Tigre et l'Euphrate). Au milieu du iie siècle, on lui érige à nouveau quatre statues dans la cité, et trois autres à Oumm el-Amad (khān situé à 22 kilomètres de la ville, sur la route qui conduit à Hit, sur l'Euphrate), à Vologésias et à Charax (à l'embouchure du Tigre).

De la sorte se trouvent déterminées des routes commerciales, avec des puits et des khāns ; dans les villes parthes, les marchands forment une communauté ; les inscriptions parlent de ces fondouqs (hôtelleries de marchands) où l'on achète l'encens et les aromates de l'Arabie et de l'Inde, le poivre du pays tamoul et la soie de la Chine. En outre, les marchands palmyréniens ont de fortes positions à Pétra et, sur les bords de la mer Rouge, à Leuké Komé. Ils étaient essentiellement des caravaniers, exploitant les voies fluviales du Nil (un entrepôt palmyrénien a été identifié à Coptos, sur le Nil) et de l'Euphrate, et les pistes qui les prolongeaient dans les déserts arabique et syrien. Les marchands de la caravane s'organisaient en société ; le chef était un puissant personnage qui assurait l'eau, les vivres, la protection militaire, et qui engageait les pourparlers pour réduire les droits au plus juste. Les inscriptions les décrivent comme de hardis chefs d'entreprise, négociants, diplomates et tous quelque peu soldats, ce qui leur vaut les félicitations des gouverneurs romains.

Rome ne cessait en effet de favoriser les activités commerciales de la ville ; le fisc impérial avait à Palmyre un bureau de douane, mais la cité levait aussi ses taxes sur les produits – y compris les esclaves – destinés à rester sur place : laine de Phénicie, parfums, poissons salés, vins. Un tarif établi en 137 reprenait des édits antérieurs du ier siècle de notre ère ; mais, alors que ceux-ci avaient été rendus par les gouverneurs romains, c'est le sénat local qui légifère en 137, car Hadrien avait conféré à Palmyre le statut de ville libre, reflété par le nom nouveau d'Hadriana Palmyra.

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Syrie : carte administrative

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Palmyre, carrefour caravanier

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Grande colonnade de Palmyre, Syrie

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Palmyre : plan

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  • : membre de l'Institut, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

André LARONDE, « PALMYRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/palmyre/