MYTHOLOGIESDieux des peuples "barbares"

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Contrairement aux mythologies mésopotamienne, égyptienne ou grecque, les mythologies des Celtes, des Germains, des Baltes et des Slaves ne nous sont connues qu'indirectement. Faute d'écriture, ces vastes ensembles linguistiques et culturels établis à l'ouest et au nord de l'Europe n'ont pas en effet laissé de corpus de textes sacrés témoignant de leur vision du monde et des forces qui le fondent, toutes conceptions païennes et polythéistes vouées à disparaître sous l'effet d'une christianisation qui ne fut pas toujours pacifique, comme l'illustre la conversion forcée des Saxons par Charlemagne à la fin du viiie siècle. Et la pauvreté des représentations de figures divines dans l'art de ces peuples n'a pas non plus permis de cerner par l'iconographie ce qui échappait à l'écrit. Historiens comme Hérodote, Tacite ou Tite-Live, chefs militaires comme Jules César, géographes et naturalistes comme Pline l'Ancien, Grecs et Romains sont nos principaux informateurs sur les Celtes et les Germains, peuples « barbares » à leurs yeux, c'est-à-dire ne parlant ni grec ni latin. Pour les peuples restés plus longtemps encore éloignés de la civilisation gréco-latine – Vikings, Baltes, Slaves –, ce n'est qu'au moment de leur christianisation, au haut Moyen Âge, ou plus tard encore, que de rares clercs transcriront et adapteront, avec une fascination mêlée de réprobation, les ultimes traditions polythéistes d'Europe.

—  Universalis

Panthéon celtique

Nos informations sur la (ou les) religion(s) des Celtes sont partielles ou indirectes. Les témoignages archéologiques (fouilles des sites cultuels, avec les représentations des dieux et leurs attributs, et les restes d'offrandes) et ceux de l'épigraphie (textes de dédicace, qui ne livrent guère que le nom du dieu) ne suffisent pas à caractériser de façon satisfaisante les différentes divinités. Les textes grecs et latins sont des témoignages peut-être déformés par le point de vue étranger. Et les restes de mythologie celtique figurant dans les légendes irlandaises et galloises médiévales peuvent aussi avoir été déformés par la christianisation. Les témoignages archéologiques et épigraphiques eux-mêmes sont sujets à caution, du moins dans la période d'assimilation qui a suivi la conquête romaine.

Lectures syncrétistes romaines

L'interpretatio romana, dont parle Tacite dans la Germanie, consistait à identifier les dieux indigènes avec les dieux romains. Ce phénomène est déjà mis en œuvre dans la célèbre description de César : « En tête des dieux, ils honorent Mercure ; ses représentations sont les plus nombreuses ; ils le tiennent pour l'inventeur de tous les arts, le chef des routes et des voyages, le grand maître des gains et du commerce. Puis Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Ils pensent de ceux-ci à peu près la même chose que les autres peuples : Apollon chasse les maladies, Minerve transmet les principes des arts et des métiers, Jupiter règne sur les cieux, Mars préside aux guerres... » (Guerre des Gaules, VI, 17). Il s'agit d'un phénomène de syncrétisme alors courant. Le conquérant romain ne comprend les dieux étrangers qu'à travers l'image des siens. La nécessité d'annexer leur culte conduit à employer sur les dédicaces des dénominations doubles, avec le nom latin et le nom celtique : Apollo Grannus (dieu de source, guérisseur), Mars Caturix (dieu guerrier, « roi des combats »), etc.

On peut cependant rétablir le nom des principaux dieux cités par César, grâce aux récits mythologiques irlandais. Le Mercure inventeur de tous les arts est sans doute identique à Lug Sam-il-danach (Lugus le Polytechnicien), dieu qui commande la coalition des « Peuples de la déesse Danu » dans le récit de la deuxième bataille de Moyturra. Ce même Lugus a donné leur nom aux nombreux Lugu-dunum du continent (Lyon, Loudun, Leyde…). L'Apollon guérisseur de César porte différents noms (Belenus, Grannus, Bormo ou Boruo – d'où Bourbonne, Bourbon) qui peuvent d'ailleurs recouvrir des divinités à l'origine distinctes les unes des autres, et associées à des sites naturels de type différent (Boruo doit désigner le « bouillonnement » de la source thermale). Cela est encore plus évident pour Mars, qui reçoit un grand nombre d'épithètes indigènes, ce qui donne à penser que chaque tribu cherchait à différencier par le nom même la divinité présidant à la guerre. À ce titre, on pourrait identifier Mars à l'horrible Teutatès décrit par les scholies à Lucain comme un dieu assoiffé de sacrifices humains : Teutates est une épithète qui doit s'interpréter comme « le dieu de la tribu » (∗teutā, irl. túath, « tribu »). Dans les légendes irlandaises, ce sont plutôt des divinités féminines qui président à la guerre, telles la Morrigan, la Bodb, qui apparaissent souvent comme de grands corbeaux au-dessus des champs de batailles. Le Jupiter de César pourrait être, comme le propose P.-M. Duval, le Taranis ou Taranus des inscriptions, un dieu du tonnerre, auquel, d'après les scholies à Lucain, on sacrifiait des hommes par le feu, dans une cuve de bois. Le sacrifice humain par le feu est aussi signalé par César. Enfin, sa Minerve est peut-être comparable à la déesse irlandaise Brigide ou Brigitte, protectrice des arts et des poètes.

Résistance à l'assimilation

Certains dieux indigènes étaient trop typés pour être assimilés. Le pilier des Nautes parisiaques en présente plusieurs : Cernunnos, le dieu cornu (un dieu d'abondance, parfois associé à des symboles chthoniens comme le serpent à tête de bélier) ; Esus coupant la branche d'un arbre à côté du Taureau aux trois grues (Tarvos Trigaranus) – allusion à un mythe à jamais perdu ; Smertrios, le Dieu « pourvoyeur ». Le nom des dieux est alors inscrit au-dessus de leur représentation. C'est le cas aussi pour Artio, déesse des ours, représentée avec un de ces animaux à Berne (dont le nom germanique évoque leur culte). Rares sont les représentations divines antérieures à la romanisation comme le dieu de Bouray ou celui d'Euffigneix ; ce dernier porte sur le côté le dessin d'un sanglier, car on offrait aussi des animaux sauvages aux dieux gaulois.

Les noms des dieux peuvent nous renseigner sur leur nature. Dans les dédicaces d'époque gallo-romaine, ils sont généralement associés par couple : Sucellus et Nantosuelta, Bormo et Damona, Ucuetis et Bergusia (honorés par les forgerons d'Alise), Apollo Grannus et Sirona (la déesse « Étoile »). Ce dernier théonyme appartient à une série très riche formée avec le suffixe -ono/-onā que l'on retrouve dans les noms de héros des récits médiévaux : gaul. Divona, « Divine » ; Matrona, « Mère » – d'où la « Marne » ; Maponos, le « Garçon », cité sur un plomb magique à Chamalières et comparable au héros gallois Mabon, fils de Modron (= Maponos, fils de Matrona).

Des épithètes topiques permettent de préciser l'identité du dieu, tels Mercure arverne ou les Mères nîmoises (dans une inscription en gaulois). Les Mères, Matres, sont des sortes de Parques, groupées par trois ; elles sont parfois désignées par le pluriel Iunones, « les Junons » : le même besoin de démultiplier les dieux fait que l'on invoque non seulement Lugus, mais aussi Lugoues (pluriel de Lugus). De même, en Irlande, les déesses vont par trois ou prennent une triple forme, telle la Morrigan.

Les temples préromains sont mal connus : ils ne devaient pas être en pierre comme leurs successeurs gallo-romains. Les Gaulois respectaient certains sites sacrés, tel le nemeton, « bois sacré ». Le plan carré des temples gallo-romains n'est pas nécessairement ancien. Mais la localisation de certains lieux de culte sur les frontières entre « cités » paraît être ancienne. Les fouilles ont permis la découverte de nombreux ossements, animaux et humains (Ribemont), ce qui pourrait confirmer les dires de César sur le sacrifice au dieu Mars de tous les êtres vivants pris à la guerre.

Une cosmologie mal connue

César est aussi une source capitale sur le rôle des druides. Ils n'étaient pas seulement prêtres : ils étaient aussi chargés de la justice et de l'enseignement. Ils formaient une hiérarchie développée et organisée : un chef unique, une réunion annuelle dans la forêt des Carnutes, une formation très longue. Leur importance sociale est aussi attestée dans l'Irlande ancienne (récits épiques, vies des saints) : là, le druide a une autorité supérieure à celle du roi. Par le caractère exclusivement oral de leur enseignement, les druides gaulois gardaient le secret sur leur doctrine, religieuse ou autre. Leur science s'étendait, d'après César, à la cosmographie et à l'astronomie.

En témoigne, d'ailleurs, la complexité du calendrier gaulois de Coligny. On n'y relève pas de nom de dieu clairement identifiable (cependant, un autre calendrier, trouvé en Gaule cisalpine, situe la fête d'Epona au 15 décembre). Les indications qui reparaissent tous les ans sont trop obscures pour que nous reconnaissions des noms de fêtes religieuses. Néanmoins, deux noms de mois, samon- et giamon-, font allusion au début de l'« été » et de l'« hiver », ce qui peut se comparer aux fêtes religieuses de l'Irlande, situées au début de chaque trimestre : Lugnasad (1er août), fête du dieu Lug, célébrée avec des feux sur les hauteurs ; Samain (1er novembre), fête des morts ; Imbolc (1er février), fête de la purification, ainsi que Beltene (1er mai), dont le nom a parfois été comparé à celui du Belenos gaulois, où l'on fait passer le bétail entre deux feux pour le protéger des esprits malfaisants.

On retrouve dans le folklore des pays celtiques des réminiscences de ces fêtes saisonnières païennes. En France, les feux de la Saint-Jean ont peut-être cette origine. Mais ces rites vidés de tout contenu ne sont d'aucun secours pour connaître la doctrine ou les mythes celtiques. De même, le souvenir des monstres celtiques (le cavalier à l'anguipède...) survit peut-être dans la Tarasque ou dans d'autres croquemitaines du folklore, mais cela ne nous permet pas de comprendre le sens de la figuration antique, liée sans doute au mythe du combat des dieux et des géants (comme dans le combat des dieux et des Fomoire – sorte de géants – dans le mythe irlandais).

La religion celtique n'est donc connue que sur la base de comparaisons hypothétiques avec les légendes mythologiques irlandaises et galloises. On se doit d'avancer avec prudence dans un tel domaine et de reconnaître, par exemple, qu'on ne sait rien sur la doctrine des druides ou leur « cosmologie ».

—  Pierre-Yves LAMBERT

Mythologie germano-nordique

Malgré les nombreuses études qu'elle a suscitées, la mythologie germano-nordique reste très mal connue, en raison, avant tout, de l'indigence des documents dont nous disposons. Nos sources principales, les Eddas (Edda poétique, xiie siècle, Edda de Snorri Sturluson, env. 1220) sont trop récentes et imprégnées de christianisme ; et tous les autres témoins (archéologiques et runiques ; écrits non germaniques) posent de graves problèmes d'élucidation. De plus, on est très mal renseigné sur ce qu'étaient les Germains : des Indo-Européens, à coup sûr, qui ont investi leur aire d'implantation actuelle, en vagues successives, à partir du IIIe millénaire avant J.-C., mais qui tirent leur originalité des divers fonds autochtones qu'ils ont assujettis et sur lesquels on ne sait à peu près rien. En conséquence, il est malaisé d'appliquer à l'interprétation de cette religion une grille strictement dumézilienne ; toute prise de vue synchronique court le risque de donner une systématisation erronée et, seule, une étude diachronique prudente peut apporter quelque lumière.

D'autre part, il est troublant de constater que cette religion ne disposait pas de vocables pour rendre « religion » (elle ne connaît que « pratique », « coutume » : sid̄r), « foi », « croire », « adorer », « prier ». En revanche, est évidente l'importance capitale, sous ces latitudes, d'un substrat naturel contraignant où soleil, eau et terre font, plus intimement qu'ailleurs peut-être, partie intégrante de la vision quotidienne du monde. Si l'on suit, à titre d'hypothèse, ces trois grands axes en respectant une periodisierung simple proposée par les spécialistes scandinaves eux-mêmes (préhistoire ; âge du bronze de — 1500 à — 400 ; âge du fer de — 400 à 800 ; âge viking de 800 à 1100), on peut tenter une mise en ordre de tout cet amalgame hétéroclite de mythes et de rites.

De la préhistoire à l'âge du fer : la royauté sacrée

De la préhistoire, on ne peut juger que par reconstitution, à partir de traits obscurs que livrent les textes, islandais surtout, tels que le Landnámabók ou « Livre de colonisation ». Le culte voué aux forces naturelles y éclate et, lorsqu'il se trouve personnifié, c'est sous la forme de géants et de nains, les uns et les autres étant constitutifs des origines du monde, dépositaires de la mémoire des temps primitifs et incarnant des idées de force, de violence, d'énergie inlassable. Les géants sont peut-être plus nettement solaires et donneront naissance, en vertu de généalogies allitérées chères aux peuplades germaniques, aux lignages des dieux et aux héros solaires, dont le prototype, Völundr-Weland, le forgeron merveilleux équivalent de Dédale ou d'Icare, prendra un jour figure héroïque avec le complexe Helgi-Sigurd̄r-Sîfrît-Siegfried. Les nains, êtres cavernicoles, ennemis de la lumière et gardiens de l'Au-delà – ce sont sans doute les morts – sont résolument telluriques ou chthoniens, géants et nains portant d'ailleurs des noms parlants (Ymir : correspondant de l'hybride fondamental sanskrit Yama ; Aurgelmir, sur aurr : le limon primitif ; Hymir/Gymir : idée de liquide ; Hraesvelgr, Skrýmnir, Hrungnir : idées de violence). Leur trait commun est surtout une évidente collusion avec la magie, avec les opérations rituelles et ésotériques propres aux chasseurs-pêcheurs-cueilleurs. Ils se retrouveront, à bien des égards, dans les dieux ases, Ódinn surtout.

Avec l'âge du bronze apparaissent les très nombreuses gravures rupestres répandues dans toute la Scandinavie (Bohuslän surtout) qui, malgré les difficultés que soulève leur interprétation, autorisent tout de même une prudente lecture. On y trouve bien l'illustration d'un culte solaire qui, vérifié par les trouvailles du char de Trundholm (Danemark) vers — 1200 ou de celui de Dejbjerg (Danemark), vers — 400, est manifesté par force cupules, disques, svastikas, hommes, chevaux ou bateaux héliophores qui attesteraient une alternance, plus tard reflétée par les innombrables couples de Dioscures de cette mythologie (Alci de Tacite, Ódr-Ódinn, Ullr-Ullinn, Vilir-Vé, Hengist-Horsa), entre culte diurne ou estival et culte nocturne ou hivernal : le dieu fondamental Týr, dont le nom signifie proprement « dieu », y apparaît tout comme le prototype d'Ódinn avec sa lance, arme magique comme sont magiques les bourbiers, sources ou puits sacrificiels, scènes rituelles, masques et empreintes de pieds qui abondent dans ces pétroglyphes. Enfin, le culte de la Terre-Mère ou de la fertilité-fécondité est bien présent lui aussi, ne serait-ce que par la profusion des personnages ithyphalliques et des représentations de hieros gamos. Il semble bien que, déjà, tout l'appareil structural de cette religion soit en place et de nombreux mythes détaillés bien plus tard par Snorri sont déjà explicitement figurés dès cette époque.

Avec l'âge du fer, malgré d'incontestables influences celtiques (le chaudron de Gundestrup, Danemark), puis romaines, enfin germaniques continentales, ces caractères se confirment. S'impose la notion d'une triade divine aux nombreuses variantes, mais où Ódinn-Wotan est à peu près toujours présent. Fait notable : s'il semble bien, chose qui vérifierait l'inspiration essentiellement naturelle et naturaliste de ce paganisme à l'origine, que le monde divin ait d'abord été conçu sous forme d'entités collectives (god, gud, neutre pluriel, « bons » dieux ; rögn, regin : forces agissantes ; höpt, bönd : déités « liantes », álfar, dísir, vaettir, etc.), on les voit s'anthropomorphiser et s'individualiser à cette époque pour calquer la société humaine : ils s'organisent en « familles », régissent le droit, la fécondité et la guerre à l'usage des hommes. Le thème solaire suscite Ódinn, également psychopompe et donc rattaché au culte des morts, lesquels informent à tous les sens du mot le monde des vivants comme le montrent les nombreux bateaux-tombes où se font inhumer, sous des tertres, les chefs (Oseberg, en Norvège, par exemple), quand il ne s'agit pas de ces sépultures délimitées par des pierres levées qui dessinent le plan d'un bateau vu de haut ou skibsaetninger. Il existe aussi une liaison avec le thème liquide, dont procède également Ódinn le magicien, donné par les Hávamál pour l'« inventeur » des runes, qui font leur apparition à l'extrême fin du iie siècle, sous des influences italiques. Le thème tellurique annexe le culte celtique des Mères (Matrae, Matronae) et doit être tenu pour responsable de l'ambivalence sexuelle qui, jusqu'à nos jours, persistera dans l'imagination scandinave : le prototype Fjörgyn(n) est tantôt masculin, tantôt féminin, tout comme la Nerthus de Tacite est « le dieu » Njördr de Snorri, lequel lui donne pour femme « la déesse » Skadi au nom masculin. La notion de royauté sacrée permet de faire la synthèse à ce stade de l'histoire : sacré, le roi l'est par sa famille, sa généalogie allitérée, thème solaire que sont expressément chargés de célébrer les scaldes ou poètes attitrés au langage hautement ésotérique ; il est aussi prêtre-sacrificateur chargé d'assurer non seulement la victoire – et cela, par des moyens au moins aussi magiques que martiaux – mais il est surtout garant de la fertilité et de la prospérité, roi til árs ok fridar, pour une année fertile et pour la paix, ce qui fait que, en cas d'échec, c'est lui qui est personnellement sacrifié et que, en cas de règne heureux, son corps est démembré après sa mort pour que ces « reliques » gardent un caractère propitiatoire. Il assume en sa personne un idéal bien plus agraire et magico-intellectuel que guerrier.

Le Chaudron de Gundestrup

Le Chaudron de Gundestrup

photographie

Le Chaudron de Gundestrup, découvert démonté dans un marécage danois. Treize plaques d'argent ornées soit de divinités avec leurs attributs, soit de scènes à l'iconographie complexe représentant des guerriers défilant à pied ou à cheval. Milieu du Ier s. avant J.-C. Hauteur des plaques:... 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Équilibres et antinomies

L'évolution dans un sens plus martial se fera au cours de l'âge viking : encore ne faut-il pas négliger les influences, classiques surtout, qui ont été véhiculées par l'Église. Mais la christianisation progressive, à partir de l'an mil, n'altérera en rien deux invariants spécifiques : d'une part, la croyance au Destin, maître des dieux comme des hommes et véritable deus otiosus de ce panthéon, encore qu'il ne soit conçu ni comme une force aveugle, ni comme un pouvoir irrémédiable, mais bien comme chose qu'on a à faire, à assumer après l'avoir connue et acceptée ; d'autre part, une vénération, en quelque sorte constitutive du tempérament germano-nordique, d'un complexe où ordre, force et dynamisme, non point brutaux, mais tempérés par la magie, la poésie et le droit, sont les valeurs primordiales.

Si ces composantes s'exercent à l'égard du droit et de la guerre, notions indissolubles et réglées par le dieu Týr (un mythe voulant qu'il ait engagé sa dextre dans la gueule du loup monstrueux Fenrir pour assurer l'équilibre du monde), nous obtenons la variante solaire. Cet équilibre est perpétuellement menacé par Loki, le fauteur de désordres par excellence, par Surtr, dieu du feu dévastateur, et par Hödr, antithèse de Baldr le bon. Mais il est maintenu à toute force par les héros (Völundr, Sigurdr, déjà évoqués), par Týr, qui incarne l'exercice souverain, fondé en droit, de la force, et surtout par Pórr, personnification du tonnerre par son arme, le « marteau » Mjöllnir (la foudre), qui incarne la force et la guerre, assurément, mais encore la fécondité (la pluie suivant l'orage) et aussi la magie. Quant à Baldr, dont la figure statique détonne un peu dans cet univers, si ce n'est pas un avatar passablement dévalué d'un archétype inconnu, il peut être envisagé, dans ce monde mental où prévaut partout une dialectique antinomique, comme l'expression de l'idée du repos, de la beauté, de la bonté indispensables à l'aperception de la tension, de la violence partout exprimées ailleurs.

C'est d'ailleurs bien le même principe qui régit l'histoire mythique et la cosmogonie germano-nordiques. Du chaos initial, par l'affrontement antithétique entre monde obscur du froid (Niflheimr) et monde lumineux du feu (Múspellsheimr), est né l'hybride Ymir, qui engendre les géants dont descendent les dieux ; ceux-ci le tuent pour créer le monde des débris de son corps, l'organisent en domaines concentriques des dieux (Ásgardr), des hommes (Midgardr) et des géants et autres créatures monstrueuses (Útgardr), après quoi ils créent l'homme et la femme, puis les astres, le tout étant soutenu en son axe par le frêne Yggdrasill. Les premiers temps sont un âge d'or, détruit par un parjure des dieux qui provoquera la formidable bataille entre Ases et Vanes, combinée avec le meurtre de Baldr. Le monde est désormais condamné et ce sera le Destin-des-Puissances ou Ragnarök que la Völuspá, joyau de l'Edda poétique, décrit en termes dantesques. Mais cet effondrement, qu'il faut voir plutôt comme une catharsis, n'est pas définitif ; une régénération universelle s'ensuivra, le couple Líf (Vie) et LifPrasir (Vivace) ayant été miraculeusement épargné. La terre se repeuple ; Baldr renaît ; l'ordre impérissable reprend ses droits ; la force de vie perdure.

La variante « liquide » privilégie, elle, la force qui émane de la poésie, de la « science » et elle est tout entière symbolisée par Ódinn, le dieu polymorphe et difficile à cerner, dont l'essence est dite par le nom, ódr étant le furor de la transe poétique. Il est par excellence le dieu des scaldes, de l'ivresse guerrière, qu'incarnent ses guerriers-fauves ou berserkir – mais lui-même, s'il préside aux combats, il le fait autant par ses ruses et ses maléfices que par le muscle –, et de l'extase amoureuse. Ce séducteur borgne (il a mis un œil en gage chez le tout-savant géant Mímir, dont le nom signifie « mémoire » pour posséder la science sacrée, des runes notamment) préside aussi à la fertilité, par la descendance divine innombrable qu'il possède, tout comme il domine la mort par ses attributs chamaniques qui lui permettent de triompher du temps et de l'espace. Il est enfin le dieu de l'extase du secret fondamental du destin, qu'il connaît et façonne tout ensemble par ses messagères ou valkyries, également servantes du paradis où il règne, la Valhöll ou Walhalla. Ódinn est le pouvoir, qui, conscient de ses fins et dominé, part de la nature pour la recréer, l'organiser et lui conférer un sens supérieur. Eaux divinatoires, sang sacrificiel, humeurs sexuelles, tous ces éléments liquides aboutissent à ce nectar poétique dont il est l'inventeur et qui fait de lui une des figures les plus complexes et les plus élaborées que jamais panthéon païen inventa.

Auprès de lui, la variante tellurique apparaîtra simple. Tous les dieux qui précèdent appartenaient à la famille des Ases. Celle des Vanes propose des divinités évidemment agraires, où l'ordre tient à la perpétuation de la vie naturelle. Il n'est pas exclu que ce thème soit le plus ancien et le plus profond de cette mythologie qui, on le voit, n'a pas à être comprise dans le sens militaire et guerrier qu'on a trop souvent voulu lui donner par erreur. Les Vanes, outre l'énigmatique archétype Fjörgyn, sont essentiellement trois : Njördr et ses enfants, Freyr et sa parèdre Freyja, qui président à l'amour, à la joie de vivre et à la fertilité-fécondité. Là encore, la magie se taille une part importante et ce n'est pas gratuitement que Freyja règne aussi sur les morts.

Il reste que cet univers mental, peu porté à la contemplation, à la méditation et à la prière proprement dite a trouvé, pour symboliser ses rêves, une création magnifique, celle du frêne Yggdrasill. Tel qu'il est décrit ou évoqué dans de nombreux mythes, il préside à la vie, ce que disent l'agitation intense et la faune profuse qui règnent dans ses rameaux, lesquels soutiennent l'univers tout entier : c'est l'axe du monde, le « pilier géant » (Irminsul), l'universalis columna. Mais il est aussi source de tout savoir, le géant Mímir résidant à sa base ; et, surtout, il est le réservoir de toutes destinées, les Nornes, les Parques du Nord, siégeant à son ombre auprès de la source du Devenir (Urdr, qui est l'une d'entre elles). Il faut surtout voir en Yggdrasill, outre une image d'une intensité poétique évidente dont le prestige va de soi, un principe d'organisation et d'ordre, indispensable apparemment aux mentalités germano-nordiques. En fait, rien ici n'est laissé au hasard – vocable qui n'a pas de traduction en vieux norois – ; tout est littéralement animé, dominé. Rien n'est moins « barbare » que cette Weltanschauung où le mètre poétique souverain, l'incantation magique bien mesurée se retrouvent partout pour promouvoir la Vie.

Mythologie balte

Peut-être les Baltes formaient-ils, à l'origine, une communauté avec les Slaves, ce qui rendrait compte de nombreux détails de leurs croyances. Mais, qu'il s'agisse des Pruthènes, établis en Prusse, de l'embouchure de la Vistule à l'actuelle Russie blanche ; des Lituaniens, installés plus à l'est-nord-est, jusqu'au Niemen et au-delà, ou des Lettons, fixés au nord de la Dvina, nous disposons de très peu de documents, de quelque ordre qu'ils soient, pour les connaître et nous ne pouvons juger de leur paganisme que par le biais de témoignages notoirement sujets à caution : relations étrangères, homélies et rapports établis par des clercs chrétiens, folklore populaire. Ces peuplades perdirent leur autonomie sous les coups des chevaliers teutoniques (xiiie siècle) et la Réforme acheva, au xvie siècle, d'extirper ce qui faisait leur originalité.

Il n'est tout de même pas impossible de dégager des sources dont on dispose quelques caractères du paganisme balte, que l'on envisagera ici globalement, en notant, si nécessaire, des divergences propres à chacune des trois branches.

Culte de la nature et culte des morts

Le premier trait frappant est que les Baltes vouaient avant tout un culte aux forces de la nature, telles quelles ou, éventuellement, personnifiées. Peuplades agricoles, ils adoraient les arbres et les forêts, le Soleil, la Lune et les astres, et toutes sortes de quadrupèdes, y compris les crapauds. Leurs dieux et leurs démons habitaient les champs, les lacs et les rivières : c'étaient les velè, les kaukis ou nains, les laume (féminin), tous tutélaires. Aussi ne leur connaît-on guère de temples : les forêts sacrées ou alkas leur en tenaient lieu. Ce culte prend chez les Lettons un caractère très marqué avec les « mères » ou mate, dont l'existence renvoie sans doute à une déesse-mère primordiale et qui portent des noms parlants : Laukamat (mère des champs), Mezamat (des bois), Lopemat (du bétail), Jurasmat (de la mer), Darzamat (des jardins), Vejamat (du vent), etc. Le jésuite Stribing rapporte, en 1606, que les Livoniens font des offrandes « à certains arbres et à certains bois. Ces arbres sont réputés sacrés ». Les Pruthènes et surtout les Lituaniens semblent avoir vénéré plus spécialement le feu. Le dieu lituanien Telavel offre une variante locale du fameux forgeron céleste, fabricateur du Soleil (saule, substitutif féminin qui signifie aussi « petite mère ») au moyen d'un marteau géant, objet d'un culte propre. L'arc-en-ciel est également divinisé sous le nom de Diviriks et le foyer domestique a ses esprits, incarnés par des serpents. Il est probable que le culte du feu était en relation étroite avec les opérations divinatoires fort en honneur chez les Baltes. Il a peut-être existé un corps spécialisé de prêtres pour interpréter les arrêts du feu.

Par le biais de la réincarnation en laquelle croyaient les Baltes, ou de la transmigration des âmes, cette vénération des forces naturelles s'apparente étroitement au culte des ancêtres, qui a joui d'une faveur particulière. Les morts étaient incinérés selon un rituel précis, des offrandes étaient faites à leurs mânes dans les cimetières. Car ils étaient censés revenir, sous des formes animales, de leur royaume : par là s'établissait un incessant mouvement de circulation qui expliquerait que les Baltes professaient un assez grand mépris de la mort. Il est remarquable que, chez les Lettons par exemple, le culte des morts ait été célébré précisément dans les forêts sacrées. Et Stribing rapporte une formule propitiatoire à eux adressée dont la substance est « souvenez-vous de nous », en précisant qu'ils pensent que les âmes « prennent partiellement la forme de loups et d'ours, partiellement de dieux ».

Des divinités tardivement individualisées

Culte des forces de la nature, culte des morts : les deux ont en commun une manière d'absence d'individualisations qui rend très bien compte du grand nombre de déités au collectif que l'on rencontre dans cette mythologie. Ainsi, chez les Pruthènes, parle-t-on, au collectif, de deïvaï, de kaukaï, d'aitvaraï. De même, les Lituaniens connaissent une foule de loups-garous ou de sorcières : lauma, deiva, ragana.

On peut présumer que c'est à un stade plus récent de l'histoire qu'apparaissent quelques divinités, cette fois nettement individualisées. Tel est en tout cas le fait du seul grand dieu connu de tous les Baltes, Perkunas (dont le nom est en relation étymologique avec le latin quercus, le chêne, le norrois Fjörgyn/n/, dieu de toute vie [slave Perun-Perkun]), dieu des cieux, de la foudre notamment et de la guerre, qui doit être l'avatar balte du grand dieu suprême indo-européen ; de Zempat, maître de la terre chez les Pruthènes ; de Laukosargas, gardien des champs et protecteur du blé, qui est peut-être le même que le Kurke cité dans une source du xiiie siècle, auquel il convenait d'offrir la dernière gerbe fauchée (toujours chez les Pruthènes), et du dieu lituanien Nonadey, outre ceux qui ont été mentionnés plus haut et auxquels on ajoutera encore l'étrange Meiden lituanien, un dieu-lièvre hantant les forêts, s'il n'est pas tout simplement emprunté aux Slaves, tout comme, chez les Lituaniens encore, cette déesse Zvoruna, « la chienne » : F. Vyncke voit dans ces figures des cas de totémisme. Il se peut, mais nous y verrions plus volontiers des illustrations de cette transmigration des âmes évoquée précédemment.

Il reste à dire que, tout comme chez les Germains et les Nordiques, le culte, souvent évoqué ici, a dû jouer un rôle primordial chez les Baltes, si tant est qu'il n'ait pas tout bonnement constitué le caractère essentiel de leur religion. Peu intellectuelle, peu anthropomorphique, elle se connaissait, sans doute, par excellence, dans les trois opérations majeures du culte : l'offrande ou le sacrifice (de boucs, bœufs, truies, chevaux, de préférence noirs chez les Pruthènes, nous dit-on, voire d'êtres humains, encore qu'ici par excellence, la collusion avec le monde germanique soit probable) ; la divination, déjà notée, qui tenait une place de premier ordre chez ces peuples étroitement liés à la terre et aux caprices des éléments naturels sous des latitudes inclémentes ; le banquet ou snike, qui resserre l'âme de la communauté échauffée par l'hydromel et donne lieu à des jeux et des danses, vigoureusement proscrits ensuite par le christianisme.

La vénération du Destin

On fera une dernière remarque : comme toutes les mythologies ayant un caractère relativement primitif et conçues par des peuplades que les circonstances de temps et de lieu obligeaient à l'action, le Destin a dû tenir un rang non négligeable, le plus important peut-être, dans l'univers mental des Baltes. Il y a un rapport évident à établir entre les laume pruthènes, entités tutélaires attachées aux eaux et aux forêts, les laima lituaniennes, expressément chargées de veiller aux destinées individuelles ou claniques (et l'on notera que le mot laima signifie à la fois bonheur et destin, comme le slave rožanica), et la déesse lettone Laima, « c'est-à-dire la Fortune ou déesse du bonheur », dit P. Einhorn.

L'intérêt majeur de cette mythologie est double. En diachronie, il semble bien que, pour être bien indo-européenne, elle ait conservé, peut-être pour des raisons d'éloignement géographique, peut-être parce qu'elle se trouvait mieux enracinée et structurée au moment de l'arrivée des Indo-Européens, un certain nombre de traits évidemment archaïques qui, mieux qu'ailleurs, apparemment, nous permettent d'entrevoir ce qu'a pu être le fond autochtone qu'ont recouvert les envahisseurs : culte solaire, fertilité-fécondité, vitalisme, révérence pour un Destin actif en seraient les composantes profondes. En second lieu, et pour des motifs que suffit à élucider la géographie, l'étude de ce paganisme est intéressante parce qu'elle permet d'établir une filiation ou de suivre une continuité entre le monde mental des Slaves et celui des Germano-Nordiques. Dans une histoire, qui reste à écrire, de l'évolution de la Weltanschauung indo-européenne dans le temps et dans l'espace, en fonction des cultures successivement subjuguées par la nouvelle venue, le monde balte, si mal connu, nous fournirait un missing link appréciable.

En somme, la mythologie balte ne semble pas avoir dépassé un stade relativement simple et naturel, où le culte de la nature et le culte des morts, celui-ci informant celui-là, donnent lieu à des manifestations communielles dont le but est finalement de concilier les rigueurs du Destin.

Mythologies des Slaves

Pour tenter de décrire ce que fut la mythologie des Slaves, il faudrait être mieux informé, d'abord, sur la personnalité même de ces peuples – et l'histoire comme l'archéologie sont, à cet égard, d'une fâcheuse indigence ; en second lieu, nous manquons de sources sûres, les principaux documents écrits sur lesquels il nous faut nous fonder émanant d'observateurs étrangers qui ont écrit à une époque récente (Procope de Césarée : De bello gothico, iii, 14, vie s. ; Saxo Grammaticus : Gesta Danorum, fin xiie s. ; Adam de Brême : Gesta Hammaburgensis, fin xie s. ; Côme de Prague : Chronica Boemorum, début xiie s. ; Knytlinga saga noroise, fin xiiie s.) ou de témoins prévenus, sinon hostiles, parce que chrétiens (divers homiliaires comme celui, tchèque, d'Opatovice ; la Chronique de Thietmar de Merseburg, vers 1015 et la Chronique des Slaves du curé Helmold, vers 1170), quand ils ne sont pas fragmentaires (telle la Chronique dite Primaire ou de Nestor, qui a été écrite au xiie siècle et ne s'intéresse qu'à une partie des Slaves). Reste un folklore très riche et très vivant mais qui pose, ici comme ailleurs, de délicats problèmes d'interprétation.

L'archéologie pourrait également nous aider, mais les quelques sanctuaires exhumés, à Rügen en particulier, ou à Ptuj en Slovénie, les idoles de Husiatyn, en Galicie (une tête à quatre faces perchée au haut d'une colonne carrée de 2,70 m de haut) restent d'une authenticité « slave » contestée.

De plus, il convient, en raison des contacts et influences subis, de distinguer entre Slaves méridionaux, orientaux et occidentaux ; mais il est souvent difficile de dégager les traits spécifiques de chaque groupe au-delà des collusions étroites avec les cultures, respectivement byzantine, celtique et germanique. Ainsi, le rôle que joue le coq, bien attesté partout, pourrait remonter aux Celtes ; la divinité Mokoš évoque bien fort la Grande Déesse scythe ; l'oiseau-dieu Simurgh ne peut guère qu'avoir été emprunté au bestiaire iranien par l'intermédiaire des Sarmates, et le chamanisme informe tout un complexe de représentations, métamorphiques notamment.

On tentera ici, à titre d'hypothèse, de discerner quelques grands caractères communs à cespeuplades, incontestablement indo-européennes, à l'origine agricoles, sédentaires et foncièrement pacifiques, dont la seule constante est un culte prononcé de la famille, au sens large (rod, pluriel rody). Il n'est pas impossible non plus de retracer, diachroniquement, une évolution plausible.

Du culte des ancêtres à celui de la nature

En premier lieu, il semble que le stade archaïque, primitif de cette religion ait été le mânisme : un texte russe du xie siècle établit que les Slaves (orientaux en l'occurrence, mais la généralisation est permise) sacrifièrent « d'abord » aux rody et aux rožanicy (dérivé du précédent – les deux mots désignant les mânes ou esprits des ancêtres défunts), puis « aux fleuves, aux nymphes et à d'autres esprits », enfin « à Perun, leur Dieu ». C'est ce que dit Procope de Césarée : « Ils considèrent qu'un seul dieu, le créateur de l'éclair, est le maître du monde ; ils lui offrent en sacrifice des bœufs et autres animaux [...]. Ils offrent aussi un culte aux fleuves, aux nymphes et à d'autres esprits. » En bons Indo-Européens, ils ne mettaient pas en doute l'existence d'une vie après la mort, ce qu'atteste l'archéologie des tombes où le défunt était pourvu de tous les biens nécessaires à son autre existence. Et sans doute croyaient-ils en la réincarnation, la continuité du clan familial étant ainsi assurée par l'éternel retour des défunts.

Par la suite, d'ailleurs, l'individualisation atteindra les rody (Rod, avec une majuscule, sera une divinité mâle) et, partiellement, les rožanicy, conçus collectivement comme les bénéficiaires d'un grand festin au solstice d'hiver. Lorsque le culte de la « grande famille » ou zadrouga paraît en pleine lumière, les esprits des ancêtres se retrouvent, toujours de façon collective, dans les domovoï (littéralement, protecteurs) et, sous forme dégradée, dans les vampires – beregyni ou rusalki – qui, tous, à des degrés divers, ont joui d'un culte propre et ont traversé les siècles. Il s'ensuit encore que la magie a dû jouer un rôle de premier plan, à ce stade, le Slave ancien paraissant évoluer dans un univers de doubles où toutes les interpénétrations et transfusions étaient possibles. Il suffit de lire ce que dit Hérodote (Histoires, iv, 105) des Neures, probablement une tribu slave : « Une fois par an, tout Neure devient pendant quelques jours un loup, après quoi il reprend sa première forme. »

On peut supposer, en deuxième lieu, que, dans une sorte de panthéisme brut, ce mânisme ne s'est pas nettement distingué d'un naturalisme ou d'un animisme qui, ensuite, tendit à se dégager et à exister pour lui-même. Certains témoignages donneraient à penser, en tout cas, que rochers, sources, arbres, feu, etc. ont bénéficié de dévotions particulières. Le soleil, notamment, a pu être adoré en soi et certaines déités plus récentes n'en seraient que des émanations spécialisées : ainsi Jarilo (le soleil éclatant), Ivan Kupalo (le soleil couchant), Svarog (le feu), Perun (la foudre), sans parler de l'oiseau solaire, Simargl. L'eau aurait semblablement suscité Mokoš, le vent, Sviatovit ou Sventovit avec ses quatre faces, la terre, Volos. Et le deus otiosus du ciel lumineux que sera Svarog (dont Svarožic est dérivé) a dû naître à cette époque. De même, c'est toujours en relation avec les forces naturelles qu'apparaissent les innombrables cohortes de divinités indifférenciées, tutélaires de la maison (domovoï, dvorniki ou kikimori), des bois (lešii), des eaux (vodjanoï, rusalki). Sans doute faisaient-elles l'objet d'un culte spécifique, le culte en tant que tel paraissant bien avoir été l'expression même et, à la limite, le tout d'une religion qui se connaissait dans ces actes signifiants. On ajoutera que, dans ces opérations rituelles, le destin a dû jouer un rôle de tout premier plan, notamment en raison de l'importance que la divination, la consultation et l'interprétation des augures ont gardée jusqu'au xiie siècle au moins, époque où Saxo Grammaticus attire notre attention sur le fait.

Des divinités multiformes

En troisième et dernier lieu, selon un processus bien connu, intervient une anthropomorphisation, une individualisation de ces forces ou de ces esprits. À compter des xe-xie siècles, semble-t-il, on est en droit de parler de panthéons dans l'acception classée du terme. On voit alors, aussi, se détacher d'un fond commun quelques spécialisations que nous allons évoquer. Mais il convient d'attirer l'attention sur le type de relations que le Slave institue avec sa divinité et qui relève de l'affection, non de la terreur : il lui parle avec tendresse, sur un mode un peu puéril, l'appelle par son diminutif, la flatte volontiers.

A dû être vénéré par tous les Slaves, en qualité de dieu suprême, Svarog (dont Svarožic et Dažbog, plus tard adorés pour eux-mêmes, ne seraient initialement que des dérivés, voire de simples épithètes). C'est lui, sans doute, qui a suscité l'érection de quelques-uns des grands temples dont l'archéologie a retrouvé les vestiges, par exemple à Stettin, Wollin, Wolgast, et surtout Arcona et Garz, dans l'île de Rügen.

Les Slaves orientaux, s'il faut en croire la Chronique de Nestor, malheureusement coupable de confusions évidentes avec la réalité scandinave, auraient adoré premièrement Perun (ou Perkin), dieu du ciel et de l'orage, partant, de la fertilité-fécondité : il reprendrait les attributs de Rod. Sous un aspect plus intellectuel, Svarog (mot qui se rapporte au thème suer : lier – le fait de « lier » par le feu étant l'apanage du forgeron-solaire-merveilleux, du magicien-omnipotent) reprendrait la même idée. Mološ, la seule déesse slave que nous connaissions, s'intéresserait plus nettement aux activités végétatives, au commerce et à sa réglementation.

Les Slaves des rivages de la Baltique proposent d'autres dénominations pour des entités vraisemblablement homologues. Ici, le dieu suprême solaire s'appelle Sventovit, dont la figure semble, toutefois, moins « populaire », plus aristocratique (-vit renvoie à « seigneur »), tant en soi que dans ses diverses hypostases telles que Iarovit (de jar- : fort, furieux), Porevit (de por- : puissance) ou Rujevit (de ruj- : le rut). Svent- convoyant l'idée d'énergie, il se pourrait que nous sortions ici, quelque peu, du domaine de la troisième fonction pour amorcer un glissement vers un complexe d'idées plus martiales. Sventovit (ou Svantevit) sera tenu pour le dieu de la guerre, mais il ne paraît pas raisonnable d'exagérer l'importance de cette dénomination. En revanche, un point doit retenir l'attention : la plupart des figurations que nous avons retrouvées de ce dieu sont à plusieurs faces, comme en témoigne encore le nom même du dieu poméranien Triglav (cf. le polonais moderne trzy : trois, głowa : tête). Selon toute vraisemblance, cette diversité doit symboliser la nature multiple de ces déités, soit qu'elles aient été censées réunir sous leur puissance tous les mondes – ciel, terre, lieux souterrains et univers des esprits –, soit qu'elles aient voulu réunir ainsi les quatre éléments auxquels elles présidaient d'autre part.

On éprouve donc, en toute cette question de la mythologie des Slaves, de grandes difficultés à tenter d'isoler l'individuel du collectif ou à vouloir distinguer clairement, parmi des séries (Svarog-Svarožic-Dažbog-Stribog, ou Sventovit-Iarovit-Porevit-Rujevit), la divinité fondamentale. Peut-être faudrait-il conclure que, fidèles aux orientations mânistes et/ou naturalistes, au collectif, que nous avons décelées dès les origines, les Slaves n'ont jamais vraiment cessé d'envisager leurs divinités sous forme plurielle, trait qui relèverait d'une mentalité profondément attachée au syncrétisme, lui-même né d'une sorte d'impossibilité à transcender une vision du monde où le soleil, l'air, l'eau et la terre constituent un fond indissociable.

On insistera sur un dernier détail, déjà suggéré. Un examen même rapide de la religion des Slaves amène à mettre en lumière un caractère inattendu : l'extrême ressemblance, sur presque tous les points fondamentaux, qu'elle présente avec la religion nordique ancienne. Cela peut tenir à la nature de nos sources d'information, bien entendu ; cela pourrait aussi venir d'une communauté mentale plus intime entre les deux univers religieux qu'on ne l'a pensé jusqu'ici. Car ce que nous pouvons dégager de plus profond – l'amour déclaré de la paix joint au respect essentiel de la famille et des ancêtres – convient aussi bien aux Slaves qu'aux Nordiques.

—  Régis BOYER

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Écrit par :

  • : agrégé de grammaire, docteur d'État, maître de recherche au C.N.R.S., chargé de conférences à l'École pratique des hautes études (IVe section)
  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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  • Écrit par 
  • Mircea ELIADE
  •  • 5 086 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Création par la pensée, la parole et l'échauffement d'un dieu »  : […] Selon un mythe des Indiens Winnebago, le Père créa le monde par la pensée. Il pensa et désira la lumière et la Terre – et la lumière et la Terre apparurent. Les Omaha estiment que « au commencement, toutes les choses étaient dans la pensée de Wakonda. Toutes les créatures, l'homme inclus, étaient des esprits. » Finalement Wakonda créa la Terre, et alors « les esprits descendirent et devinrent cha […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/creation-les-mythes-de-la-creation/#i_13417

CULTURE - Culture de masse

  • Écrit par 
  • Edgar MORIN
  •  • 7 498 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'Olympe et le bonheur »  : […] Il y a en fait trois étapes décisives de la culture de masse. La première (19001930 env.) fait de celle-ci avant tout une culture de divertissement-évasion pour publics populaires. Elle est marquée par l'âge du cinéma muet. Celui-ci est l'héritier du roman-feuilleton du xix e  siècle, qui est lui-même l'héritier des légendes et épopées archaïques […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/culture-culture-de-masse/#i_13417

DÉLUGE MYTHES DU

  • Écrit par 
  • Mircea ELIADE
  •  • 2 089 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Des mythes presque universellement répandus »  : […] L'histoire biblique du Déluge (Genèse, vi , 5 ; viii , 22) représente la fusion de deux versions indépendantes. Les Hébreux ont, très probablement, emprunté le mythe aux Babyloniens. Mais le thème du Déluge est encore plus ancien puisqu'il est déjà attesté chez les Sumériens, comme le prouvent les textes traduits p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mythes-du-deluge/#i_13417

DÉMONOLOGIE

  • Écrit par 
  • René ALLEAU
  •  • 2 914 mots

La démonologie, du grec daimôn « démon » et logos « traité, discours », est la science qui traite de la nature des démons. Elle ne doit pas être confondue avec la démonomanie (du grec daimôn , et mania , « fureur, délire ») qui désigne soit la croyance superstitieuse aux démons, soit une forme d'aliénation me […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/demonologie/#i_13417

DIEU FILS DE

  • Écrit par 
  • André PAUL
  •  • 614 mots
  •  • 2 médias

L'origine de la notion et du titre Fils de Dieu est à chercher dans les anciennes religions orientales. Dans la mythologie antique, l'expression « fils de dieu » désignait les dieux fils d'une divinité plus importante : en Phénicie, Baal et Mot étaient fils de El, le dieu suprême ; en Babylonie, Sin était fils d'Anu ; ou bien les demi-dieux (Gilgamesh) ou encore les rois et certains hommes aux ver […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fils-de-dieu/#i_13417

DOGON

  • Écrit par 
  • Jacques MAQUET
  •  • 1 487 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Cadres sociaux »  : […] La famille étendue, ou ginna , se compose de tous les descendants d'un même ancêtre en ligne masculine. Chaque ginna possède collectivement un ensemble de maisons et de champs dont la propriété est inaliénable. Ces biens sont gérés par l'homme le plus âgé qui habite la grande maison, symbole de la lignée, la femme appartient au ginna […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dogon/#i_13417

DUALISME

  • Écrit par 
  • Simone PÉTREMENT
  •  • 6 146 mots

Dans le chapitre « Religions antiques »  : […] On a souvent tenu pour dualiste la religion de l'Égypte ancienne. En effet, dans la religion solaire de l'Égypte, Rê, le soleil, principe de vie et de vérité, a pour adversaire perpétuel Apophis, le gigantesque serpent de l'ombre. Dans le mythe d'Osiris, Seth, dieu malfaisant, tue Osiris et s'oppose ensuite à Isis et à Horus. Cependant Rê, ou un autre dieu bon, pouvait être représenté comme le cr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dualisme/#i_13417

EAUX SYMBOLISME DES

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 4 077 mots
  •  • 1 média

Au premier abord, le symbolisme des eaux semble le type même du symbolisme pluriel, voire du rassemblement de symboles contradictoires : Bachelard a bien montré dans un essai célèbre, L'Eau et les rêves , combien les axes de symbolisation proposés par l'élément liquide étaient divergents. À l'eau calme s'oppose l'eau rapide comme à l'étang la cascade, à l'eau lustrale du bap […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/symbolisme-des-eaux/#i_13417

EDDAS

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 3 951 mots

Lorsque, en 1643, l'évêque Brynjólfur Sveinsson de Skálholt découvrit en Islande le manuscrit, connu sous le nom de Codex Regius , qui contient les poèmes de l'ancienne Edda , il ne se doutait peut-être pas qu'il venait de mettre la main sur un des textes les plus précieux, non seulement pour les nations germaniques dans leur ensemble, mais aussi pour la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eddas/#i_13417

EDDAS (anonyme) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 855 mots

Dans le chapitre « L'Edda poétique : un creuset de légendes »  : […] On appelle Edda poétique (ce terme admet diverses étymologies, la plus probable renvoyant à l'idée de composer de la poésie) un recueil d'une trentaine de poèmes rédigés selon les règles contraignantes de la poétique scaldique (poésie scandinave), dus à des Islandais mais certainement fondés sur des assises norvégiennes, danoises et pangermaniques. Ces textes rapportent les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eddas-anonyme/#i_13417

ÉGYPTE ANTIQUE (Civilisation) - La religion

  • Écrit par 
  • Jean VERCOUTTER
  •  • 11 361 mots
  •  • 24 médias

Dans le chapitre « Les cosmogonies »  : […] D'autre part, les Égyptiens ont opéré eux-mêmes des regroupements de leurs dieux, d'une double façon : par famille, à l'intérieur d'un même nome ou d'un sanctuaire, ce sont les « triades » ; et en plus grands ensembles, ce sont les « ennéades ». La triade est un groupe immuable : père, mère, fils, à l'image de la famille humaine. L'exemple le plus connu est la triade thébaine composée d' Amon, le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/egypte-antique-civilisation-la-religion/#i_13417

ENFERS ET PARADIS

  • Écrit par 
  • Olivier CLÉMENT, 
  • Mircea ELIADE
  •  • 6 307 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'autre monde selon Homère »  : […] Dans la Grèce ancienne, on croyait que les âmes des morts descendaient du tombeau dans l' Hadès, vaste caverne qui s'étendait à l'intérieur de la terre. Là régnaient les dieux de l'enfer. Au-delà de l'Océan, se trouvaient les îles Fortunées, où étaient miraculeusement transportés les héros. Homère décrit les ombres des morts plongées dans une torpeur à demi consciente : elles ne retrouvaient leur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enfers-et-paradis/#i_13417

ÉPOPÉE

  • Écrit par 
  • Emmanuèle BAUMGARTNER, 
  • Maria COUROUCLI, 
  • Jocelyne FERNANDEZ, 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT, 
  • Altan GOKALP, 
  • Roberte Nicole HAMAYON, 
  • François MACÉ, 
  • Nicole REVEL, 
  • Christiane SEYDOU
  •  • 11 798 mots
  •  • 6 médias

Proche du mythe, l'épopée chante l'histoire d'une tradition, un complexe de représentations sociales, politiques, religieuses, un code moral, une esthétique. À travers le récit des épreuves et des hauts faits d'un héros ou d'une héroïne, elle met en lumière un monde total, une réalité vivante, un savoir sur le monde. Dans le procès de communication et de transmission, les sociétés « traditionnelle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epopee/#i_13417

FRAZER JAMES GEORGE (1854-1941)

  • Écrit par 
  • Nicole BELMONT
  •  • 3 467 mots

Dans le chapitre « Le « Rameau d'or » »  : […] L'essentiel de la gloire dont a joui Frazer provient de son grand ouvrage Le Rameau d'or ( The Golden Bough ), qui révéla à un public nombreux une discipline encore jeune, l'anthropologie sociale, mais aussi et surtout l'univers étrange et fascinant des croyances, des coutumes, des rituels et des mythes des peuples primitifs. La genèse de l'œuvre s'éten […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/james-george-frazer/#i_13417

GAULE

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DEMOULE, 
  • Jean-Jacques HATT
  •  • 26 409 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Mythologie »  : […] Les comparaisons que l'on a pu faire entre le plus complet et le plus expressif des monuments religieux de la période indépendante, le chaudron de Gundestrup, et les plus anciens documents gallo-romains (le pilier des Nautes de Paris, la triade de Saintes, le pilier de Mavilly) ont permis de restituer un cycle mythologique gaulois. Le récit légendaire ainsi reconstitué met en scène une grande dée […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gaule/#i_13417

GILGAMESH

  • Écrit par 
  • Jean-Daniel FOREST
  •  • 1 978 mots
  •  • 1 média

Gilgamesh serait un roi d'Uruk, une des principales cités sumériennes de Mésopotamie (la plaine alluviale du Tigre et de l'Euphrate, dans l'actuel Irak), et aurait régné aux environs de 2500 avant notre ère. Il a probablement existé, mais nous n'en avons aucune trace historique, et nous ne connaissons le personnage qu'à travers une série de récits légendaires, dont l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gilgamesh/#i_13417

GRANDE MÈRE DES DIEUX

  • Écrit par 
  • Richard GOULET
  •  • 791 mots

Divinité orientale et gréco-romaine connue habituellement sous le nom de Cybèle dans la littérature de la Grèce et de Rome depuis le v e siècle environ, la Grande Mère des dieux avait également plusieurs autres appellations, certaines de celles-ci provenant de lieux célèbres où l'on rendait un culte à cette divinité (ainsi Dindymène, du mont Dind […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grande-mere-des-dieux/#i_13417

GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - La religion grecque

  • Écrit par 
  • André-Jean FESTUGIÈRE, 
  • Pierre LÉVÊQUE
  •  • 20 051 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « La période mycénienne »  : […] C'est un bouleversement complet qu'entraîne la conquête de la Grèce par les Grecs, Indo-Européens qui apportent avec eux un héritage spirituel profondément différent de celui de la Méditerranée préhellénique : leur religion patriarcale privilégie les dieux par rapport aux déesses et honore essentiellement non les divinités chthoniennes (de la terre), mais les dieux ouraniens (du ciel). C'est alor […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grece-antique-civilisation-la-religion-grecque/#i_13417

HÉSIODE (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Marcel DETIENNE
  •  • 2 495 mots

Dans le chapitre « La Théogonie : un mythe de souveraineté »  : […] Dès les premiers vers de la Théogonie (Θεογονία, généalogie des dieux), Hésiode s'affirme comme un poète inspiré, que les Muses ont choisi pour dire « ce qui sera et ce qui fut », et pour célébrer « la race de bienheureux toujours vivants ». Si l'on voulait ne voir dans cette affirmation qu'une référence banale à la vocation poétique, on commettrait le plus grave des contr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hesiode/#i_13417

INDO-EUROPÉEN

  • Écrit par 
  • Guy JUCQUOIS
  •  • 7 980 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Premiers travaux »  : […] La découverte de la parenté de ces langues a été en quelque sorte une conséquence directe de la rencontre, au xvi e  siècle, entre l'Occident et les langues de la Perse et de l'Inde. En effet, aussitôt que les relations régulières établies entre l'Orient et l'Europe ont donné à quelques Européens l'occasion de connaître le persan et le sanskrit, i […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/indo-europeen/#i_13417

INDO-EUROPÉENS (archéologie)

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DEMOULE
  •  • 5 144 mots

Dans le chapitre « La mythologie comparée »  : […] L'effondrement du III e  Reich portera un sérieux discrédit à la théorie nordique et, pendant le quart de siècle suivant, les études indo-européennes délaisseront la recherche du berceau originel. En outre, la méthode structuraliste avait dans le même temps permis d'ouvrir, avec les travaux d'Émile Benveniste et de Georges Dumézil, de nouvelles pistes, en se limitant stri […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/indo-europeens/#i_13417

KĀMA

  • Écrit par 
  • Charles MALAMOUD
  •  • 4 146 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Mythologie »  : […] À la différence des autres « Buts de l'homme » qui, lorsqu'ils sont personnifiés, ne sont guère que des allégories (Dharma, cependant, associé à la mort, a parfois quelque consistance), Kāma est véritablement, dans la mythologie hindoue, une personne divine. Le thème principal, et quasi unique, de la mythologie de Kāma est l'événement qui a valu à ce dieu des corps le nom de « Sans corps », Ana […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kama/#i_13417

LABYRINTHE

  • Écrit par 
  • Baldine SAINT GIRONS
  •  • 977 mots
  •  • 1 média

La constance du signe et de la représentation labyrinthiques à travers les âges et les civilisations n'est plus à démontrer. Reste néanmoins à ordonner les éléments de ce complexe mythique dont le foisonnement semble rebelle à toute explication. Grotte dont les méandres se dissimulent au regard, souterrain dont les stalactites barrent les issues, entailles inquiétantes et adorées de l'épouse-mère, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/labyrinthe/#i_13417

LÉDA, iconographie

  • Écrit par 
  • Martine VASSELIN
  •  • 1 181 mots
  •  • 1 média

Dans la Bibliothèque d'Apollodore d'Athènes (~ 180), dans l' Hélène d'Euripide, les Fables d'Hygin et les Dialogues de Lucien, on trouve plusieurs versions de la légende des amours de Zeus déguisé en cygne et de Léda, épouse du roi Tyndare de Lacédémone. Selon la version la plus répandue, le fruit de ces am […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/leda-iconographie/#i_13417

LIVRET, musique

  • Écrit par 
  • Jean-Michel BRÈQUE, 
  • Elizabeth GIULIANI, 
  • Jean-Paul HOLSTEIN, 
  • Danielle PORTE, 
  • Gilles de VAN
  •  • 10 877 mots

Dans le chapitre « Émotion et magie »  : […] L'opéra se nourrit ainsi de figures symboliques, que l'éloignement dans le temps a transformées en mythes, et qui sont donc aptes à incarner – magnifiées par le décor, le chant et la musique – les idées-forces que le librettiste tient à exprimer. C'est cette distance qui sublime ce qui fut simple geste ou simple sentiment d'homme et le fait échapper à un quotidien sans grandeur. Un fait divers at […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/livret-musique/#i_13417

MÉSOPOTAMIE - La religion

  • Écrit par 
  • Jean BOTTERO, 
  • Jean-Jacques GLASSNER
  •  • 6 449 mots

Dans le chapitre « L'idéologie et les mythes »  : […] Les documents qui rendent le mieux les représentations que l'on se faisait de l'ordre surnaturel en lui-même, des dieux, pris singulièrement ou en corps, des rapports de ces dieux entre eux ou avec le monde et les hommes, ce sont avant tout les mythes. C'est, en effet, par recours aux « imaginations calculées » de la mythologie que l'on construisait les réponses vraisemblables, et comme telles s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mesopotamie-la-religion/#i_13417

MÉTAMORPHOSE

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 305 mots
  •  • 1 média

L'imaginaire de la métamorphose recouvre tous les aspects de la connaissance symbolique : les mythologies, les récits sacrés, les cultes à mystères, les contes et légendes, les folklores, les rêves, les fantasmes, les inventions littéraires, etc. La métamorphose est la voie privilégiée des théophanies. Les dieux ou déesses se métamorphosent et métamorphosent les êtres mortels sous toutes les forme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/metamorphose/#i_13417

LES MÉTAMORPHOSES, Ovide - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean-François PÉPIN
  •  • 850 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le cycle des métamorphoses »  : […] Il est particulièrement difficile d'envisager un résumé des Métamorphoses , tant l'inspiration poétique s'y montre protéiforme. Ovide y traite des dieux, puis de la venue à l'existence des hommes, par groupes de fables rassemblées selon un ordre chronologique ou topographique. L'ensemble de la mythologie gréco-latine est évoqué, au travers des destins de Lycaon, Deucalion, P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-metamorphoses/#i_13417

MYTHE - L'interprétation philosophique

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 12 830 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le mythe comme récit des origines »  : […] Si le mythe est un discours, c'est-à-dire une suite d'énonciations ou de phrases qui portent sens et référence, il faut admettre que le mythe dit quelque chose sur quelque chose. C'est ce dit du dire qu'il faut maintenant isoler. On adoptera ici l'hypothèse de travail selon laquelle le mythe est un « récit des origines ». Ce caractère n'a pas été dégagé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mythe-l-interpretation-philosophique/#i_13417

MYTHE - Épistémologie des mythes

  • Écrit par 
  • Marcel DETIENNE
  •  • 8 612 mots
  •  • 1 média

Après la grande marée structuraliste, sans doute faut-il interroger le statut ambigu de ce que nous appelons «  mythologie », d'un mot où, dans notre usage linguistique, s'entrecroisent deux discours dont le second parle du premier et relève de l'interprétation. Car, par mythologie, nous désignons aussi spontanément un ensemble d'énoncés discursifs et de pratiques narratives – récits et histoires […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mythe-epistemologie-des-mythes/#i_13417

NAISSANCE & RENAISSANCE

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 424 mots

La mort ne s'oppose pas à la vie, mais à la naissance. La mort comme la naissance font partie de la vie. C'est à chaque instant qu'un organisme meurt et naît, par l'équilibre homéostasique entre les processus vitaux de désorganisation et de réorganisation. La vie apparaît ainsi comme une renaissance perpétuelle à partir de soi-même. Naissance et mort ne sont que deux aspects, ou deux moments, d'un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/naissance-et-renaissance/#i_13417

ODIN, ÓDHINN, WOTAN ou WODEN

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 770 mots

Le principal dieu ase de la mythologie scandinave s'appelle Odin et il est bien attesté également (Wotan) dans tout le domaine germanique continental et anglo-saxon (Woden). Il a donné son nom au mercredi (island., ódinsdagr  ; vha., Wuotanesdac  ; angl., wednesday  ; suéd., onsdag ), ce qui justifie l'identifi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/odin-odhinn-wotan-woden/#i_13417

OURANIENS DIEUX

  • Écrit par 
  • Robert DAVREU
  •  • 848 mots

Par ouranien, on entend ce qui appartient au ciel, à la voûte céleste, en tant que région privilégiée, espace par excellence de la manifestation du sacré. Il se pourrait même que ce soit la contemplation du firmament qui ait primitivement éveillé chez les hommes le sentiment religieux de la transcendance, comme en témoigne la quasi-universalité des croyances en un Être divin céleste, créateur de l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dieux-ouraniens/#i_13417

OVIDE (43 av. J.-C. - 17 apr. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Simone VIARRE
  •  • 1 400 mots

Dans le chapitre « Musée imaginaire de la mythologie »  : […] Ici et là, dans ce premier groupe d'œuvres, apparaissaient des souvenirs de la mythologie grecque. Les Métamorphoses – quinze livres d'hexamètres dactyliques – sont l'épopée du mythe gréco-latin, en même temps que celle de l'amour et surtout du devenir. Justifiée au livre XV par un discours du philosophe Pythagore sur l'interdiction de manger de la viande, l'évolution du mon […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ovide/#i_13417

POLYTHÉISME

  • Écrit par 
  • Marcel DETIENNE
  •  • 4 132 mots

Dans le chapitre « Les structures élémentaires des panthéons »  : […] Des ensembles polythéistes, en général, on peut dire, d'une part, qu'ils constituent des systèmes de classification de puissances et de pouvoirs ; de l'autre, que ce sont des modes de pensée étroitement intriqués dans l'organisation et le fonctionnement du social et du politique. L'hypothèse initiale est qu'un panthéon n'est ni une troupe confuse, ni la juxtaposition artificielle de personnalités […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/polytheisme/#i_13417

QUETZALCÓATL

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 776 mots
  •  • 4 médias

De quetzalli (plume précieuse) et cóatl (serpent), Quetzalcóatl désigne le Serpent à plumes, l'une des principales divinités du panthéon de l'ancien Mexique. On en trouve des représentations dès la civilisation de Teotihuacán ( iii e - viii e s.) du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/quetzalcoatl/#i_13417

ROME ET EMPIRE ROMAIN - La religion romaine

  • Écrit par 
  • Pierre GRIMAL
  •  • 7 018 mots

Dans le chapitre « Les divinités »  : […] Tous ces rites avaient pour objet d'agir sur la volonté divine, le numen des dieux ; cette action était obtenue par la valeur contraignante du geste, par le sacrifice et par la prière. Pour chaque acte rituel, tous les détails sont minutieusement réglés : costume du prêtre (tête couverte ou découverte, drapé de la toge, etc.), paroles à prononcer, nature exacte de la victim […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rome-et-empire-romain-la-religion-romaine/#i_13417

SCYTHES

  • Écrit par 
  • Vadime ELISSEEFF
  •  • 3 554 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Légendes et origines »  : […] Parlant des origines des Scythes, Hérodote raconte les légendes qu'il a lui-même entendues à Olbia au cours du voyage qu'il y fit pour préparer le sixième livre de ses Histoires . L'ancêtre des Scythes serait un certain Targitaos, fils de Zeus et d'une fille du fleuve Borysthène (Dniepr) : les trois fils de ces derniers virent, un jour, tomber du ciel divers objets en or et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/scythes/#i_13417

TERRE SYMBOLISME DE LA

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 3 895 mots

Dans le chapitre « Multiplicité des polarités symboliques »  : […] La tradition sémitique et chrétienne appelle le premier homme, l'homme primordial, Adam (de l'hébreu adamah , terre labourée), et le dit puisé du limon au nombril de la terre (sous le mont Sion à Jérusalem). La terre d'où est tiré Adam est donc par elle-même le symbole de toute la création. Aussi apparaît-elle comme une synthèse des différentes polarit […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/symbolisme-de-la-terre/#i_13417

TEZCATLIPOCA

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 562 mots
  •  • 1 média

Dieu de la Grande Ourse et du ciel nocturne, d'abord divinité toltèque, Tezcatlipoca est aussi l'une des divinités essentielles du panthéon aztèque. Son culte fut introduit au Mexique central, vers la fin du x e  siècle, par les Toltèques, guerriers venus du Nord et parlant le nahuatl. De nombreux mythes racontent comment le dieu chassa le prêtre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tezcatlipoca/#i_13417

TRAJECTOIRES DU RÊVE (exposition)

  • Écrit par 
  • Guitemie MALDONADO
  •  • 903 mots

Les organisateurs de l'exposition Trajectoires de rêve, du romantisme au surréalisme ont œuvré, comme souvent au pavillon des Arts (Paris), à brouiller les frontières tissant des fils par-delà les siècles, du romantisme au surréalisme, entre la littérature et les arts plastiques, entre l'art et la science. En cela, ils se montrèrent fidèles au but qu'assignait André Breton […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/trajectoires-du-reve-exposition/#i_13417

UNIVERS (notions de base)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 4 767 mots
  •  • 17 médias

Dans le chapitre « Théories de l’Univers : de la mythologie à l'astronomie »  : […] De tout temps, les hommes ont eu besoin de représenter le monde pour affirmer leur place dans l’Univers. Le recours aux mythes a été le fondement des antiques cosmogonies, puis l’observation des astres a été la source de cosmographies et d’une réflexion sur la structure de l’Univers fondatrice de systèmes physiques : les cosmologies. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/univers-notions-de-base/#i_13417

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre-Yves LAMBERT, Régis BOYER, « MYTHOLOGIES - Dieux des peuples "barbares" », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mythologies-dieux-des-peuples-barbares/