MOELLE ÉPINIÈRE

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Les grandes fonctions médullaires

Les grandes fonctions médullaires ont déjà été évoquées dans l'étude des structures ; cependant, il convient de les rappeler. On peut en fait les ranger sous quatre rubriques et considérer la moelle comme un système de voies de conduction, comme un centre réflexe, comme un centre d'organisation et d'intégration primaires des messages sensitifs d'origine somatique et viscérale, enfin comme un centre essentiel d'intégration motrice.

Le rôle conducteur a déjà été considéré dans la description des grands faisceaux ascendants et descendants. Il faut, d'autre part, insister beaucoup plus sur les autres fonctions.

Depuis les premières expériences des physiologistes du xviiie et surtout du xixe siècle, le rôle de la moelle en tant que centre réflexe est celui qui a reçu le plus d'attention. On sait en effet que les afférences tactiles, nociceptives et proprioceptives arrivant aux cornes postérieures par la voie des fibres centripètes des nerfs périphériques, puis par les racines postérieures, déclenchent, si leur intensité est suffisante, une réponse motrice qui, suivant le cas, peut être limitée à un seul muscle ou s'étendre à un groupe musculaire, à un membre tout entier, voire à plusieurs. Les caractères propres à cette activité réflexe, les principes qui la gouvernent, ont été longuement et soigneusement étudiés, en particulier par le neurophysiologiste anglais Charles Scott Sherrington, et l'on sait que la moelle grise en contient les éléments puisque la stimulation des afférences entraîne directement ou indirectement, par la mise en jeu d'interneurones, l'activité des motoneurones des cornes antérieures.

Ce rôle de centre réflexe ne se limite pas aux réponses de la musculature striée du tronc et des membres, mais s'étend aussi à la sphère végétative, et des actions réflexes physiologiquement aussi importantes que la miction ou la défécation trouvent leur centre d'organisation au sein des segments médullaires sacrés. De même, la portion intermédio-latérale de la moelle grise contient les neurones préganglionnaires du système ortho-sympathique, et son rôle de centre réflexe végétatif, en particulier de la vaso-motricité, est de ce fait essentiel.

Plus récemment, il est aussi apparu que les cornes postérieures n'intervenaient pas seulement comme un simple centre de relais, mais encore de façon capitale dans l'intégration et l'organisation des messages sensitifs. Ce rôle ressort à la fois des travaux des neuro-anatomistes (Szentagothai en particulier), qui ont spécialement étudié la cytoarchitectonie des cornes postérieures, et des recherches des neuro-physiologistes modernes (Eccles, Wall...).

On admet aujourd'hui que les messages provenant des terminaisons sensitives cutanées ou viscérales et arrivant aux cornes dorsales au sein des lames I, II, III et IV de Rexed (correspondant pour l'essentiel à la substance gélatineuse de Rolando et au noyau propre de la corne dorsale) subissent des actions synaptiques complexes dues tant aux éléments cellulaires présents dans ces structures qu'aux fibres afférentes d'origine supra-spinale. Ces actions synaptiques seraient si importantes qu'elles pourraient même donner un caractère déplaisant à toutes les sensations perçues et être de ce fait pour une large part à l'origine de la douleur proprement dite.

Enfin, le rôle de centre moteur intégrateur de la moelle est essentiel et repose sur la multiplicité des messages parvenant aux motoneurones. Ceux-ci, suivant l'expression de Sherrington, constituent « la voie finale commune ». Ils reçoivent en effet, à la fois les incitations périphériques qui provoquent leur réponse réflexe directe mono- ou polysynaptique et les afférences d'origine supra-spinale qui, par les voies extra-pyramidales, viennent contrôler et organiser les actions réflexes complexes du mouvement involontaire, du tonus et de la posture. En outre, le système pyramidal leur adresse les ordres déclenchant le mouvement volontaire dont l'importance se développe et s'affirme chez les Mammifères supérieurs et chez l'Homme.

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Situation au sein du canal vertébral

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Substance grise et noyaux

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Section de la moelle épinière

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Substance grise médullaire : subdivision lamellaires

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Écrit par :

  • : professeur de psychophysiologie à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

Paul LAGET, « MOELLE ÉPINIÈRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/moelle-epiniere/