MÉTASTABILITÉ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

« Ce qui se manifeste, c'est aussi, en premier et le plus souvent, l'apparente stabilité des choses visibles, leur extraordinaire entêtement à demeurer en leur état » (J. T. Desanti, Natura Rerum : ordre ou désordre ?). La stabilité désigne la condition de possibilité de la réalité phénoménale. Mais signifie-t-elle pour autant la propriété essentielle de la réalité ? Est-elle contingente ou nécessaire ? La stabilité nous permet de prendre conscience d'une présence des choses à travers les trois régions de phénomènes que désignent les termes matière, vie et esprit. S'il n'y avait une relative stabilité des phénomènes, il n'y aurait ni univers, ni organisme, ni société, car tout système de représentation, sujet de connaissance ou état de conscience, serait impossible. La stabilité est à la base du donné comme des structures mentales. Mais, à l'inverse, la stabilité des phénomènes produit un tel effet de réalité que nous confondons cette propriété de la réalité phénoménale avec la raison d'être des choses. Leur rassurante fidélité (le soleil se lève effectivement chaque matin, les livres restent bien à leur place sur les étagères, jamais l'or ne s'est transmué en plomb dans les coffres des banques) nous laisse croire naïvement à une évidente nécessité de la survenue des phénomènes par leur seule stabilité. David Hume avait montré comment la notion de causalité provient d'un tel acte de croyance dans la régularité des phénomènes. Toutefois, ce philosophe s'était arrêté à ce constat et au scepticisme qui lui en semblait la seule conséquence philosophique possible. Il lui paraissai [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages



Écrit par :

Classification


Autres références

«  MÉTASTABILITÉ  » est également traité dans :

INDIVIDU

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT
  •  • 4 626 mots

Dans le chapitre « Les doubles »  : […] Dans un article sur « la catégorie psychologique du double » (in Mythe et pensée chez les Grecs ), J.-P. Vernant a analysé la façon équilibrée dont les Grecs conjuguent les représentations du double. Équilibrée, car la représentation de l'immobile statique, sous le mode de la pierre, première figure de la mort, n'est pas séparable de son autre, représentation du mobile, du v […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/individu/#i_23753

Pour citer l’article

Alain DELAUNAY, « MÉTASTABILITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/metastabilite/