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MALADIE DE LYME

Principales maladies transmises par les tiques

Principales maladies transmises par les tiques

Dans le monde, les tiques, devant les moustiques, constituent le premier vecteur de maladies dans les domaines médical et vétérinaire. Le nombre de ces acariens a augmenté de façon spectaculaire dans notre environnement depuis le milieu du xxe siècle, en raison de modifications majeures des écosystèmes, imposées par l’homme. Elles occupent des biotopes très variés. Dans l’hémisphère Sud, ce sont les tiques invasives importées via le commerce international du bétail qui sont responsables d’infections vétérinaires telles que la theilériose ou l’anaplasmose ; elles ont un impact socio-économique majeur sur l’élevage et indirectement sur la vie des populations. Dans l’hémisphère Nord, ce sont surtout des émergences locales de populations de tiques du genre Ixodes qui posent des problèmes en santé humaine. La tique Ixodes présente une adaptabilité remarquable à son environnement et peut se nourrir sur une variété d’hôtes importante, ce qui facilite sa survie. Elle est susceptible de transmettre des bactéries, des virus et des parasites responsables de nombreuses zoonoses. L’homme, bien qu’hôte accidentel, se retrouve de plus en plus confronté à ces pathologies dont la plus importante est la borréliose de Lyme.

Historique de la découverte de la borréliose de Lyme

<em>Borrelia burgdorferi</em>

Borrelia burgdorferi

La borréliose de Lyme existait sans doute il y a 5 300 ans, puisque le séquençage complet de l’ADN de la momie Ötzi, découverte dans le Tyrol italien, a mis en évidence des traces de Borrelia/Borreliela (60 % du génome de la bactérie retrouvé). Sur un plan clinique, la description de la maladie s’étend de la fin du xixe siècle (1883) au début du xxe siècle en Europe, avec celle de la forme cutanée tardive de la maladie, l’acrodermatite chronique atrophiante (ACA). Puis, B. Lipschutz à Vienne, en 1913, et A. Afzelius en Suède, en 1921, décrivent indépendamment la forme précoce de la maladie, l’érythème migrant (EM). L’origine infectieuse de ces troubles n’est alors que soupçonnée, tout comme le rôle potentiel de tiques du genre Ixodes. Ce n’est qu’à la fin des années 1970 que l’origine de la maladie est élucidée par A. Steere, lors d’une épidémie d’arthrites chez des enfants du comté de Lyme dans le Connecticut (États-Unis). Les études épidémiologiques qui en découlent sont à l’origine du regroupement des symptômes sous la dénomination de « maladie de Lyme » et de l’identification formelle du vecteur, la tique Ixodes. La bactérie est finalement détectée dans des tiques par W. Burgdorfer en 1981. Le genre Borrelia avait été créé en 1907 par le parasitologue hollandais N. H. Swellengrebel et dénommé ainsi en hommage aux travaux d’Amédée Borrel sur des poulets infectés avec Borrelia anserina, responsable d’une fièvre à répétition (dite récurrente) identifiée. En 1984, L. Johnson et ses collaborateurs précisent la position taxonomique de Borrelia, bactérie responsable de la borréliose de Lyme, espèce bien différente de celles alors connues comme agents de fièvres récurrentes. Le nom de Borrelia burgdorferi sensu lato(B. burgdorferi sl) lui est attribué en l’honneur de Burgdorfer.

Depuis le début des années 2000, l’accumulation de données sur l’ADN de bactéries, sur les pathologies qu’elles causent et sur leurs vecteurs, a grandement complexifié la classification du groupe des Borrelia. En 2014, M. Adeolu et R. S. Gupta assignent le clade qui regroupait les Borrelia de Lyme à un nouveau genre – Borreliella – sur la base de données génotypiques et phénotypiques. Borreliellarassemblerait donc les espèces responsables de la borréliose de Lyme – correspondant au complexe d’espèces B. burgdorferi sensu lato – transmises à l’homme par piqûre de tiques dures du genre Ixodes. Cette distinction est cependant encore controversée. Quoi qu’il en soit, l’usage du nom [...]

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Écrit par

  • : maître de conférences en parasitologie, université de Strasbourg, entomologiste médicale au Centre national de référence Lyme

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Principales maladies transmises par les tiques

Principales maladies transmises par les tiques

<em>Borrelia burgdorferi</em>

Borrelia burgdorferi

Rostre de tique (<em>Ixodes ricinus</em>)

Rostre de tique (Ixodes ricinus)

Autres références

  • ACARIENS

    • Écrit par Jean-Louis CONNAT, Gabriel GACHELIN
    • 6 631 mots
    • 2 médias
    Chez l'homme, les deux maladies les plus connues sont la maladie de Lyme et la gale. La première, rencontrée essentiellement dans les zones tempérées, est une infection bactérienne dont les atteintes chroniques peuvent être redoutables. Elle est propagée par les tiques qui transmettent, lors d'un repas...
  • BURGDORFER WILLY (1925-2014)

    • Écrit par Universalis
    • 434 mots

    Wilhelm (Willy) Burgdorfer est un chercheur américain né à Bâle, en Suisse, le 27 juin 1925. Il est surtout connu pour avoir découvert en 1981 la bactérie responsable de la maladie de Lyme, une infection propagée par les tiques, un spirochète plus tard baptisé Borrelia burgdorferi en...

  • MALADIES INFECTIEUSES ÉMERGENTES

    • Écrit par Gabriel GACHELIN
    • 8 030 mots
    • 7 médias
    La maladie de Lyme est un autre exemple de maladie dont le caractère de nouveauté est ambigu. Elle fait partie du groupe des maladies à tiques (tularémie, diverses borrélioses dont la maladie de Lyme, etc.) provoquées par des bactéries hébergées par les tiques et transmises lorsque ces dernières s’accrochent...
  • SURVEILLANCE DES INSECTES VECTEURS

    • Écrit par Yannick SIMONIN
    • 3 402 mots
    • 5 médias
    En Europe, une des principales maladies vectorielles humaines est liée aux tiques : il s’agit de la maladie de Lyme (dont l’agent responsable est la bactérie Borreliaburgdorferi). En France l’Anses, via son laboratoire de santé animale de Maisons-Alfort, étudie à la fois les tiques et les agents...

Voir aussi