LYRE, littérature

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Il est à peine besoin de rappeler que la lyre a engendré dans la langue courante deux sens figurés et connexes. Instrument privilégié pour accompagner le chant, elle finit par imposer son nom à toute musique chantée : c'est en ce sens qu'on parle d'art lyrique, de spectacles ou de théâtres lyriques. Ensuite, le chant et la poésie étant indissociables dans la pratique originelle d'Apollon, la lyre impose aussi son nom au plus effusif et au plus mélodieux de la poésie elle-même : c'est en ce sens qu'on parle de poésie lyrique, ou tout simplement de lyrisme.

Il est plus important de noter l'évolution de ce dernier sens au cours du xixe siècle. La vieille distinction classique des genres sépare avec soin le lyrisme de l'épopée de celui du drame et de la satire. Littré note encore que le lyrisme « se dit des vers qui entrent dans les odes et dans les dithyrambes » et « des pièces disposées par stances qui, sans être destinées à être chantées, ont un mouvement et un transport plus vif que le reste de la poésie ». C'est avec le romantisme que va se marquer l'expansion du lyrisme (mélodie, effusion, mouvement, transport), tendant à signifier l'activité poétique tout entière. Qui ne se souvient du Desdichado de Nerval, Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée/Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

La poésie de Koerner s'unit à l'engagement du combattant par La Lyre et l'Épée ; celle de Soumet à l'engagement du croyant par La Lyre et la Croix. Désormais, il va devenir courant de parler du lyrisme dramatique d'On ne badine pas avec l'amour, du lyrisme épique de La Légende des siècles et même (la poésie imprégnant toute l'activité littéraire comme le lyrisme toute l'activité poétique) du lyrisme de la prose de Chateaubriand.

C'est chez Victor Hugo que le mouvement est le plus intéressant à observer. Le très jeune Hugo, néo-clas [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  LYRE, littérature  » est également traité dans :

ORPHÉE, mythe moderne

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 815 mots
  •  • 1 média

La structure même du mythe d'Orphée ne prête guère à des modifications significatives mais ne peut guère non plus se démoder. Elle repose sur deux piliers intangibles : le pouvoir de la poésie-musique sur tout ce qui existe (animaux, hommes et dieux) et la lutte contre la mort d'un amour qui triomphe grâce à l'art mais qui demeure mortellement vulnérable aux dangers d'une agression extérieure et p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/orphee-mythe-moderne/#i_49412

PASTORALE, genre littéraire

  • Écrit par 
  • Daniela DALLA VALLE CARMAGNANI, 
  • Jacqueline DUCHEMIN, 
  • ETIEMBLE, 
  • Charlotte VAUDEVILLE
  •  • 6 897 mots

Dans le chapitre « Les origines »  : […] Pour la mythologie grecque classique Apollon est le dieu de la lyre, Hermès celui des moutons d'Arcadie. Mais celui-ci, d'après l' Hymne à Hermès , est l'inventeur de la lyre, qu'il offrit à son frère pour prix de ses « vaches immortelles ». Apollon garda les troupeaux de Laomédon ( Iliade , XXI, 448) et ceux d'Admète en jouant de la flûte ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pastorale-genre-litteraire/#i_49412

Pour citer l’article

Jean MASSIN, « LYRE, littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lyre-litterature/