SOLARI LES

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Famille d'artistes italiens. On ignore quels furent les débuts de Cristoforo Solari dit il Gobbo (actif de 1489 à 1520), sculpteur et architecte, frère aîné du peintre Andrea Solario. En 1489, il est à Venise, travaillant à l'autel de la chapelle Saint-Jean (détruit) dans l'église Santa Maria della Carita. Mais l'essentiel de sa carrière se déroule en Lombardie, à Milan et à la chartreuse de Pavie surtout. Au style aigu, fragmenté, qu'avaient fait prévaloir en sculpture Giovanni Antonio, Amadeo et Cristoforo Mantegazza, il fait succéder une manière plus large, d'une plus grande densité plastique, où s'exprime une réaction implicite à l'art de Léonard de Vinci. Devenu sculpteur officiel du duc de Milan après la mort de Mantegazza, il est chargé en 1497 d'élever le monument funéraire de Béatrice d'Este et de Ludovic le More à Sainte-Marie-des-Grâces. L'édifice ayant été démantelé par la suite, les seuls éléments subsistant sont les gisants, transportés aujourd'hui à la chartreuse de Pavie. On sent dans ces deux effigies, d'une impassibilité souveraine, que Solari, plus que ses contemporains milanais, sait traiter les formes à grande échelle et subordonner à l'équilibre des volumes les détails d'ornement, le mouvement des étoffes, les effets de virtuosité technique. On ne retrouve pas cette fermeté dans les statues qu'il exécute par la suite à la cathédrale de Milan (Adam et Ève, Christ à la colonne), où il travaille à partir de 1501. En architecture, il poursuit l'œuvre de Bramante au monastère de Saint-Ambroise, achève avec Amadeo l'église Santa Maria presso san Celso (1512) et dessine l'abside de la cathédrale de Côme. Sa renommée s'étend en Italie. Il séjourne à Rome en 1514, sculpte une fontaine pour Isabelle d'Este, un groupe d'Hercule et Cacus (disparu) pour son frère Alphonse, duc de Ferrare (1516-1517). En 1519, il succède à Amadeo comme architecte en chef de la cathédrale de Milan.

Christ à la colonne, D. Bramante

Photographie : Christ à la colonne, D. Bramante

Donato Bramante, Christ à la colonne. 1490 env. Huile sur bois, 93 cm X 62 cm. Pinacothèque de Brera, Milan, Italie. 

Crédits : Luisa Ricciarini/ Bridgeman Images

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Cathédrale de Milan

Photographie : Cathédrale de Milan

Cathédrale de Milan. 

Crédits : Bridgeman Images

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C'est à Venise, en 1489, que l'activité d'Andrea Solario (né entre 1470 et 1474, mort en 1524) est tout d'abord signalée : il y accompagne son frère, le sculpteur Cristoforo. La première œuvre signée et datée d'Andrea, La Sainte Famille avec saint Jérôme (1495) qui provient de Murano (aujourd'hui au musée Brera à Milan) tout comme le Portrait d'un sénateur (National Gallery, Londres), montrent qu'il a travaillé près d'Alvise Vivarini et des artistes vénitiens marqués par Antonello de Messine. Cette première formation laisse dans l'œuvre de Solario une empreinte qui reste vive dans ses œuvres ultérieures, surtout dans ses portraits (Charles d'Amboise, musée du Louvre ; Cristoforo Longoni, National Gallery, Londres). Mais lorsque Solario quitte Venise pour se fixer à Milan, il y subit, comme tous les peintres de la cité, l'ascendant irrésistible de Léonard de Vinci. Initié par les émules d'Antonello aux traitements des modelés lumineux, il assimile aisément les subtilités du sfumato tout en élargissant, près de son nouveau maître, le répertoire de ses thèmes de composition et le type de ses figures. Dans l'Annonciation (1506, Musées nationaux), le visage de la Vierge, l'attitude de l'ange dérivent de Léonard de Vinci, tandis que, dans un espace traité à la flamande, la construction des volumes reflète les conceptions d'Antonello et des Vénitiens.

En 1507, Andrea part pour la France, appelé par le cardinal d'Amboise qui le charge de décorer la chapelle du château de Gaillon (fresques détruites). Durant ce séjour, qui prélude à celui de Léonard, Solario exerce une influence notable sur les peintres français, notamment, comme portraitiste, sur Jean Clouet. La Madone au coussin vert (musée du Louvre) montre d'autre part qu'il sait composer des dérivations personnelles et attachantes à partir des thèmes léonardiens. Après son retour en Lombardie (1510), il se contentera trop souvent en revanche de démarquer laborieusement son grand modèle.

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Pour citer l’article

Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE, « SOLARI LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-solari/