BREJNEV LEONID ILITCH (1906-1982)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Né en Ukraine dans une famille d'ouvriers, Leonid Brejnev entre au Komsomol en 1923 et au P.C.U.S. (Parti communiste de l'Union soviétique) en 1931. Après avoir obtenu en 1935 son diplôme d'ingénieur métallurgiste, il devient permanent du parti en 1937 et travaille en Ukraine sous la direction de Khrouchtchev. En 1938, il est, comme secrétaire du comité régional de Dniepropetrovsk, remarqué par Khrouchtchev, alors chargé de purger l'Ukraine. Affecté sur le front sud pendant la Seconde Guerre mondiale, puis sur le front ukrainien à la direction politique de l'armée, il est promu général de brigade dans le district militaire des Carpates en 1944-1945 et chef de la direction politique de l'armée. Après la guerre, il joue à nouveau un rôle dans l'appareil du parti et devient, en 1946, premier secrétaire du comité régional de Zaporojie et, l'année suivante, de celui de Dniepropetrovsk. En cette qualité, il fait partie en 1949 du comité central du Parti communiste ukrainien. Nommé premier secrétaire du Parti communiste moldave en 1950, il met fin aux velléités d'indépendance du pays. Il devient membre du comité central du P.C.U.S. en 1952 et suppléant au bureau politique (présidium). Il entre, lors du XIXe congrès, au secrétariat du comité central. Mais il ne reste que brièvement au sommet du parti ; après la mort de Staline, il est éloigné du pouvoir et devient chef de l'administration politique de la marine, puis secrétaire du P.C. du Kazakhstan. En 1956, lors du XXe congrès, Khrouchtchev le fait revenir à Moscou et réintégrer aux postes de secrétaire du comité central et suppléant au présidium. Après le plénum du comité central de juin 1957 qui entérine la victoire de Khrouchtchev dans la lutte pour le pouvoir, Brejnev devient titulaire au présidium du comité central et, en mai 1960, il remplace Vorochilov à la présidence du présidium du Soviet suprême. Remplacé par Mikoyan à ce poste en 1964, il est l'un des artisans de la chute de Khrouchtchev auquel il succède au poste de premier secrétaire du parti et à celui de président du bureau du comité central du P.C. de la R.S.F.S.R. Au XXIIIe congrès (1966), il prend le titre de secrétaire général du comité central du P.C.U.S., titre qui n'avait pas été attribué depuis la mort de Staline.

Leonid Brejnev et Gustav Husák, 1981

Photographie : Leonid Brejnev et Gustav Husák, 1981

Ici au côté de Leonid Brejnev, le président de la République tchécoslovaque Gustav Husák (1913-1991) restera fidèle à Moscou durant toute la durée de son mandat (de 1975 à 1989). À la suite de la tentative réformiste du Printemps de Prague, il avait remplacé Dubcek à la tête du... 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

Afficher

Au cours des années soixante-dix, bien que des rumeurs circulent périodiquement en Occident sur la dégradation de sa santé, Leonid Brejnev consolide progressivement et sûrement son autorité au sommet du parti et de l'État, tout en conservant envers le bureau politique et le comité central la prudence qui lui a permis d'asseoir son pouvoir. Parallèlement on constate une certaine renaissance en sa faveur du culte de la personnalité (hommages des délégations des pays de l'Est et des partis communistes occidentaux pour son soixante-dixième anniversaire), l'accumulation des honneurs (la dignité de maréchal de l'Union soviétique lui est décernée en 1976), sa prééminence, enfin, dans l'appareil de l'État, consacrée par son élection en 1977 à la présidence du présidium du Soviet suprême.

L'habileté de Brejnev à assumer la double fonction d'arbitre entre les intérêts de tous les groupes représentés au Politburo (armée, appareil économique, appareil policier) et de symbole d'unité est la base de son autorité ; mais la situation de consensus qui en résulte entraîne une paralysie croissante du système et favorise l'immobilisme. Son domaine d'action privilégiée est la politique étrangère, notamment dans le but de renforcer la cohésion du bloc socialiste. La politique de détente qu'il pratique dans les années 1970 (signature de l'acte final de la Conférence d'Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe le 1er juillet 1975, signature du traité S.A.L.T.-II sur la limitation des armements stratégiques avec Jimmy Carter en juin 1979) est compromise par la condamnation, aux Nations unies et par le monde musulman à Islamabad en 1980, pour invasion de pays souverain (l'Afghanistan).

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

  • : sous-directeur d'études à l'École pratique des hautes études

Classification

Autres références

«  BREJNEV LEONID ILITCH (1906-1982)  » est également traité dans :

ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - République démocratique allemande

  • Écrit par 
  • Georges CASTELLAN, 
  • Rita THALMANN
  •  • 19 315 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La séparation totale des deux États allemands (Abgrenzung) et la signature du Traité fondamental avec la R.F.A. »  : […] Si l'arrivée au pouvoir d'un nouveau premier secrétaire du S.E.D. permettait d'aplanir les divergences avec l'U.R.S.S., l'orientation de celui-ci semblait plutôt marquer un durcissement par rapport à l'Ostpolitik du chancelier Brandt. Affirmant que le processus de différenciation entre la R.D.A., « État socialiste », et la R.F.A., « État impérialiste », ne pouvait que s'accentuer, le comité centra […] Lire la suite

ANDROPOV IOURI VLADIMIROVITCH (1914-1984)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 318 mots

Homme politique soviétique né le 15 juin 1914 à Nagoutskaia (province de Stavropol, Russie), mort le 9 février 1984, à Moscou. Fils d'un ouvrier des chemins de fer, Iouri Andropov travaille d'abord en tant que télégraphiste, projectionniste et batelier sur la Volga avant de suivre des études techniques, puis de s'inscrire à l'université de Petrozavodsk. Il organise le komsomol de la région de Iar […] Lire la suite

BALTES PAYS

  • Écrit par 
  • Suzanne CHAMPONNOIS
  •  • 1 317 mots

Dans le chapitre « D'une occupation l'autre »  : […] Leur situation géographique, entre le Reich et l'U.R.S.S., a une seconde fois associé le destin des trois pays. Annexés par Moscou à la suite du pacte germano-soviétique de 1939 qui mit un terme aux vingt années d'indépendance, les trois Républiques devinrent en 1940 des Républiques socialistes soviétiques. La guerre germano-soviétique (22 juin 1941-1944) eut des conséquences tragiques. Outre l'ex […] Lire la suite

COMMUNISME - Histoire

  • Écrit par 
  • Annie KRIEGEL
  •  • 13 810 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Une souveraineté limitée »  : […] Le pacte de Varsovie, en légitimant les mécanismes de contrôle dans l'ordre militaire, entame les prérogatives des États membres qui, en principe, sont des États indépendants et souverains sous leur face externe, c'est-à-dire au titre de leur appartenance, comme membres à part entière, à la communauté internationale. Rien d'étonnant, dans ces conditions, à ce que toute tentative d'un État membre d […] Lire la suite

COMMUNISME - Mouvement communiste et question nationale

  • Écrit par 
  • Roland LOMME
  •  • 21 018 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « « Fusion » ou « épanouissement » des nations »  : […] Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les déplacements de populations et le nouveau tracé des frontières réduisirent considérablement l'importance numérique des minorités nationales dans les pays d'Europe de l'Est : après avoir représenté un quart de la population des États d'Europe centrale en moyenne dans l'entre-deux-guerres, elles ne constituent plus dans les années quatre-vingt que 7 p […] Lire la suite

DÉMOCRATIES POPULAIRES

  • Écrit par 
  • Michel LESAGE, 
  • Henri MÉNUDIER
  •  • 8 421 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « La communauté des États socialistes (1968-1989) »  : […] Les États socialistes sont, en principe, indépendants et souverains, mais ils appartiennent à un système, à une « communauté » qui exerce une influence sur chacun d'eux. En particulier, la notion de « défense des conquêtes du socialisme », formulée en 1956 à propos des événements de Hongrie et inscrite dans les déclarations des partis communistes de 1957 et de 1960, a été interprétée en 1968 comme […] Lire la suite

EST-OUEST RELATIONS

  • Écrit par 
  • Jacques HUNTZINGER, 
  • Philippe MOREAU DEFARGES
  • , Universalis
  •  • 12 329 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Confrontation et crises imbriquées (1980-1983) »  : […] Tout comme à l'époque de la guerre froide (1947-1953), puis lors de la deuxième crise de Berlin (1958-1961), l'affrontement Est-Ouest se recentre sur l'Europe entre 1979 et 1983. Après les grandes manœuvres périphériques des années 1970, la confrontation se déroule à nouveau sur son terrain initial. Si les deux crises de Berlin ont été voulues, mises en scène par Moscou, les intentions soviétiques […] Lire la suite

GUERRE FROIDE

  • Écrit par 
  • André FONTAINE
  •  • 10 903 mots
  •  • 29 médias

Dans le chapitre « La rupture sino-soviétique »  : […] Les relations entre Pékin et Moscou ont mis vingt ans de plus à se détendre. Il n'est pas impossible que l'installation des fusées à Cuba ait eu pour objet de démontrer la supériorité des méthodes soviétiques. Mais son échec ne pouvait que relancer la polémique. Il est significatif, de ce point de vue, que la conclusion du traité sur les essais nucléaires ait coïncidé avec la première dénonciation […] Lire la suite

GUERRE FROIDE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 3 551 mots

Dans le chapitre « La guerre fraîche (1975-1985) »  : […] À partir du milieu des années 1970, l’effacement temporaire des États-Unis, consécutif notamment à la défaite du Vietnam puis à la révolution iranienne, laisse libre cours à l’expansion soviétique, menée par le dirigeant Leonid Brejnev. L’URSS prend pied en Afrique (installation de régimes communistes en Éthiopie, en Angola et au Mozambique), en Asie (invasion de l’Afghanistan) et en Amérique cen […] Lire la suite

KOSSYGUINE ALEXEÏ NIKOLAÏEVITCH (1904-1980)

  • Écrit par 
  • Bernard FÉRON
  •  • 740 mots
  •  • 1 média

Fils d'un ouvrier, Alexeï Kossyguine est né à Saint-Pétersbourg. À l'âge de quinze ans il s'engage dans l'Armée rouge. Démobilisé, il s'inscrit à une école technique de sa ville natale. Il travaille de 1924 à 1929 dans les coopératives de Sibérie, revient à Leningrad (nom de Saint-Pétersbourg de 1924 à 1991) pour y suivre les cours de l'institut textile. Ingénieur diplômé, il prend la direction de […] Lire la suite

Pour citer l’article

Georges HAUPT, « BREJNEV LEONID ILITCH - (1906-1982) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/leonid-ilitch-brejnev/