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DEJOHNETTE JACK (1942- )

Au delà des nombreuses facettes d'un talent multiforme qui s'exprime aussi bien par le chant et aux percussions que sur les claviers, s'affirme la haute stature de l'un des rares batteurs qui s'inscrive dans la grande lignée des maîtres de l'instrument. À contre-courant de la tendance à la simplification du jeu qui s'instaure à la fin du xxe siècle, Jack DeJohnette incarne toute la richesse d'un héritage assumé, et démontre avec éclat sa capacité à en renouveler le langage.

Jack DeJohnette naît à Chicago (Illinois), le 9 août 1942, dans un milieu familial ouvert à la musique. Dès l'âge de quatre ans, il commence à travailler le piano. Pendant dix ans, il en poursuivra l'étude – mais aussi celle du saxophone – avec Viola Burns. Au lycée, il joue de la contrebasse avant de s'intéresser à la batterie. Son oncle, un disc-jockey célèbre du South Side de Chicago, Roy I. Wood, Sr., lui fait découvrir le jazz. Après avoir obtenu un diplôme au Conservatoire de Chicago, Jack DeJohnette entre à l'université. Il joue au sein de divers groupes locaux et se consacre alors essentiellement à la batterie. À cette époque, il côtoie tout aussi bien les bluesmen du South Side que certains modernistes – qui s'expriment, depuis 1965, dans l'Association for the Advancement of Creative Musicians (A.A.C.M.) – et, en 1966, joue pour la première fois au sein du quintette de John Coltrane, au côté de Rashied Ali. Cette même année 1966, il s'établit à New York, où il trouve divers engagements auprès de John Patton, Jackie McLean, Charles Lloyd, Betty Carter, Bill Evans et Stan Getz (1966-1968). Il rejoint Miles Davis et figure, en 1969, sur l'album Bitches Brew, qui rassemble notamment, autour du trompettiste, Wayne Shorter, Bennie Maupin, Chick Corea, Dave Holland, John McLaughlin et Joe Zawinul. Pour plusieurs concerts, il rejoint Thelonious Monk (1970-1972). Plébiscité par les studios, il enregistre beaucoup, avec George Benson, Joe Henderson, Pat Metheny, Joe Farrell, Freddie Hubbard, McCoy Tyner, Stanley Turrentine, Herbie Hancock, Eric Gale, Hubert Laws, Ron Carter et Frank Foster. Il crée en 1975 le groupe de jazz-rock Compost, avec lequel il effectue de nombreuses tournées. Débute alors une étroite association avec Keith Jarrett qui durera plus de dix ans, avec un répertoire essentiellement constitué de standards du jazz. Parallèlement il fonde plusieurs ensembles dont le guitariste John Abercrombie sera, le plus souvent, le pivot : Directions, avec Peter Warren, Mike Richmond et Alex Foster (1975) ; New Directions, avec Eddie Gomez et Lester Bowie (1978) ; Special Edition, avec Arthur Blythe et David Murray (1979) ; Gateway, à l'orée des années 1980, avec Dave Holland. Il signe en 1981, en collaboration avec Charlie Perry, un ouvrage intitulé The Art of Modern Jazz Drumming. Ses nouveaux partenaires s'appellent maintenant John Purcell, Chico Freeman, Baikida Carroll, Rufus Reid, Charlie Persip, Howard Johnson. En 1985, il grave sous son nom un disque – c'est le troisième – consacré à des solos de piano. En 1986, il appartient, en association avec Gary Peacock, au trio de Keith Jarrett et à Song X, formation dirigée par Ornette Coleman et Pat Metheny. Dans l'écheveau touffu d'une vaste discographie, il fréquente Greg Osby, Gary Thomas, Mick Goodrick, Lonnie Plaxico, Nana Vasconcelos, Joshua Redman, Ravi Coltrane, Vernon Reid, John Scofield, Will Cahorn, Terje Rypdal, Steve Swallon, Vincent Herring, John Surman, Sonny Rollins, Steve Kuhn, Charlie Haden, Miroslav Vitous et Michael Brecker. Son activité reste soutenue, et il faut noter que le trio qu'il forme avec Keith Jarrett et Gary Peacock continue d'enregistrer abondamment, notamment pour la firme E.C.M.

Chanteur et pianiste confirmé, accessoirement – comme Bernard Lubat – joueur de mélodica,[...]

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • PEACOCK GARY (1935-2020)

    • Écrit par Pierre BRETON
    • 783 mots

    Héritier de Scott LaFaro, le contrebassiste Gary Peacock a traversé toutes les humeurs du jazz moderne, avec la même souple élégance. Avec aussi cette pointe de détachement qui lui fera, à plusieurs reprises, délaisser la musique pour la pratique de la philosophie zen, de la macrobiotique, de la...

Voir aussi