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SHORTER WAYNE (1933-2023)

Partenaire d’Art Blakey et de Miles Davis puis cofondateur du groupe Weather Report, le saxophoniste et compositeur américain Wayne Shorter fut un musicien hors pair. Il explora et façonna, à partir de la fin des années 1950, de nombreuses voies du jazz, telles que le hard bop, le jazz modal et le jazz-rock.

Les Jazz Messengers et le quintette de Miles Davis

Wayne Shorter naît le 25 août 1933 à Newark, dans l’État du New Jersey. Grâce aux émissions de radio de Martin Block, il découvre le jazz. Son frère aîné – Alan Shorter (1932-1987) qui se fera un nom comme trompettiste de free jazz – se met au saxophone alto et lui-même à la clarinette, puis au saxophone ténor. Ses progrès sur cet instrument sont tels qu’il se fait remarquer dès 1951 aux côtés du saxophoniste Sonny Stitt. Après quatre ans d’études à l’université de New York, il obtient un diplôme d’éducation musicale. Pendant les deux années de son service militaire, il rencontre Lester Young et joue avec Sonny Rollins et Max Roach. Puis, à partir de 1958, il collabore brièvement avec Horace Silver et intègre le big band de Maynard Ferguson où il se lie d’amitié avec le claviériste Joe Zawinul.

En 1959, Wayne Shorter remplace Hank Mobley lors d’une tournée des Jazz Messengers d’Art Blakey. Il restera fidèle à cette formation d’influence hard bop jusqu’en 1964, s’affirmant à la fois comme un soliste au jeu intense et véhément et comme un compositeur particulièrement inspiré. Parmi la vingtaine d’albums qu’il signe avec elle, il faut retenir The Big Beat (1960), The WitchDoctor (1961), Caravan (1962), Ugetsu(1963) et Free for All (1964). Parallèlement, il mène une carrière de soliste indépendant, très souvent sur ses propres thèmes, chez les labels Vee-Jay puis Blue Note, avec des albums titrés Introducing Wayne Shorter (1959), Free Form (1961, avec Donald Byrd), Here to Stay (1962, avec Freddie Hubbard), NightDreamer (1964) et Juju (1964).

Après plusieurs essais infructueux dans le but de remplacer John Coltrane, Miles Davis fait appel à Wayne Shorter en 1964 pour jouer au sein de son quintette qui rassemble alors Herbie Hancock (piano), Ron Carter (contrebasse) et Tony Williams (batterie). L’ensemble atteint très vite une cohésion unique, utilisant souvent les compositions du nouvel arrivant qui prennent place parmi les pièces maîtresses de son répertoire. Wayne Shorter alterne de plus en plus fréquemment saxophone soprano et saxophone ténor, participant aux périples esthétiques du grand trompettiste vers le jazz électrique et le jazz fusion. Il figure ainsi sur une série d’albums devenus illustres : ESP (1965), Miles Smiles (1966), Sorcerer (1967), Nefertiti (1967), Milesin the Sky (1968), In a Silent Way (1969), Bitches Brew (1969).

Le saxophoniste poursuit un parcours personnel avec des albums, chez Blue Note, qui oscillent entre hard bop et free jazz : Speak No Evil(1964), The All Seeing Eye (1965), Schizophrenia (1967), Sweet Slumber (1967, avec Lou Donaldson), Expansions (1968, avec McCoy Tyner), Super Nova (1969).

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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