ITALIEGéographie

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quelques données-clés.
CapitaleRome
Langue officielleitalien 2
Note : L'allemand et le français sont également des langues officielles locales, respectivement dans les régions du Trentin-Haut-Adige et du Val d'Aoste
Unité monétaireeuro (EUR)
Population58 981 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)302 073

L'Italie est une puissance économique au statut ambigu. Avec 60,6 millions d'habitants en 2016, elle est l'un des quatre « grands » de l'Union européenne mais n’est pas toujours perçue comme telle. Son développement a été tardif, dynamique, mais soumis à des à-coups récurrents, dont la crise financière et économique mondiale issue de celle des subprimes de 2007 est l’épisode le plus récent. Les représentations du territoire couramment liées à la péninsule contrastent de ce fait souvent avec une réalité très évolutive. Ainsi, alors qu'elle est associée le plus souvent à la culture, à l'art de vivre et au tourisme (elle arrive cependant derrière la France en termes de fréquentation), la péninsule reste un pays industrialisé. Si l'exode de millions d'émigrés l'a profondément marquée, elle est depuis quatre décennies un pays d'immigration. Enfin, pays de tradition citadine millénaire, elle n'a connu que tardivement le cycle urbanisation-desserrement urbain, mais elle a inventé des modèles originaux de développement local fondé sur la ville.

Dans ces recompositions, l'intégration à l'Europe est un élément majeur, qui l'emporte sur les logiques méditerranéennes. Par ailleurs, ce développement rapide et turbulent a généré de profonds bouleversements dans l'organisation du territoire. Mais la persistance de la « question Nord-Sud », clivage régional majeur aussi bien à l'échelle nationale qu'à l'échelle européenne, demeure un problème incontournable, qui sert de toile de fond aux recompositions en cours du pouvoir régional et local.

Paysages et territoire : le « bel paese » de l'intérieur au littoral

Enclose au nord par l'arc alpin, la péninsule italienne (301 300 km2, 7 300 km de côtes) s'étire avec l'Apennin comme épine dorsale – prolongée par la Sicile et la Sardaigne – sur quelque 1 200 kilomètres, entre les 47,060 et 35,30 de latitude nord, jusqu'au cœur de la Méditerranée : l'île de Lampedusa, devenue tristement célèbre dans un contexte de « crise des migrants » euro-méditerranéenne, se trouve à 167 kilomètres des côtes tunisiennes. Le milieu montagnard, très présent (le tiers de la superficie du pays) relève de deux éléments. Il s'agit d'une part de l'imposante chaîne alpine, dont plusieurs sommets dépassent 4 000 mètres et qui, dans sa partie italienne, peut s'élargir jusqu'à 150 kilomètres, localement doublée des Préalpes (les Dolomites dépassent 3 000 m). D'autre part, de l'Apennin, qui dépasse exceptionnellement 2 000 mètres (mais 2 914 m au Gran Sasso sur les hauts plateaux des Abruzzes) et les hauteurs de Sardaigne et Sicile (le volcan de l'Etna culmine à 3 342 m). Comme dans les autres pays de l'Europe méditerranéenne, les plaines sont rares : elles comptent pour moins du quart de la superficie, les collines en occupant 42 p. 100. La plaine du Pô, seule grande plaine de l'Europe méditerranéenne (environ 50 000 km2), en est l'élément majeur. Par ailleurs, un chapelet de plaines littorales étroites s’égrène du nord au sud, en particulier sur la rive tyrrhénienne. Entre ces deux types d'espaces, et ponctuant le littoral de massifs ou de promontoires isolés, les collines et les plateaux présentent une grande variété paysagère : douces collines toscanes, abrupts calcaires du Latium ou de Calabre...

Italie : carte physique

Carte : Italie : carte physique

Carte physique de l'Italie. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Mont Sassongher, Italie

Photographie : Mont Sassongher, Italie

Le mont Sassongher, vu ici de la station de Corvara dans les Dolomites, culmine à 2 665 mètres. 

Crédits : Anshar/ Shutterstock

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Paysage de Toscane

Photographie : Paysage de Toscane

Les paysages de Toscane sont en partie façonnés par les vignobles. 

Crédits : LianeM/ Shutterstock

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La Calabre

Photographie : La Calabre

Paysage de Calabre, près de Strongoli, Italie. 

Crédits : Simeone Huber/ The Image Bank/ Getty Images

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Les paysages italiens sont donc pour l'essentiel caractérisés par le morcellement et sont fondamentalement alvéolaires : l'ager et le saltus (zone en culture et zone inculte) y cohabitent encore aujourd'hui avec une proportion d'inculte croissante vers la montagne, jusqu'à déboucher, comme dans les Abruzzes ou en Sardaigne, sur des sommets dénudés, au déboisement lié à un surpâturage séculaire. Surtout, ces paysages témoignent à la fois des pérennités et des bouleversements qu'a connus l'ensemble du monde méditerranéen. Pérennités, car, parmi les plus renommés, certains comme les collines toscanes, le golfe de Naples sur fond de Vésuve, ou encore les sites « sauvages » des Dolomites, ont été tant célébrés par les peintres ou les visiteurs du « Grand Tour », qu'ils sont devenus des icônes du bel paese, que le tourisme et la publicité réactivent sans cesse et qui font partie de l'identité nationale. Bouleversements, car si certains d'entre eux ont une remarquable continuité – la campagne d'Assise, écrin de la ville franciscaine –, d'autres, comme la huerta napolitaine, ne survivent qu'à l'état résiduel. Mais, bien au-delà, l'Italie abonde en ruptures paysagères, et paradoxalement, en terres « neuves », comme la Campagne romaine, quasi déserte lors de l'Unité, aujourd'hui largement urbanisée.

Limone sul Garda au bord du lac de Garde (Italie)

Photographie : Limone sul Garda au bord du lac de Garde (Italie)

Vue du vieux village de Limone sul Garda, sur les rives du lac de Garde (Italie). Bordée de falaises calcaires, cette partie nord du lac s'enfonce dans les vallées alpines de Lombardie à la manière d'un immense fjord. 

Crédits : Insight Guides

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Ces ruptures paysagères, plus fortes que celles de l'Europe du Nord, renvoient d'abord à un fait de base : la densité de population a plus que doublé depuis 1861 et dépasse 200 habitants par kilomètre carré en 2016 (autour de 340 hab./km2 dans le Latium et plus de 420 hab./km2 en Lombardie et Campanie). Plus spécifiquement, elles s'expliquent par le jeu de deux facteurs : la mise en valeur tardive des plaines et l'urbanisation.

Italie : densités de population

Dessin : Italie : densités de population

Les densités de population en Italie (Istat, 2001 ; D. Rivière et M. Marandola). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Des plaines longtemps sous-utilisées

À quoi renvoyait le paradoxe initial de plaines méditerranéennes rares et pourtant sous-utilisées, alors que leurs sols fertiles avaient souvent été colonisés sous l'Empire romain ? Il s'expliquait d'abord par les traits généraux des sociétés rurales méditerranéennes préindustrielles. En effet, l'aménagement des pentes en terrasses et la maîtrise de l'eau ont longtemps été les principes directeurs de l'occupation du territoire : l'eau est surabondante lors des violentes pluies de printemps et d'automne, absente au cœur de la saison végétative. Les précipitations présentent en outre une grande variabilité interannuelle et décroissent globalement vers le sud tandis que la durée de la sécheresse estivale s'allonge, jusqu'à atteindre quatre ou cinq mois en Calabre. Les températures sont douces l'hiver, très élevées l'été. Ces données qui, associées à l'ensoleillement et à la luminosité du ciel méditerranéen, participent aujourd'hui des attraits de l'Italie pour le tourisme ont longtemps été une contrainte pour l'agriculture : l'irrigation et le drainage sont au cœur de la maîtrise de ce milieu.

Plus globalement, c'est la colline et, dans une bien moindre mesure, la montagne qui ont été la matrice géohistorique du peuplement, l'habitacle majeur de la fameuse trilogie méditerranéenne (olivier, vigne, céréales). À l'inverse, la sous-utilisation des plaines littorales renvoyait en partie à des contraintes physiques : l'alluvionnement issu des fleuves côtiers, les barrages à l'écoulement, formés par les cordons dunaires littoraux, rendaient diffici [...]

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Italie : carte physique

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Mont Sassongher, Italie

Mont Sassongher, Italie
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La Calabre
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Dominique RIVIÈRE, « ITALIE - Géographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/italie/