ITALIEGéographie

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quelques données-clés.
CapitaleRome
Langue officielleitalien 2
Note : L'allemand et le français sont également des langues officielles locales, respectivement dans les régions du Trentin-Haut-Adige et du Val d'Aoste
Unité monétaireeuro (EUR)
Population58 426 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)302 068

Question Nord-Sud et « fédéralisme »

Cette toile de fond du dualisme Nord-Sud joue aussi de façon déterminante sur la réforme en cours de l'État. En effet, comme d'autres pays européens, mais de façon accentuée, l'Italie a procédé à partir des années 1990 à une recomposition du pouvoir, de l'État vers les régions et le niveau local. Cette régionalisation, là encore, a eu comme point de démarrage la crise de légitimité de l'État, ouverte par l'opération Mains propres, mais elle se trouve aujourd’hui elle-même remise en question.

Italie : régions et métropoles

Dessin : Italie : régions et métropoles

Le maillage territorial en Italie (D.  Rivière et M.  Marandola). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Émergence des pouvoirs locaux

Cette décentralisation s'opère sur la base héritée de la Constitution de 1948. Cette dernière, en réaction au fascisme, avait déjà dessiné pour la péninsule un modèle à mi-chemin entre le centralisme et le fédéralisme : les régions italiennes, dont la plupart ne furent instituées qu'au seuil des années 1970, disposent d'un pouvoir législatif mais ne sont pas directement représentées au niveau de l'État.

La question de la réforme de la Constitution, dans un sens plus régional voire « fédéral », place ce modèle initial en chantier permanent depuis les années 1990, et elle a connu en 2001 une étape majeure, avec un basculement du pouvoir vers le niveau régional. Désormais, la Constitution énumère les compétences de l'État – domaine régalien et différents domaines, dont les normes sociales –, le reste passant aux régions. L’échec du référendum constitutionnel du gouvernement Renzi (2016), qui aurait limité leur autonomie, conserve pour l’heure ce statu quo. Il témoigne toutefois de l’amorce d’une nouvelle phase, peut-être moins favorable aux régions : ainsi, comme en France, le niveau des métropoles a fait l’objet d’une reconnaissance en 2014 (loi Delrio) à l’instigation de l’État et pourrait à terme concurrencer le pouvoir régional. Il reste que, au-delà du chantier constitutionnel proprement dit, diverses lois adoptées dans les années 1990 sont venues renforcer les niveaux régional et local ; à la mosaïque du développement local fait aujourd'hui pendant celle de l'action publique, tant celle-ci – qui peut tourner à une dérégulation affichée, comme en Sicile ou en Lombardie – peut varier d'une région à l'autre. La légitimité de ces pouvoirs locaux et régionaux s'est affirmée avec l'élection au suffrage universel direct des maires (1993) et des gouverneurs régionaux (1999), celle du niveau provincial restant plus limitée que son équivalent français (le département) ; c’est d’ailleurs sur ce niveau traditionnellement faible que s’exerce aujourd’hui la réforme territoriale promue par l’État.

Du nord au sud du pays, on a assisté aussi, à partir des années 1990, à la revitalisation d'outils classiques de l'urbanisme (comme les plans régulateurs) et de l'action régionale, dont témoignent le renouveau des centres-villes ou encore la refonte des transports publics (métro, tramway), aussi bien à Naples qu'à Turin ou à Rome. À cet égard, par sa dynamique même, la décentralisation a donc contribué à une relativisation du clivage Nord-Sud... même si, là encore, les crises liées à des scandales de corruption qu’ont connues dans les années récentes Naples, Rome ou encore Milan et Venise en ternissent l'image. Par ailleurs, les conflits de compétence entre l'État et les régions, déjà nombreux autrefois, se sont accentués.

Naples, place du Plébiscite

Photographie : Naples, place du Plébiscite

La réhabilitation des centres-villes est une façon pour les maires italiens (désignés au suffrage universel depuis 1993) d'affirmer leur pouvoir face à l'État central. C'est par exemple le cas à Naples où, à l'occasion de la réunion du G7 en 1994, les politiques de restructuration ont... 

Crédits : Masci Giuseppe/ AGF/ UIG/ Getty Images

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Crise de la solidarité et néorégionalisme

Surtout, pour dynamique qu'elle soit, cette décentralisation reste elle-même fortement déterminée par les inégalités de richesse et la problématique des rapports Nord-Sud. En effet, le maillage régional issu de 1948, dont la réforme constitutionnelle de 2001 n'a pas retouché les contours, écrêtait initialement les contrastes de richesse par la commune dépendance des autorités locales et régionales vis-à-vis de l'État. Dans la nouvelle configuration, le principe de l'autonomie fiscale s’affirme (avec un paroxysme en 2009 lors de la loi sur le « fédéralisme fiscal »), même s’il reste plus limité qu’en Allemagne ou en Belgique. La diminution des transferts de l'État, qui en est le corollaire, est très sensible depuis la crise de 2007. Ce nouveau système est à l'évidence plus facile à mettre en œuvre dans le Nord que dans le Sud. La question des ressources est donc aujourd'hui le principal point d'achoppement de [...]

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Italie : carte physique

Italie : carte physique
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Mont Sassongher, Italie
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Pour citer l’article

Dominique RIVIÈRE, « ITALIE - Géographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/italie/