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IMITATION, psychologie

L’imitation reproduit un modèle, plus ou moins fidèlement. Cette reproduction n’est pas automatique. Elle est intentionnelle et sélective. L’imitation est en effet une construction de similarité par ajustement, réajustements et corrections des erreurs, qui sont des indicateurs de l’intentionnalité d’une conduite. Ses modèles sont divers : mouvements, actions et rôles sociaux. Elle présente également des formes différentes. Elle peut être immédiate lorsqu’elle est exécutée en présence du modèle (imitation synchrone) ou peu de temps après sa présentation (imitation décalée). Elle peut être différée lorsqu’elle se produit en son absence.

Ces différentes formes de l’imitation se répartissent selon deux grandes fonctions : fonctions d’acquisition et de socialisation ; et la prépondérance de l’une sur l’autre se modifie au cours du développement. Il est donc possible de décrire leur succession. Mais il est également possible de s’interroger sur les compétences cognitives qu’elles requièrent et sur les structures neurologiques qu’elles mobilisent.

L’imitation : un instrument d’acquisition

Contrairement à ce qu’affirmait Paul Guillaume en 1925, l’imitation n’est pas une conduite spécifiquement humaine. Elle est présente dans le monde animal. La synchronie des comportements peut avoir une fonction adaptative ; elle diminue les risques de prédation et elle optimise l’usage des ressources alimentaires. Mais l’apprentissage d’une habileté nouvelle par la seule observation semble être réservé aux primates supérieurs. C’est ainsi que l’imitation du comportement maternel joue un rôle important dans l’acquisition des conduites instrumentales par le jeune chimpanzé qui doit sélectionner les composantes essentielles d’une action et les organiser séquentiellement dans le respect du modèle.

Chez les grands singes, la part de pédagogie intentionnelle est restreinte. Elle se réduit à quelques invites ou incitations. Ce n’est pas le cas dans l’espèce humaine, où l’imitation est fréquemment utilisée à des fins éducatives. Elle s’inscrit alors dans un cadre interactif. L’adulte propose des modèles dont il guide et facilite la reproduction par les enfants ; et il modifie ses interventions en fonction de leurs réponses. Cette « modélisation » simplifie, stylise et clarifie ; elle aide et enrichit les productions des enfants. Les répétitions imitatives, les imitations « en expansion » et les imitations sélectives semblent jouer un rôle important dans l’acquisition du langage : acquisition des contours prosodiques, facilitation des acquisitions lexicales et peut-être syntaxiques.

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Pour citer cet article

André GUILLAIN. IMITATION, psychologie [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 29/09/2015

Autres références

  • CONFORMISME (psychologie)

    • Écrit par et
    • 1 027 mots
    La tendance à imiter autrui a d'abord été mise sur le compte d'une suggestibilité propre à certains humains voire d'un instinct fondamental partagé par tous. Toutefois, les psychologues sociaux ont très tôt abandonné l'idée d'un individu soumis passivement à l'influence...
  • ENFANCE (Les connaissances) - La socialisation

    • Écrit par
    • 5 500 mots
    • 1 média
    ... d'autrui et la construction des premières conduites techniques et du langage. D'une part, l'enfant, essentiellement par le processus de l'imitation intentionnelle, immédiate puis différée, réalise un certain nombre de comportements instrumentaux guidés par les outils les plus simples (le...
  • PSYCHOLOGIE CLINIQUE COMPORTEMENTALE ET COGNITIVE

    • Écrit par
    • 2 580 mots
    À ces modalités d’apprentissage, Albert Bandura ajoute l’apprentissage social par imitation. Après avoir repris les expériences montrant qu’un enfant peut arriver à ne plus avoir peur d’un animal s’il imite des enfants jouant sans peur avec cet animal, Bandura propose un modèle où le comportement...
  • ROBOTIQUE ET PSYCHOLOGIE

    • Écrit par
    • 2 154 mots
    • 2 médias
    ...réussites, et enfin capacité à exploiter les interactions sociales pour développer de nouvelles compétences. On a ainsi pu montrer grâce à des robots qu’imiter n’était pas qu’un moyen d’apprentissage mais était aussi un bon moyen d’enseigner et de communiquer. Un très grand nombre de questions se posent...