GUINÉE-BISSAU

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Nom officielRépublique de Guinée-Bissau (GW)
Chef de l'ÉtatUmaro Sissoco Embaló (depuis le 27 février 2020)
Chef du gouvernementNuno Gomes Nabiam (depuis le 29 février 2020)
CapitaleBissau
Langue officielleportugais
Unité monétairefranc CFA
Population1 606 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)36 125

La Guinée-Bissau est un petit pays d’Afrique de l’Ouest enclavé entre le Sénégal et la Guinée. Après avoir été colonisé par le Portugal, il a accédé à l’indépendance en 1974, à la suite d’une longue guerre de libération. Un puissant royaume mandingue, le Gabu, fortement impliqué dans la traite négrière avec les Portugais, s’était épanoui à l’est du pays aux xviie et xviiie siècles.

Guinée-Bissau : carte physique

Carte : Guinée-Bissau : carte physique

Carte physique de la Guinée-Bissau. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Guinée-Bissau : drapeau

Dessin : Guinée-Bissau : drapeau

Guinée-Bissau (1973). On reconnaît ici encore les trois couleurs panafricaines : le battant se partage deux bandes horizontales jaune et verte ; le guindant est occupé par une bande verticale rouge frappée d'une grande étoile noire, celle du P.A.I.G.C. (Partido da independência da Guiné e... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La population de la Guinée-Bissau était estimée à 1,75 million d’habitants en 2014. Selon la dernière estimation effectuée en 2010, plus des deux tiers vivaient en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 2 dollars par jour). L’économie du pays dépend essentiellement de la production des noix de cajou et de la pêche, qui représentent respectivement deux tiers et un septième des exportations en 2013. La monoculture intensive de l’anacardier met en péril la sécurité alimentaire du pays puisque la production de riz, délaissée, ne couvre qu’un quart des besoins de la population alors qu’il en est la principale nourriture. Classée parmi les pays les plus pauvres du monde (elle occupe la 178e place selon l’indice de développement humain en 2015), la Guinée-Bissau peine à contrôler son territoire, ce qui la rend particulièrement vulnérable à l’action des réseaux criminels internationaux. Elle est ainsi, depuis le milieu des années 2000, une plaque tournante du trafic de cocaïne à destination de l’Europe.

Noix de cajou

Photographie : Noix de cajou

La culture intensive de l'anacardier crée une dépendance des pays producteurs (tels que la Guinée-Bissau) aux cours très volatiles de la noix de cajou. Cette dépendance renforce l'insécurité alimentaire de ces pays. 

Crédits : Yuttana Samol/ Shutterstock

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L’ingérence des militaires dans la vie politique et les incessantes luttes pour le pouvoir sont responsables de l’instabilité politique chronique qui laisse peu de perspectives de développement. La Guinée-Bissau dépend donc en grande partie des aides internationales, alors que ses infrastructures routières, sanitaires et scolaires sont dans un état déplorable. Or, avec son très faible PIB (2,5 milliards de dollars en 2014), le pays ne peut guère les améliorer.

Géographie

Un petit pays marqué par la mer

La Guinée-Bissau fait partie de la zone de transition entre la savane tropicale et la forêt subéquatoriale, qui s’étend de l’embouchure de la Gambie, au nord, au Liberia, au sud, et que l’on appelait autrefois « les rivières du Sud ». D’une superficie de 36 125 kilomètres carrés, le pays est constitué d’un territoire continental borné par le Sénégal et la Guinée, et de l’archipel des Bijagós ou Bissagos, composé de 88 îles et îlots dont 23 sont habités de façon permanente. En avril 1996, l’UNESCO a reconnu l’archipel comme réserve de biosphère, en raison notamment de sa faune marine et de son importance dans la migration des oiseaux en Afrique de l’Ouest (il est le deuxième site d’accueil après le banc d’Arguin en Mauritanie).

Archipel des Bijagós, Guinée-Bissau

Photographie : Archipel des Bijagós, Guinée-Bissau

L'archipel des Bijagós, ou Bissagos, constitué de 88 îles et îlots au large de la Guinée-Bissau, est reconnu depuis 1996 comme réserve de la biosphère par l'UNESCO. Il est constitué de vastes bancs de sable, de vasières, de mangroves, de palmeraies, qui abritent des ressources... 

Crédits : Jean-François Hellio & Nicolas Van Ingen/ Biosphoto

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L’arrière-pays de la Guinée-Bissau s’étend jusqu’aux premiers contreforts du massif du Fouta-Djalon, véritable château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Alors que son relief atteint à peine 300 mètres d’altitude – dans les collines de Boé, à l’extrême sud-est du pays –, la façade maritime du pays est profondément découpée par de multiples estuaires. Les fleuves qui permettent de gagner facilement l’intérieur du pays ont longtemps constitué le principal attrait de la région aux yeux des colons portugais qui s’implantèrent sur leurs rives à partir du xve siècle. Près de 10 p. 100 du territoire sont couverts de mangrove, ce qui représente la proportion la plus importante du monde.

On distingue trois grands types de paysages dans la zone continentale du pays : la mangrove à l’ouest, soumise aux transgressions maritimes (lorsque la mer envahit durablement les zones littorales) ; la savane latéritique à l’est ; la savane arborée au nord, sillonnée par des forêts-galeries, le long des fleuves.

Le climat de la Guinée-Bissau est de type tropical, avec une saison sèche et une saison des pluies qui s’étend de fin mai à début novembre. Les précipitations s’échelonnent de 1 250 mm/an à 1 500 mm/an à l’est, où les influences soudanaises se font nettement sentir, et de 2 500 à 3 000 mm/an au sud, où le climat et la végétation sont de type guinéen.

Une population rurale pauvre

La Guinée-Bissau compte 1,75 million d’habitants (2014) dont plus de la moitié vit en milieu rural, et un quart se concentre dans la capitale, Bissau. L’indice de fécondité est supérieur à 5 enfants par femme. L’espérance de vie à la naissance est de 54 ans et un enfant sur dix meurt avant l’âge d’un an, alors que le pays ne compte que 7 médecins pour 100 000 habitants. Le taux d’alphabétisation ne dépasse pas 40 p. 100 : seul un homme sur deux et une femme sur trois savent lire et écrire.

La population se répartit en une vingtaine d’ethnies. Bien que les chiffres soient sujets à controverse, les principaux groupes sont les Balante (25 p. 100) et les Manjak (13 p. 100) sur le littoral et à l’ouest du pays ; les Foulas ou Peuls (20 p. 100) et les Mandingues (14 p. 100) à l’est. Si les populations côtières sont majoritairement restées fidèles aux cultes traditionnels ou sont en parties christianisées, Foula et Mandingues sont entièrement islamisés, tout comme quelques petites ethnies du sud du pays. Un Bissau-Guinéen sur deux est aujourd’hui musulman. La langue officielle du pays est le portugais, mais celui-ci n’est guère parlé en dehors de l’administration et de l’école. Chaque groupe a conservé sa propre langue, mais le créole portugais (crioulo ou kriol) s’est imposé comme langue vernaculaire dans les centres urbains et il est parlé par tous comme seconde langue dans la capitale (après la langue vernaculaire).

Le pays de l’anacardier

L’économie de la Guinée-Bissau, dans laquelle l’industrie n’occupe qu’une place négligeable, est largement dominée par l’agriculture et la pêche. Elle dépend presque exclusivement de la culture de la noix de cajou qui représente, en valeur, entre deux tiers et quatre cinquièmes des exportations du pays selon les années (170 000 tonnes en 2015). La Guinée-Bissau s’apparente ainsi à une immense plantation d’anacardiers dans laquelle travaillent 80 p. 100 de la population. Les revenus de l’exportation de la noix de cajou (vendue non transformée) lui permettent de se procurer les denrées alimentaires de base, essentiellement du riz. Les agriculteurs se sont tournés massivement vers la culture de l’anacardier, peu exigeante en termes de travail, à partir des années 1970, aux dépens d’une production rizicole traditionnelle en net déclin. À l’image des Balante qui obtenaient de très hauts rendements rizicoles, les agriculteurs ont toujours su tirer parti d’un milieu hostile en aménageant les marais en rizières inondées.

Cependant, les cours de la noix de cajou sont très volatiles. En optant pour la monoculture, les agriculteurs accentuent la dépendance du pays à l’égard des marchés, renforçant l’ins [...]

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Archipel des Bijagós, Guinée-Bissau

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  • : maître de conférences d'histoire de l'Afrique, habilité à diriger des recherches, université d'Aix-Marseille

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Pour citer l’article

Francis SIMONIS, « GUINÉE-BISSAU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/guinee-bissau/