CABRAL AMILCAR (1924-1973)

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Originaire des îles du Cap-Vert, Amilcar Cabral, métis d'origine, réussit à faire des études agronomiques supérieures brillantes à Lisbonne où il rencontre Agostinho Neto et Mario de Andrade, futurs dirigeants du mouvement de libération angolais. Devenu un des très rares cadres guinéens, il crée le Centre d'études africaines ; nommé directeur du Centre expérimental agricole de Bissau, il sillonne le pays pendant deux ans, étudiant attentivement la structure de la société villageoise et jetant les bases d'une analyse de la formation socio-économique guinéenne. Engagé sur une plantation sucrière en Angola, il participe en 1956 à la fondation du Mouvement populaire de libération de l'Angola. La même année, au cours d'un bref séjour à Bissau, il crée avec cinq compagnons le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (P.A.I.G.C.) dont il devient le secrétaire général. Après le massacre par l'armée portugaise des dockers de Pidjiguiti qui s'étaient mis en grève (août 1959), Cabral abandonne tout espoir quant aux possibilités d'évolution de la politique portugaise. Il revient à Bissau et prépare dans la clandestinité le passage à la lutte armée. Sous son impulsion, le P.A.I.G.C. définit ses objectifs : la conquête de l'indépendance nationale sans condition de la Guinée et du Cap-Vert ; la recherche de l'unité culturelle, économique, politique et sociale de tous les groupes ethniques ; l'instauration d'un régime fondé sur le socialisme démocratique admettant une certaine propriété privée. La guérilla est déclenchée en 1963. Bien que proche, sur le plan idéologique, du courant castriste, Cabral met l'accent sur l'implantation du parti au sein des masses agricoles et sur son action révolutionnaire, fondée sur l'éveil culturel, grâce à la création d'écoles en pleine brousse. Son action aboutit à l'organisation, en octobre 1972, d'élections sur les territoires contrôlés par le P.A.I.G.C. d'où est issue une Assemblée nationale, ce qui amènera la reconnaissance de la Guinée-Bissau, État indépendant, par l'O.N.U. à la fin de 1973. Chargé plus particulièrement de faire connaître à l'extérieur les objectifs du parti, il assiste à toutes les conférences interafricaines et afro-asiatiques. Soucieux de rallier à la cause guinéenne le plus grand nombre de sympathies, il est reçu à la fois par le pape Paul VI et par les dirigeants soviétiques ; il bénéficie de l'appui résolu de Fidel Castro et de Sékou Touré, tout en réussissant à ménager Senghor.

Son assassinat en janvier 1973 à Conakry est attribué par Sékou Touré à Innocente Camil, commandant de la marine du P.A.I.G.C., qui a établi son P.C. dans cette ville proche de la frontière, entre les deux Guinée. Le mystère en reste entier, car cet assassinat peut aussi bien être mis à l'actif d'éléments de la police portugaise ou encore être la suite des dissensions internes entre Cabral et les militants guinéens. On doit à Cabral d'importantes études politiques : Structure sociale, 1964 ; Pratique révolutionnaire. L'arme de la théorie, 1966 ; Culture et libération nationale, 1970.

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  • : chef du Centre d'études et de documentation sur l'U.R.S.S., la Chine et l'Europe de l'Est

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  • Écrit par 
  • Francis SIMONIS
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Dans le chapitre « La lutte pour l’indépendance »  : […] Le mouvement nationaliste naît au lendemain de la Seconde Guerre mondiale autour d’un petit groupe d’étudiants marxistes, pour la plupart des fils de petits fonctionnaires cap-verdiens « assimilés » constituant l’élite locale de la colonie. Parmi eux se distingue Amilcar Cabral (1924-1973), un ancien élève de l’Institut supérieur d’agronomie de Lisbonne, qui, avec quelques compagnons, fonde en se […] Lire la suite

Pour citer l’article

Françoise BARRY, « CABRAL AMILCAR - (1924-1973) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/amilcar-cabral/