DIVISION DU TRAVAIL SOCIAL

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La division du travail est l'un des concepts les plus anciens des sciences du social. Il concerne toute organisation stable ayant pour effet de coordonner des individus ou des groupes se livrant à des activités différentes, mais intégrées les unes par rapport aux autres. Selon l'économie politique classique, la division du travail productif augmente considérablement, pour une société donnée, sa capacité de créer des richesses, pourvu qu'elle ne soit pas bridée par des réglementations politiques ou administratives. Le marché libre, en effet, encouragerait les producteurs à se spécialiser selon les avantages compétitifs dont ils disposent, ce qui les ferait bénéficier d'une dextérité accrue, d'une utilisation plus efficace des matériaux et du temps, et de la mécanisation. Une telle vision cependant ne tient pas compte de critères qualitatifs dans le choix des activités comme des dispositions psychologiques des travailleurs ou des pesanteurs culturelles. La nécessité de gérer des conflits de travail freine aussi la tendance à la surspécialisation des tâches de nature économique.

La coordination de ces tâches au sein d'un même espace social pose elle-même problème. La simple mise en jeu des mécanismes du marché ne peut suffire à l'assurer, dans la mesure où ceux-ci ont tendance à accentuer la division. Les pères fondateurs de la sociologie classique ont généralement admis que la division du travail est tributaire de rapports de pouvoir, des représentations idéologiques et de règles morales. Pour Karl Marx, entre autres, les formes qu'affecte la division du travail selon divers contextes reflètent les luttes autour de la distribution des surplus, entre les propriétaires des moyens de production et ceux qui ne le sont pas.

C'est cependant Émile Durkheim qui devait accorder le plus d'attention au phénomène de la division du travail lui-même, dont il fit l'o [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  DIVISION DU TRAVAIL SOCIAL  » est également traité dans :

COMMUNAUTÉ

  • Écrit par 
  • Stéphanie MOREL
  •  • 1 424 mots

Dans le chapitre « Typologie »  : […] L'historien allemand Ferdinand Tönnies a, le premier, proposé une analyse des formes d'appartenance aux groupes et de leurs fondements dans son ouvrage au titre évocateur, Communauté et société (1887). Fondant sa réflexion sur la distinction entre société traditionnelle et société moderne, il oppose la Gemeinschaft à la Gesellschaft. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/communaute/#i_42870

DÉMOCRATIE

  • Écrit par 
  • Daniel GAXIE
  •  • 10 277 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La représentation et la professionnalisation politiques »  : […] En théorie, n'importe quel citoyen peut se présenter aux élections et devenir député, maire ou président de Région. En pratique, ces positions sont occupées par des hommes politiques. Cette expression courante suggère la spécialisation (et, à l'origine, la masculinisation) de la fonction. L'activité que nous désignons comme « politique » était, dans le passé, indistincte des autres activités socia […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/democratie/#i_42870

GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE) - Le rôle des colonies

  • Écrit par 
  • Laurent DORNEL
  •  • 5 234 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Français et « coloniaux » : des relations ambivalentes marquées par le paradigme de la race »  : […] L’emploi des soldats et des travailleurs coloniaux s’inscrit dans un contexte racialiste, répandu à l’époque, qui attribue à certaines « races » des qualités guerrières ou professionnelles particulières. Français et Britanniques recrutent ainsi leurs troupes avant tout parmi les « races guerrières » ( martial races ). Les premiers utilisent fréquemment les Noirs africains com […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-mondiale-premiere-le-role-des-colonies/#i_42870

MARCHÉ (sociologie)

  • Écrit par 
  • Valérie ASENSI, 
  • Gilles LAFERTÉ
  •  • 1 320 mots

Le «  grand partage disciplinaire » a longtemps réservé l’étude du marché à la science économique, ne démentant pas l’adage « les affaires sont les affaires » : sur le marché, l’esprit de calcul et, en particulier, de calcul économique primerait sur tout autre lien social. La notion de marché s’est donc construite à partir d’hypothèses propres à la pensée modélisatrice de la science économique : a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marche-sociologie/#i_42870

RÈGLE, sociologie

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 984 mots
  •  • 1 média

Une règle est un principe qui gouverne l’action. Qu’elle soit gravée ou non dans le marbre de la loi, elle oriente les conduites par le commandement qu’elle édicte et par les sanctions qu’un manquement à son égard peut entraîner. Une telle définition fait directement écho à celle du fait social qu’Émile Durkheim considère comme manière de faire, de penser et de sentir, fixée ou non, susceptible d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/regle-sociologie/#i_42870

SOCIOLOGIE - Histoire

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 6 414 mots

Dans le chapitre « Durkheim et l'école française de sociologie »  : […] En France, ils sont plusieurs à se faire concurrence au sein d'un espace scientifique en construction. Outre Le Play déjà cité, il faut d'abord compter avec René Worms, qui se signale moins par l'originalité de ses écrits que par son action en faveur de la reconnaissance de la discipline. Il crée ainsi la Revue internationale de sociologie et fonde un Institut international […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-histoire/#i_42870

Pour citer l’article

Claude JAVEAU, « DIVISION DU TRAVAIL SOCIAL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/division-du-travail-social/