NOYON CATHÉDRALE DE

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La cathédrale Notre-Dame de Noyon (Oise) de 102 mètres de longueur, de 48,6 mètres de largeur au niveau du transept et de 21,70 mètres de hauteur se compose, en plan, d’un chevet à cinq chapelles rayonnantes desservies par un déambulatoire ouvert sur un chœur de 20 mètres de largeur. Ce dernier est précédé par un transept à extrémités hémicirculaires et par une nef à trois vaisseaux scandés par une alternance de supports forts et faibles sous une voûte d’ogives quadripartite. Un transept de façade non saillant, percé de trois portails couverts d’un porche, constitue le massif occidental.

La construction débute par le chevet, à l’initiative de l’évêque Simon de Vermandois, vers 1145-1150. Après l’achèvement de celui-ci vers 1170, le transept est édifié (1170-1185), puis la nef est terminée vers 1230. Des chantiers annexes sont engagés simultanément pour la construction de la chapelle épiscopale et du cloître des chanoines au cours des xiie et xiiie siècles. Des chapelles sont ensuite implantées, du xive au xviie siècle, entre les contreforts méridionaux et septentrionaux de la nef, entraînant l’éventrement des fenestrages primitifs.

Cette cathédrale se caractérise par un mariage subtil entre tradition et modernité. Les transepts orientaux et occidentaux reproduisent des plans et des espaces hérités de la période carolingienne tandis que le tracé du chevet appartient au premier gothique, comme l’indiquent plusieurs similitudes avec les plans de la basilique Saint-Denis et de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. En élévation, le choix prédominant du plein cintre (pour les grandes arcades et les chapelles du chevet, pour le triforium et les fenêtres hautes du transept et de la nef), l’absence initiale d’arc-boutant et la présence d’un porche à l’occident témoignent d’une volonté de rattacher le monument à une écriture et à des masses appartenant à la période pré-romane. Ces références à des modèles plus anciens sont pondérées par un travail novateur sur la lumière avec, notamment, le recours à un appareil beige à joints blancs favorisant une vive luminosité avec la superposition de deux niveaux de baies dans le transept, et, enfin, avec l’évidement des parois à la faveur de passages ménagés dans l’épaisseur des murs.

Cinq portails desservent le monument : portails Sainte-Godeberthe et Saint-Pierre à l’orient (transept), portails du couronnement de la Vierge, du Jugement dernier et des saints Éloi et Médard à l’occident (façade). Détruits à la Révolution, il ne subsiste plus de cette production que des vestiges – retrouvés en fouille durant les années 1920 – qui permettent un rapprochement avec le portail de la cathédrale de Senlis (pour le xiie siècle) et ceux des cathédrales d’Amiens et de Reims (pour le xiiie siècle).

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  • Écrit par 
  • Alain ERLANDE-BRANDENBURG
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Dans le chapitre « L'architecture »  : […] L'architecte de Saint-Denis avait formulé d'emblée la nouvelle conception architecturale qui s'oppose à celle de l'époque romane. Celle-ci juxtapose les masses, additionne les volumes. L'architecte gothique cherche à unir les premières, à fondre les seconds. L' arc-boutant y joue un rôle tout aussi important que l'ogive. Il lie les masses entre elles et crée une dynamique verticale ; il permet de […] Lire la suite

Pour citer l’article

Arnaud TIMBERT, « NOYON CATHÉDRALE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cathedrale-de-noyon/